Archives de catégorie : Vie du jardin

été 2021 au Jardin d'épices

Eté 2021 : l’exubérance

Jardin d'épices, été 2021

Cannas, hostas, miscanthus

L’été 2021 est clairement sous le signe de l’exubérance. Cette tendance va sûrement se confirmer avec l’arrivée du soleil et de la chaleur pour la fin juillet. En effet, nous sommes le 15 juillet, et il pleut très abondamment. Depuis 2017, il n’avait pas tant plu sur le jardin. Les températures ne sont certes pas de saison, mais elles restent douces. Résultat, la végétation est exubérante ! 

Des plantes qui s’éclatent !

Il y a des plantes qui aiment la pluie et ça se voit ! Les tétrapanax, les hédychiums, les cannas, les dahlias, les phormiums, les bananiers… tous poussent incroyablement. Le gel de l’hiver 2020/2021 a détruit les bananiers et les phormiums jusqu’au sol. C’est désormais un lointain souvenir tant ils poussent et rattrapent leur retard. A ce rythme, en fin d’été, ils auront retrouvé la taille qu’ils avaient en fin d’été dernier, après 3 années d’hivers doux sans gel. Donc, finalement, le gel n’a pas été un problème pour eux. C’est tout l’intérêt de planter des végétaux solides et rustiques : ils se remettent vite et bien. Le bananier “Red Dragon”, a gelé jusqu’au sol mais lui aussi s’en est très bien remis. Il a redémarré plus vite que les bananiers du Japon, et il pousse très vigoureusement. 

Jardin d'épices, été 2021

Tétrapanax, macléaya, dahlia géant (D. imperialis)

Les pertes dues à l’hiver dernier (2020/2021) se révèlent finalement assez faibles. Le poivrier du Mexique (Piper auritum) n’a pas redémarré ni le manioc (Manihot grahamii), probablement pas manque de drainage du sol lors de l’épisode de froid. Malgré tout, je vais retenter ces 2 plantes. Merci à Bertrand du jardin “les Plantes voyageuses“, de m’avoir donné des plants de manioc. En revanche, les Alpinias sont bien repartis. Il s’agit du galanga (Alpinia galanga ) et de l’atoumo (Alpinia zerumbet variegata). Encore petits, leur croissance va s’accélérer dès le retour de la chaleur. Le brugmansia, le plumbago du Cap, le Solanum rantonetti, le Dahlia imperialis, les érythrines, l’amicia, tout ça a bien passé l’hiver et pousse vigoureusement. Les roscoés comme les hédychiums sont prometteurs en termes de floraison. Bref, tout ceci promet une suite d’été sous le signe de l’exotisme, et c’est plutôt sympa quand on ne part pas en vacances au bout du monde.

Au potager quelques légumes sont à la peine…

Si toute cette pluie est une bonne chose pour les massifs, elle est plus embêtante pour le potager. Si tout pousse bien, le risque de mildiou pour les tomates est bien réel, et on sait que les années pluvieuses sont généralement des années sans tomate. Les traitements naturels à base de prêle ou de bardane ont leur limite. Ils sont inefficaces quand la pluie perdure et que les températures, nocturnes notamment, restent trop basses. Autre problème quand il pleut : les pollinisateurs ne sortent pas. Résultat, les courges et courgettes qui fleurissent pourtant abondamment ne sont pas pollinisées. Alors, les fleurs avortent en masse et les jeunes fruits ne se développent pas. En ce printemps et début d’été, encore aucune courgette ni aucun concombre.

A part ça, le maïs est magnifique, les choux et les patates douces poussent fort, comme les chayottes. Les bananiers fruitiers à l’essai commencent à donner une belle ambiance au potager. Pourtant, je ne donnais pas cher de leur vie au début de la saison. Il s’agit des variétés Helen’s hybrid, Himalayan fruit, et Dajiao. On verra comment tout ça va évoluer au cours de l’été.

goyavier du Brésil, Le Jardin d'épices

Feijoa en fleurs (goyavier du Brésil)

Et au verger ?

Cette année, il va y avoir beaucoup de prunes, de figues, de raisin. Un peu de pêches aussi. Nous avons mangé les premières mûres issues des mûriers vrais (Les Morus). Les goyaviers du Brésil sont couverts de fleurs et les jujubiers vont fleurir pour la première fois. Moins de pommes et de poires, mais il y en a eu tant l’année passée, c’est souvent une année sur deux pour ces fruitiers. On se régale aussi de fraises, de groseilles, de casseilles…

Pour l’instant donc, à part quelques légers désagréments, le jardin se portent très bien et ne souffre pas de l’abondance de pluie, bien au contraire.

Les récoltes sont là, différentes selon les années mais bien là. La maison est perdue dans un océan de verdure, le Jardin d’épices reste un bonheur, année après année…

 

Saison 2018 : une saison contrastée

La saison 2018 fut particulièrement difficile pour le jardin. En ce 19 novembre, l’hiver arrive et il est temps, en vue de la saison prochaine de dresser un premier bilan qui, s’il n’est pas si négatif que ça reste contrasté.

