Jujubes

Découvrir le jujubier

Jujubier en fleurs

Le jujubier est un arbre fruitier très intéressant pour nos jardins. Ses fruits, les jujubes, sont bien connus en Chine depuis des millénaires. A parfaite maturité, ils rappellent les dattes et sont excellents à manger. J’en ai mangés plusieurs fois, ce qui m’a amené à planter cet arbre au jardin, pour voir s’il pourrait se satisfaire de notre climat, notamment des étés chauds et secs.

A ce jour, j’en ai quatre pieds installés au Jardin d’épices. Deux sont issus de semis, et deux sont des cultivars. Ce qui est aussi très intéressant avec eux, c’est leur excellente résistance à la sécheresse, mais aussi au froid de l’hiver. Les quatre pieds poussent très bien. L’an passé, ils ont fleuri. Les fleurs sont discrètes et petites, mais délicieusement odorantes. C’était leur première floraison. Malheureusement, ils aiment la chaleur en été, et l’été 2021 a été trop frais, tous les fruits sont tombés. J’ai bon espoir que 2022 rattrape 2021 ! Bon, il faut dire que les arbres sont encore jeunes, ceci explique peut-être cela…

Un peu d’histoire

Jujubes en cours de maturation

Le jujubier est originaire d’Asie centrale. On le cultive en Chine depuis plus de 4000 ans. Son nom latin est Zizyphus jujuba. Il a beaucoup voyagé et est bien connu dans tout le bassin méditerranéen depuis des siècles. Dans le midi, on nomme les jujubes “chichourles”. On peut aussi appeler ses fruits “dates chinoises”. A maturité, en octobre / novembre dans notre région, les fruits sont tout marrons et ils ressemblent à des dattes, et ils en ont le goût. Sinon, avant ce stade, ils ressemblent à de grosses olives.

L’arbre peut atteindre 5 à 6 m de haut, jusqu’à 12 m dans son milieu naturel. Selon les cultivars, il peut être fortement épineux et son port est un peu tortueux. En automne, son feuillage prend des teintes jaunes magnifiques. Son feuillage estival est d’un très beau vert. C’est donc une plante qui a autant un intérêt gastronomique qu’un intérêt ornemental.

Comment le cultiver ?

Jujubes mûres

Le jujubier aime le soleil, le plein soleil, le franc soleil. Les étés chauds et caniculaires ne lui font pas peur, et ça, c’est aussi très intéressant pour nous, qui devons adapter nos jardins au changement climatique. On peut lire ici et là qu’il pousse lentement. C’est vrai pour les cultivars, les deux premières années. Mais les pieds issus de semis poussent très rapidement. On dit aussi qu’il n’aime pas les sols lourds en hiver, pourtant ici, il s’en accommode très bien. Voilà donc un fruitier qui semble finalement très adaptable !  Les fruits en photo ne sont pas ceux des jujubiers du jardin, mais j’espère bien que cette année, ça va être la bonne et qu’on va pouvoir se régaler.

Voilà donc un petit fruitier à installer sans modération dans votre jardin, dans un coin bien chaud et bien ensoleillé ! 

L’hedychium “Corelli”

Fleurs d’Hedychium “Corelli”

L’hédychium “Corelli” est un  hédychium magnifique à la superbe floraison parfumée. Il est issu d’un croisement entre l’Hedychium coronarium et l’Hedychium ellipticum. Spectaculaire, il forme des touffes assez hautes (1m70 ici) et ses fleurs sont très volumineuses.

Cet hedychium est parfaitement rustique. Au Jardin d’épices, il a passé plusieurs hivers sans broncher et il y fleurit tous les ans. Ses fleurs forment un gros pompon et exhalent un fort parfum, très frais, très agréable. Elles apparaissent en août / septembre. Jusqu’à l’année dernière, c’était plutôt à partir de mi-août, mais cette année 2021, avec la météo estivale bien capricieuse et un peu fraîche, il n’a fleurit qu’à partir de mi-septembre.

Culture

Une situation bien ensoleillée semble lui convenir. On lit souvent que les hédychiums préfèrent la mi-ombre. Cela doit dépendre de la zone géographique car ici, en Seine et Marne, ils sont vraiment plus beaux au soleil. Et surtout, je trouve qu’ils y fleurissent mieux. L’hedychium “Corelli” est même au soleil aux heures les plus chaudes de la journée, cela ne semble pas le déranger, bien au contraire ! Tous les ans, au démarrage du printemps, je lui mets, comme à tous les hédychiums, une très épaisse couche de compost. Et ensuite, un bon paillage de foin. Ainsi, la souche reste bien humide et bien nourrie.