SÉCHERESSE ET CANICULE…

L’été 2018 a été le pire été depuis que le jardin existe, depuis 2005. J’avais déjà écrit un article sur la sécheresse après l’été 2015, un autre encore en juin 2017. En 2018, rebelote ! Mais cette fois, ce fut bien pire qu’en 2015 ou en 2017. En effet, il n’est quasiment pas tombé une goutte d’eau sur le jardin depuis la mi-juin… Il a certes plu début novembre, mais en quantité encore très insuffisante. Il a été particulièrement difficile de planter les amandiers la semaine dernière, tant la terre était dure et sèche au dessous de 10 cm. Pour l’instant, pas de pluie significative annoncée, espérons que l’hiver sera généreux !

Asters desséchés…

Depuis 3 ans, un certain nombre de plantes n’arrivent plus à passer l’été sans finir grillées ou être maintenues grâce à de copieux arrosages. C’est le cas des anémones du Japon, de certains rudbéckias, des asters, qui n’ont quasiment pas fleuri cette année. Étonnamment,  certains hostas à gros feuillages ont tenu sans problème, même au soleil. Hosta “Sum & Substance”, Hosta plantaginea “Grandiflora”, Hosta “Empress Wu”, tous, ce sont très bien comportés. Pour les anémones du Japon, j’en ai arrachées des massifs entiers. Mais je les ai laissées uniquement là où elles ne maintiennent sans souffrir, à l’ombre. Les rudbéckias, eux, disparaissent tout seuls, lentement… Année après année, les massifs d’azalées et de rhododendrons s’étiolent. Je ne retiens pas l’arrosage systématique comme une solution car si nos étés sont de plus en plus chauds et secs, ils finiront par disparaître. Je me suis fait une raison : l’adaptation au changement climatique passe par l’abandon de certaines cultures.

L’adaptation au changement

Il ne sert à rien de s’acharner à vouloir maintenir en vie des plantes qui n’ont désormais aucune chance de se maintenir sur le long terme. Je revois donc en totalité l’organisation du jardin pour redéfinir les massifs en fonction des changements annoncés et déjà perceptibles. Je commence à réfléchir aux plantes qui vont remplacer les azalées et les rhododendrons. J’abandonne la culture des myrtilliers, des airelles, de certains cornouillers car même en les déplaçant, rien à faire, ils demandent trop d’eau… Idem pour les érables du Japon, tous perdus. Les groseilliers et les framboisiers ont déjà été déplacés, il y a 2 ans, et mis en situation mi-ombragée (eux aussi ne tenaient plus au soleil). Là, ils poussent mieux et fructifient bien.

De nouveaux fruitiers au verger

Les pêchers, les figuiers et les abricotiers, eux, ont adoré l’été, avec de belles récoltes tout en restant bien vaillants. Je développe donc ces espèces pour allonger les périodes de récoltes. Aux figuiers “Madeleine des 2 saisons” et “Blanche d’Argenteuil”, sont venus s’ajouter “Sultane”, et “Brown Turkey”. J’ai installé 2 amandiers “Supernova”. Les plantes très nettement méditerranéennes commencent à coloniser le jardin. J’ai commencé à recevoir les grenadiers rustiques (“Fina Tendral”, “Wonderful”). Pour le printemps, je prévois d’installer les grenadiers “Kazake” et “Salavatsky” (question de budget, je ne peux pas tout acheter d’un coup !). Asiminiers et pacaniers (noix de pécan) sont en commande. J’hésite encore un peu pour les pistachiers, mais ça me tente bien…

Les mandariniers satsuma et le yuzu, qui ont déjà passé un hiver en pleine terre, continue à s’installer tranquillement. Ils ne sont sûrement pas encore assez enracinés, car il n’y a pas eu de fruits cette année, mais ils ont bien poussé. A noter : ils sont bien abrités des vents du nord et de l’est en hiver.

Les vivaces qui ont bien résisté

Même en automne, les gauras sont beaux et encore en fleurs…

Au niveau des vivaces, rien à dire pour les gauras, qui sont des valeurs sûres. Même avec la canicule et une forte sécheresse, ils ont fleuri jusqu’à fin octobre, comme les fuchsia du Cap d’ailleurs. Au printemps prochain, je vais donc installer plus de gauras blancs, ainsi que des rouges et des roses. Les gaillardes se comportent aussi très bien, comme les agapanthes rustiques. Dans les grands massifs de vivaces, là ou les asters ont en grande partie grillé, une plante en test s’est remarquablement bien tenue, c’est Heterotheca villosa, une sorte d’aster mais jaune. Les phormiums, les kniphofias, n’ont pas bronché. sous le soleil accablant. Là aussi, de nouvelles variétés vont progressivement venir compléter celles qui sont déjà en place.

Malgré tout, de belles récoltes

Bien productif malgré tout…

Si la sécheresse a fait de gros dégâts sur le jardin ornemental, les récoltes sur le potager et sur le verger ont été excellentes. Sur le potager, c’est là que j’ai maintenu le plus d’arrosages possible, pour maintenir la production alimentaire. Sur le verger, les pluies très abondantes du printemps expliquent sûrement que les arbres ont pu chercher l’eau en profondeur et maintenir ainsi un bon niveau de fructification.

Ainsi va la vie du jardin, des plantes qui y ont prospéré pendant des années disparaissent, car le temps change. Plutôt que de vouloir les maintenir à tout prix, je préfère les remplacer par des plantes plus résistantes, mieux adaptées. En effet, le jour où un été chaud et sec se cumulera avec une interdiction d’arrosage, elles mourront de toute façon… et l’avenir semble être aux étés chauds et secs…

2018 arrive à son terme, dure pour l’ornemental, correcte pour le potager, excellente pour le verger. Les années passent et ne se ressemblent pas certes, mais cela ne doit pas nous faire oublier que l’observation et l’adaptation sont les meilleurs outils pour assurer la pérennité d’un jardin.

2018 : un printemps exubérant

Les printemps passent, et ne se ressemblent pas. Par rapport aux autres années, le printemps 2018 est particulièrement exubérant. L’hiver ayant été très pluvieux, le sol est encore bien humide en profondeur. Et même si l’hiver a joué les prolongations jusqu’à mi-mai, depuis, c’est la chaleur qui domine. La chaleur, et les orages.

Ici pour l’instant, pas de gros dégâts (on croise les doigts), mais des pluies diluviennes. Pluies et chaleur, rien de mieux pour un jardin exubérant ! Et ça pousse, de partout. Il faut tailler, désherber, tondre… Cette année, on n’en voit pas le bout ! Mais ce printemps a été un des plus fleuri depuis des années. Un océan d’ancolies, de juliennes, de pivoines, d’iris, de roses. En ce moment, les hémérocalles commencent à fleurir, avec les roses qui continuent.

Sur le jardin exotique, ce sont les feuillages qui prennent le relais des floraisons : gunnéra, cannas, bananiers, hédychiums, cautleyas, colocasias. On attend maintenant l’explosion des floraisons estivales, qui va bientôt commencer.

surprises printanières : tubéreuses et héliconias

Tubéreuse, a passé l’hiver en pleine terre

L’an passé, j’avais planté des tubéreuses, en pleine terre. L’idée était de les arracher à l’automne pour les conserver hors gel. Cependant, pour des raisons de santé, je n’ai pas été très disponible pour mon jardin de la fin de l’été à l’hiver… Et j’ai complètement oublié d’arracher les précieux tubercules. La tubéreuse n’est pas rustique, ou pas considérée comme telle. Tant pis pour moi me suis-je dit, je suis bon pour en replanter cette année. Surprise ! Les 3 pieds mis en terre ressurgissent. Non seulement ils ressurgissent, mais en plus de manière vigoureuse. Il faut dire aussi que j’avais soigneusement choisi l’endroit : chaud et ensoleillé, protégé des vents du nord par une haie dense.

L’autre surprise est venue de l’Heliconia schiedeana. Bien que réputé assez rustique, j’avais aussi prévu de rentrer cette belle tropicale pour l’hiver. Là aussi, je n’ai pas pu. Mais la plante a bénéficié du paillage que j’étends sur tous mes massifs en fin d’automne. Je l’ai fait in extrémis, mais ça a suffi. Et la température est descendue à -10°C au thermomètre (-18° en ressenti). Et bien lui aussi, il redémarre.

Je vais suivre ces deux-là attentivement les prochaines années…

Bananiers, hédychiums, cannas…

Canna altensteinii, au 8 juin 2018

Tous les bananiers, les hédychiums et les cannas explosent. Au 8 juin, les hédychiums “Assam Orange” mesurent déjà près de 1m 50 de haut, ce qui est inédit pour la saison. Idem pour le Canna altensteinii, incroyable de vigueur (le plus vigoureux de tous les cannas du jardin, et un des plus rustiques). Une déception quand même, j’ai perdu l’Hedychium ellepticum. Planté trop près du bassin, comme celui-ci a débordé cet hiver, l’hédychium a pourri… Je vais le retenter ailleurs.

A l’essai : les bananiers fruitiers

Cela faisait longtemps que cela me trottait dans la tête, alors je me suis décidé. Cette année, je teste 3 bananiers fruitiers : Musa “Helen’s hybrid”, “Himalayan Mountain” et “Dajiao”. On va voir ce que ces trois-là donnent au niveau de la rusticité, et pourquoi pas, de la fructification… Je n’ose y croire mais j’essaie quand même.

Potager, verger

Là aussi, contrairement à l’année dernière, les choses se présentent bien. Il y a des fruits. On se régale d’amélanches, de fraises. Au potager, patates douces, cacahuètes et kangkong cotoient les carottes, panais, tomates, poivrons, blettes, fèves, haricots, etc. Pour l’instant, la météo permet une pousse qui est là aussi, assez exubérante.

Pour conclure, le jardin est beau, fleuri, productif. Alors on croise les doigts et on espère que ça va continuer. Suite au prochain épisode…

 

Protéger le jardin de la canicule

Jeune fatsia, qui souffre…

La canicule frappe, une fois de plus.  Le Jardin d’épices souffre, mais pas autant que d’autres jardins… cela pourrait être bien pire. Alors, comment bien protéger son jardin de la canicule ? Car il ne se passe désormais plus une année sans un épisode de fortes chaleurs. Et cette année, ça commence fort, dès le mois de juin… l’été s’annonce donc difficile, mais en cette période de changement climatique, rien ne dit qu’en août nous ne serons pas noyé sous les eaux ! Quoi qu’il en soit, il va falloir s’adapter à ces périodes, qui promettent d’être de plus en plus fréquentes.

Penser l’organisation du jardin

Au Jardin d’épices,  conçu selon les principes de la permaculture, nous avons laissé pousser de grands arbres côté sud. Il s’agit d’un tilleul (déjà là quand nous sommes arrivés) et d’un acacia. Aujourd’hui, ils sont grands et majestueux et là, il n’ y a pas photos, les massifs dans leur ombrage ne souffrent pas de la chaleur, ni de la sécheresse. La terre y reste fraîche, il n’y aucun besoin d’arrosage. C’est surtout vrai sous l’acacia et dans son ombrage. Sous le tilleul, il faut installer des plantes qui supportent la sécheresse et la concurrence des racines. Mais dans son ombre portée, les massifs résistent bien. A travers tout le jardin, des haies plus ou moins hautes, ombrent les massifs. Dans les plus exposés au soleil brûlant, j’ai mis les plantes exotiques de plein soleil, les cannes de Provence (Arundo), le grenadier, les jasmins, les phormiums, les bananiers, les eucalyptus, les albizias… et dans les zones intermédiaires, entre plein soleil et ombre, les plantes qui ont besoin de quelques heures d’ensoleillement par jour, mais pas trop sinon elles brûlent. C’est là que s’épanouissent les gingembres à fleur (hédychiums), les gingembres, les curcumas, les gardénias…

Une climatisation naturelle

Paillage sur plantes en pots

Est-ce que cela signifie que je n’ai plus à arroser ? Non, car il faut arroser les plantes nouvellement installées, c’est vital pour elles, le temps qu’elles fassent leur système racinaire. Et puis, le jardin est encore jeune, certaines haies ne sont pas encore assez hautes pour jouer leur rôle. Certes, les arbres et les grands arbustes permettent d’ombrer, mais il réduisent aussi la température en transpirant. L’évapo-transpiration des arbres rafraîchit l’atmosphère, c’est pour ça qu’il fait bien frais dans les zones les plus ombragées, même en période de canicule. S’il continu à faire aussi chaud, ce ne sera pas un problème… s’il pleut ! Car au bout d’un moment, il n’y aura plus assez de réserves d’eau dans le sol. Ici il n’a pas plu significativement depuis des semaines. Il faut donc éviter au maximum l’évaporation de l’eau par le sol.

L’arrosage, juste quand il faut

Quand il n’y a pas assez d’eau dans le sol, les plantes font triste mine. Avant d’arroser, il faut attendre le début de soirée. Si la plante retrouve son état normal, tout va bien. Elle s’est juste ratatinée en journée pour offrir moins de surface foliaire au soleil et donc moins transpirer.

Chaise retournée qui protège un jeune gardénia

Si elle ne récupère pas, et si la terre est très sèche, alors il faut arroser. Il vaut mieux arroser un bon coup tous les 4 à 5 jours, si besoin. Pas d’arrosage s’ il n’y a pas de signes de soif. Mais cela ne marche que si le sol est abondamment paillé. Alors seulement, il va garder l’humidité et le bénéfice de l’arrosage pendant plusieurs jours, même en pleine canicule.

Pour les plantes en pot, c’est mieux d’arroser le matin. Quand les nuits sont chaudes, l’eau s’évapore pendant la nuit et dès le matin, la plante est à sec pour résister à une nouvelle journée de chaleur. On peut aussi pailler les plantes en pot pour garder le maximum d’humidité.

Pour les plantes les plus fragiles, je n’hésite pas à retourner une chaise pour leur apporter un ombrage protecteur.

Pour le potager

Les mêmes règles s’appliquent mais il faut vérifier plus régulièrement l’état du sol et il peut être nécessaire, malgré les paillages d’arroser plus souvent. Les potagers sont souvent plus exposés. On peut ombrer certaines zones en utilisant du maïs et les rames des haricots grimpants, de l’igname. Seul problème, en juin ces plantes ne sont pas assez hautes, elles ombreront les plantes à leurs pieds… en août !

S’il y a un enseignement à tirer de ces épisodes caniculaires réguliers, c’est qu’il va falloir mieux utiliser les arbres, les plantes hautes. Nous allons devoir protéger nos jardins. C’est ça aussi la permaculture, créer des écosystèmes en en utilisant toutes les composantes : les arbres, le sol, la diversité des végétaux, etc. Et comme créer un écosystème c’est long, ne perdons pas de temps ! On s’y met, on plante des arbres et on crée des jardins résilients dessous !

Un printemps compliqué, déjà un mauvais souvenir

Lagerstromia grillé par le gel d’avril

Le printemps était arrivé plein de promesses après un hiver un peu plus froid que d’habitude. Il a fait bien doux début avril, les arbres fruitiers étaient magnifiques, couverts de fleurs. Les exotiques pointaient le bout du nez de partout… et puis patatra, les gelées sont arrivées. Ici, elles ont été très fortes, -6°C pour la nuit la plus froide. Autant dire que j’ai très rarement vu des gelées aussi fortes pour une mi-avril. Les conséquences sont lourdes…

Une année sans fruits

Le début du printemps était plein de promesses, et laissait entrevoir une saison riche en récoltes de fruits. Les premières prunes étaient formées, les figues-fleurs aussi ; les pommiers, poiriers, pruniers, pêchers, noyers, étaient couverts de fleurs. Les gelées ont tout brûlé, il n’y aura quasiment pas de fruits cette année, pas la moindre prune, pas une noix, pas une pomme, pas une pêche.

Des arbres qui ont du mal à reprendre

Le gel a frappé alors que la douceur printanière récente avait gonflé les bourgeons et les tiges de sève. Les jeunes figuiers (1 m de haut) ont gelé jusqu’au sol. Deux lagerstromias (lilas des Indes) de 2 m de haut, ne redémarrent pas, ils ont probablement été tués ; peut-être repartiront-ils du pied. Pour les grands lagerstromias et le grand figuier, les tiges ont gelé sur près de 30 cm ! Je n’avais jamais vu ça ! Un jeune plaqueminier (arbre à kaki) de 1,50 m a été rabattu de moitié. Beaucoup de ces arbres auraient pu reprendre plus vite et mieux s’il n’y avait une bonne sécheresse de surface en toile de fond. Car ici, l’hiver et le printemps ont été secs, trop secs. Sans eau dans le sol, les plantes ont eu du mal à remonter en sève.

Le palmier “Jubea chilensis”, installé depuis 2 ans et magnifique au sortir de l’hiver était en train de sortir une magnifique fronde… trop tendre, elle a conduit le gel jusqu’au cœur de la plante, qui en est morte. Plusieurs variétés de canna (Wyoming, Australia, musafolia rubrum) qui pointaient le bout du nez ne redémarrent pas, les souches pourrissent.

Les valeurs sûres se confirment

Il est toujours triste de perdre des plantes, mais c’est le jeu de l’acclimatation. Et à ce jeu, il y aussi et heureusement de très bonnes nouvelles. Ainsi, on peut noter l’excellent comportement de tous les hédychiums, qui apparaissent vraiment bien rustiques. C’est aussi le cas du bégonia rustique (B. evansiana), qui a grillé mais redémarre vigoureusement, des cautleyas, du gunnéra, des arundos ; les cannas edulis, “Stuttgart”, “Eden”, “Ibis”, “Durban”, du tétrapanax, du colocasia “Pink China”, tous ont redémarré sans problème. Les jasmins n’ont pas bronché et commencent déjà à fleurir. Les verveines citronnelles redémarrent vigoureusement, comme les passiflores… Vous pourrez bientôt prendre connaissance du point complet que je suis en train de réaliser pour la prochaine newsletter.

Le jardin se remet du printemps, en route pour l’été !

Un mauvais souvenir

En ce début juin 2017, le printemps froid est un mauvais souvenir. Le jardin redevient exubérant, et plein de fleurs. Si certaines plantes ont quitté le Jardin d’épices, faute d’une rusticité suffisante, elles nous ont égayé pendant des années, et ce fut un bonheur de s’occuper d’elles. Mais c’est ainsi, au fil des coups climatiques, le jardin se redessine, avec des valeurs sûres, toujours mieux installées, et de nouvelles venues, toujours plus nombreuses à découvrir et à tester.

Un hiver bien froid !

Voilà un hiver bien froid, comme on n’en a pas eu depuis plusieurs années. Le dernier hiver un peu méchant remonte à 2012. Question froid, on est à peu près dans le même registre au niveau des températures à un détail près. En 2012, il y avait de la neige au moment où il faisait le plus froid. La neige joue le rôle d’un isolant. Il peut faire très froid, mais quand le sol est recouvert d’une bonne couche de neige, cela protège le sol et renforce l’effet des paillages.

Cette année, on a du grand froid mais pas de neige. La température la plus basse a été de -11°C sous abri. Avec la bise qui a soufflé quelquefois, on a atteint les -15°C  à -16°C en température ressentie. Une partie du jardin, à l’ombre d’un grand bâtiment en cette saison où le soleil est bas, n’a pas connu de dégel depuis plus d’une semaine.

L’heure de vérité

Pour de nombreuses plantes du jardin, le printemps prochain sonnera l’heure de vérité. Pour certaines, comme les phormiums par exemple, on sait que le danger commence vers -10°C. Ils sont aujourd’hui bien emmaillotés dans les voilages d’hivernage. L’expérience m’a montré que même si toute le partie aérienne gèle, ils sont capables de repartir de souche, même après des froids beaucoup plus intenses. Je n’ai pas d’inquiétude pour eux. En revanche, de nombreux hédychiums et cannas sont vendus en affichant des limites de rusticité alléchantes. Même s’ils sont aujourd’hui bien paillés, on verra si ces niveaux de résistance se confirment. Au printemps prochain, nous ferons le point et nous verrons ce qu’il en est des hédychiums, des cannas, des cordylines, des tétrapanax, des colocasias…

La limite de froid a été atteinte pour le gardenia “Kleim’s hardy” et le yuzu (-12 à -15°C), mais pas pour le gardenia “Summer snow”(-18°C). On verra si les lauriers roses et les callistémons rustiques sont vraiment rustiques…

Quelques pertes à prévoir

Cependant, même si tout le jardin est recouvert d’une épaisse couche de compost ou sous des voilages, je m’attends à un peu de casse. Tous les ans, j’installe de nouvelles plantes et il y a fort à parier que ces petites nouvelles de l’été dernier ne passeront pas l’hiver, faute d’un enracinement suffisant. Je crains notamment pour les jeunes bananiers sikkimensis “Bengal Tiger”, “Red dragon”. Mais allez savoir, j’aurai peut-être de belles surprises ?

Mais c’est ça aussi l’objectif du jardin, sélectionner les plantes les plus résistantes pour notre climat. Alors, rendez-vous au printemps 2017 pour le bilan de l’hiver !

Un été de sécheresse

coup de soleil sur gunnéra

Coup de soleil sur gunnéra

2015, un été de sécheresse bien difficile pour le jardin ! Tout avait pourtant bien commencé, puis sont venues, chaleurs, canicules à répétition et surtout, l’absence de pluie. Quasiment pas d’eau depuis le mois de juin, une grosse sécheresse qui fait souffrir les plantes comme rarement elles ont souffert. Les bananiers qui se portaient bien encore mi-juillet commencent à ressentir l’absence d’eau en profondeur, les floraisons ne durent pas et les fleurs se dessèchent avant leur plein épanouissement, grillées par la chaleur et le soleil, les cannas tiennent mais ils sont bien moins beaux que d’habitude, non, vraiment, 2015 est un été vraiment difficile pour le jardin. Un autre élément perturbateur : le vent ! Il souffle souvent assez fort et accentue le dessèchement du sol et des plantes, lacère les feuilles des bananiers…

Lutter contre la sécheresse

Comment lutter contre la sécheresse ? Bien sûr, on pense aux paillages. Très épais cette année, ils permettent de limiter l’évaporation du sol, mais ils se sont vite révélés insuffisants à cause du manque de pluie : avec la chaleur, les plantes ont ponctionné l’eau disponible et il a fallu se rendre à l’évidence : arrosage obligatoire sous peine de gros dégâts. Malgré tout, de tels épisodes peuvent s’avérer utiles, car ils permettent de se rendre compte que parfois, on a planté pour que ça fasse beau, sans tenir compte des besoins réels des plantes ; quand les conditions météo se corsent, seules celles qui sont plantées au bon endroit résistent. C’est flagrant avec les hostas : j’adore ces plantes, et j’en ai mis un peu partout car jusqu’à présent, ici, ils poussaient facilement et tenaient assez bien au soleil. Et bien cette année, ceux au soleil ont complétement grillé, malgré les arrosages alors que ceux qui sont à l’ombre totale tiennent sans broncher et sans une goutte d’eau depuis des semaines ! Idem pour les roscoés : même à mi-ombre, ils ont grillé. Ceux qui sont à l’ombre complète sont semblables aux autres années, ils sont juste un peu plus petits.

Tritome, agapanthes et phormium, en plein soleil

Tritome, agapanthes et phormium, en plein soleil, août 2015

Premier enseignement pour lutter contre la sécheresse et les ardeurs du soleil : planter les plantes en fonction de leurs besoins à elles et pas de nos envies à nous. Les plantes de sous bois doivent rester en sous bois. Et les plantes qui aiment le soleil, même si elles fleurissent moins quand on a un été de sécheresse comme cette année, tiennent vaillamment et résistent plutôt bien : agapanthes, phormium, sauges, tritomes, dahlias, cannas, hibiscus, lagerstromias, lavatères en arbres, fuchsia du Cap…ce n’est pas une surprise, la plupart sont des plantes méditerranéennes. Les rudbéckias, qui se sont ressemés partout dans le jardin résistent et fleurissent seulement à certains endroits, avec très peu d’arrosage….ailleurs, ils grillent…je les laisse griller, je planterai à leur place des végétaux qui tiennent mieux. Si les climatologues ont raison, ce type d’été va se reproduire…il faut adapter le jardin en conséquence :  les rudbéckias vont disparaître tout seuls des massifs en plein soleil et de nouvelles variétés d’agapanthes, de tritomes ou de dahlias vont s’y inviter dès l’année prochaine. Pour le gunnéra, déjà installé et qui prospère bien, j’ai déjà planté derrière lui un bananier, qui le protégera des coups de soleil. Il faut aussi penser à ça : les plantes plus hautes, si elles tiennent bien au soleil, font de l’ombre derrière elles ! Pensez aux miscanthus, aux arrundos, aux bananiers, aux palmiers mais aussi aux hibiscus, aux grands rosiers….

L’arrosage

rudbeckias

Rudbéckias, c’est à mi-ombre qu’ils tiennent le mieux

Quand la terre est sèche, attention à l’arrosage : on croit avoir bien arrosé, et quand on gratte un peu, la terre n’est mouillée que sur quelques millimètres : il faut arroser au pied des plantes, sous les paillages, et il vaut mieux un bon arrosage de temps en temps qu’un arrosage trop régulier. En effet, si vous apportez régulièrement de l’eau à vos plantes, elles vont développer des racines superficielles et souffrir encore plus si vous oubliez un arrosage : il faut les obliger à développer des racines plus profondes pour qu’elles aillent chercher un peu d’eau par elles-mêmes. Arrosez moins fréquemment mais plus abondamment au pied des plantes. Et bien sûr, c’est le soir qu’il faut arroser, pas le matin.

Le paillage

Par un été de sécheresse pareil, il faut augmenter l’épaisseur du paillage. Là, sur certains massifs je ne suis pas loin des 10 centimètres ! En dessous, ça reste frais une bonne semaine. Seul problème, les merles qui viennent gratter (pire que des poules !) pour y trouver des vers (les temps sont difficiles pour eux aussi, les vers de terre sont difficiles à trouver). Ils mettent la terre à nu, et il faut sans cesse reformer le paillage.

Pour résumer

Des plantes au bon endroit, le plus proche possible de leurs conditions de vie dans la nature, de bons paillages et un arrosage judicieux, et ça devrait le faire…. mais rien ne vaudra jamais une bonne pluie !

Rusticité, températures et microclimats

haie protectrice

haie coupe vent

Pour protéger les plantes exotiques, rusticité, températures et microclimats sont tous les éléments à prendre en compte. Cet article va vous aider à bien comprendre comment mettre toutes les chances de votre côté pour cultiver des plantes à la limite de leur zone de rusticité, ou, pour les plus rustiques, leur éviter des souffrances inutiles.

Températures négatives et vent

Cet aspect peut sembler évident au premier abord : il n’y a qu’à regarder la météo le soir à 20h30 pour avoir une idée des températures à venir et mettre en place les protections adaptées. Il faut aussi prendre en compte le vent. En effet, c’est un constat  que nous faisons ici depuis plusieurs années et que font tous les jardiniers. Les plantes avec un seuil de rusticité limité, sont plus sensibles au froid quand celui-ci est accompagné de vent, notamment du vent de nord est. 

Le jardin a donc été conçu pour limiter les effets de ce vent et c’est très net : les haies protègent les plantes les plus fragiles qui arrivent à passer l’hiver sans trop de dégâts.

Hiver 2021 : côté ouest, les feuilles de ce bambou n’ont pas souffert, sauf celles issues des nouvelles tiges.

 

Vous l’avez donc compris, pour accroître la rusticité de vos plantes, il faut les protéger du vent et notamment du vent du nord et de l’est. C’est valable pour toutes les plantes dont la partie aérienne demeure en hiver (phormium, cordyline, fuchsia du Cap….), mais aussi pour celles dont la souche hiverne dans la terre (canna, hédychium…). Pour ces dernières, le gel ne doit en aucun cas atteindre les rhizomes or, un vent de nord constant fait pénétrer le froid dans le sol, de plusieurs millimètres par 24 h. D’où l’importance des paillages conséquents et des voiles d’hivernage. Mais même avec ces protections, en plein vent et surtout si le froid dure un peu, ces protections peuvent s’avérer insuffisantes :  il faut donc  réduire la vitesse du vent.

Les microclimats

Si paillages et voiles d’hivernage peuvent être insuffisants, on peut les aider à remplir pleinement leur rôle de protection en créant des microclimats.

Mur plein sud : le plus connu, mais qu’on n’a pas toujours, c’est un mur orienté plein sud. On plantera à son pied toutes les exotiques les plus fragiles, qui se révéleront à cet endroit étonnamment résistantes : le jasmin officinal par exemple, rustique à -10°C dans la littérature, mais que je n’ai jamais vu geler dans mon jardin et ni dans celui de mes parents alors que les températures ont largement dépassé cette limite. Le mur plein sud emmagasine la chaleur du soleil le jour et la restitue la nuit. Et le mur évidemment protège des vents du nord/est, les plus redoutables.

Hiver 2021 : même touffe de bambous que ci-dessus mais côté est, toutes les feuilles ont grillé.

La haie :

La haie est un élément fondamental du jardin écologique. Non seulement elle abrite une faune et une flore intéressantes (importance des auxiliaires pour la protection des culture), mai elle protège aussi du vent, en réduisant sa vitesse. C’est valable tant pour vos massifs exotiques que pour votre potager : protéger des vents froids, sa terre se réchauffera plus vite !

 

Si vous n’avez ni mur plein sud ni haie pour créer des microclimats, la situation n’est pas désespérée, car vous pouvez en créer en installant des arbustes, des massifs de graminées (qui vous ne couperez pas en hiver évidemment). De belles touffes de miscanthus de 2 m de haut, ou une haie de lilas, de troènes et de buddléias, suffisent à protéger efficacement sur plusieurs mètres.

Sans aller jusqu’à des arbustes ou des graminées aussi hautes, des plantes exotiques serties dans des écrins de plantes persistantes plus basses, se trouveront tout aussi bien protégées.

Sur la photo de la haie (une jeune haie, haute de 2 m), l’effet coupe vent est spectaculaire : 7°C derrière (côté nord) et 10°C devant, au soleil et au ras du sol. Cette haie est renforcée par une autre espacée de quelques mètres devant, et la combinaison des effets microclimatiques des deux commencent à protéger le potager de manière très efficace : si on applique la formule (schéma plus haut), une haie bien dense de 2 m de haie protège sur 40 mètres.

Pensez à tous ces éléments en créant vos massifs ou votre jardin. Intégrez des arbustes, des persistants, des graminées…en un mot, des coupe-vent et des pièges à chaleur qui vont créer des microclimats favorables pour vos plantes comme pour la biodiversité.

 

Protection hivernale

paillage hivernal

Paillage hivernal

Protection du sol

L’hiver le jardin doit être protégé. Si beaucoup des plantes du jardin d’épices supportent le froid sans problème, on essaie quand même de leur faire passer un hiver pas trop difficile en couvrant systématiquement le sol de matières organiques : des feuilles, du compost, du BRF, de la paille….tout y passe du moment que c’est organique ! Cette douce et naturelle couverture, qui reproduit ce qui se passe sur le sol d’une forêt, permet de nourrir l’écosystème du sol, si important pour la fertilité et pour la santé des plantes. Et puis cette couverture permet d’éviter que la terre ne soit trop abîmée par les alternances de gels et de dégels, par la battance des pluies et du vent.

Ainsi, même en hiver le sol travaille toujours à sa fertilité, préparant  la saison de végétation à venir et ça, c’est grâce à cette bienfaisante couverture organique (utile en toutes saisons).

Protection des plantes fragiles

Les hivers ne sont pas toujours doux, ils peuvent être rigoureux et meurtriers pour les plantes les plus fragiles, cultivées à la limite de leur zone de rusticité. A noter quand même : la couverture du sol évoquée dans le paragraphe ci-dessus contribue grandement à limiter les dégâts, mais elle ne suffit pas toujours et est clairement insuffisante en cas de gros coups de froid. C’est pourquoi, afin d’éviter tout risque, certaines plantes sont consciencieusement emmaillotées : les bananiers, les tétrapanax, les muselles. En fait, pour ces plantes, un simple paillage de la souche pourrait suffire. La plante gèlerait jusqu’au sol et repartirait au printemps mais elle serait moins haute et pour la muselle et les bananiers, il n’y aurait aucune chance de floraison. La protection permet ici d’avoir des plantes qui redémarrent « de plus haut » au printemps, multipliant ainsi les chances de les voir fleurir.

Comment se fait cet emmaillotage ? Par du grillage posé autour de la plante, rempli de paille ; on pose une bâche tout autour qu’on maintient bien pour ne pas qu’elle s’envole et le tour est joué.

Pourquoi la bâche ? S’il pleut beaucoup, la paille s’imbibe d’eau et quand la gelée survient, tout gèle y compris le tronc de vos plantes qui se retrouve en contact avec la glace : la bâche évite que l’isolant ne prenne l’eau et n’isole plus rien !

Et puis il y a la protection plus classique : le paillage au sol, pratiqué sur les cannas, les hédychiums, les zantedeschias, les gingembres du Japon, les fuchsias. Là, même imbibé d’eau, un bon paillage (10 à 20 cm d’épaisseur) a toujours suffit (jusqu’à ce jour, je croise les doigts !) à protéger les plantes du froid.

Pour certaines, il faut quand même rajouter la protection d’une bâche : pour les curcumas, les gingembres (autres que du Japon) et les colocasias. En effet, ces plantes passent d’autant mieux l’hiver qu’elles sont au sec : plus le sol sera sec en hiver, mieux elles supporteront le froid. C’est vrai aussi pour certains cultivars de cannas, les plus fragiles ; la bâche permettra de gagner les quelques degrés qui feront toute la différence. Bien évidemment, en cas de froids intenses, il faudra multiplier les couches afin d’éviter absolument que le froid n’atteignent les parties souterraines.

A retenir : l’humidité hivernale peut s’avérer plus redoutable que le froid lui-même et l’humidité associée au froid peut faire un carnage. En fonction des plantes, il faut isoler du froid ET de l’humidité. Et si la vie biologique du sol est importante, alors moins d’humidité stagnante car la terre de vos massifs ressuiera mieux.

Pour les arbustes (feijoa, olivier), pas de protection particulière si ce n’est un voile de protection acheté en jardinerie, en 1 ou 2 couches selon les froids annoncés. A ce jour, cela a suffit : seuls le bout des branches de l’olivier a gelé en 2011 (-12°C) et le feijoa, n’a subit aucun dégât. Il est vraiment que cet arbuste a subit des froids bien plus intenses, jusqu’à défoliation complète et qu’il s’en est toujours bien remis!