Pour moi, cet hédychium est une valeur sûre. Aspect exotique assuré, rusticité, floraison originale et très parfumée, que du bonheur pour les amateurs d’exotisme. Il s’associe très bien aux cannas, notamment ceux à feuillages pourpres car ses feuilles étant très larges, on le confond presque avec celles des cannas à feuilles vertes.

Voilà donc une plante assez facile, à découvrir et à essayer sans modération.  Son feuillage et sa floraison vous transporteront vers des paradis exotiques sans bouger de chez vous !

Un oiseau de paradis au jardin : le Caesalpinia

Oiseau de paradis, Caesalpinia gilliesii

Fleur de l’oiseau de paradis, été 2021

Un oiseau de paradis dans votre jardin, ça vous tente ? Mais mettons-nos d’accord tout de suite. Deux plantes portent ce nom évocateur : le Strelitzia et le Caesalpinia. Il s’agira dans cet article du Caesalpinia gilliesii. Le strelitzia (le vrai oiseau de paradis), n’est malheureusement pas du tout rustique en Île de France et il devra impérativement hiverner hors gel. Il n’est donc cultivable qu’en pot dans notre région.

Le Caesalpinia gilliesii, lui est un arbuste qui s’avère assez rustique. Cultivé depuis 5 ans maintenant au jardin, il a passé de gros coups de froid sans broncher. Et cette année, toute cette patience a été récompensée par une magnifique floraison.

Un peu d’histoire

Cet oiseau de paradis est originaire d’Amérique du Sud, de l’Argentine et de l’Uruguay. On peut le trouver aussi sous le nom de petit flamboyant. La plante appartient à la famille des légumineuses. Cependant, contrairement à a plupart des autres plantes de cette famille, celle-ci ne fixe pas l’azote de l’air car ses racines sont dépourvues de nodosités.

Son nom lui vient de deux personnages. Le premier, “Caesalpinia”, vient du nom de Andréa Cesalpini, qui fut médecin, philosophe et botaniste. Le second “gilliesii”, vient de celui du botaniste écossais John Gillies. Il fut entre 1820 et 1828, un grand collecteur de plantes en Argentine, au Chili ou au Brésil.  Il en envoya bon nombre dans les arboretums et jardins d’acclimatation de Grande Bretagne.

Culture

oiseau de paradis, Caesalpinia gilliesii

Caesalpinia gilliesi, 1m80 et 1 fleur, été 2021

On considère cette plante rustique dans une fourchette qui va de -12°C jusqu’à -15°C. En climat doux, elle est persistante et peut fleurir toute l’année. Ici bien sûr, son feuillage est caduc. Je ne l’ai jamais protégée, et aucune branche n’a jamais gelé. Une fois bien installée, elle est assez résistante à la sécheresse. Malgré tout, j’ai pu le constater ici, l’oiseau de paradis apprécie les terres bien fraîches, à condition que la situation soit chaude et ensoleillée. La terre doit aussi être bien fertile et bien drainée en hiver. Ici, au Jardin d’épices, il se trouve le long d’un mur exposé plein sud. Je ramène du compost à son pied tous les ans. Il a poussé très lentement pendant les 3 premières années, puis il a accéléré très fortement depuis l’année dernière. Cette année (2021), il a poussé de 30 cm. Les pluies très abondantes de l’été y sont sûrement pour quelque chose. 

J’ai pu lire à droite et à gauche que le vent pouvait abîmer la plante. Je confirme : la première fleur en juillet a vu sa tige abîmée par une rafale un peu forte. Il est vrai que ses branches sont assez grêles. Aussi, pour éviter ce problème, il faudrait raccourcir les tiges de l’année en fin d’hiver, de manière à garder une plante plus trapue. C’est bien sûr ce que je ferai en fin d’hiver prochain, car je n’ai aucune envie que toutes les branches portant fleurs ne soient brisées par le vent ! 

Pour résumer

Voilà donc une bonne plante exotique et rustique pour nos jardins du nord. Si vous disposez d’un endroit chaud et protégé des vents du nord, une terre riche et ne séchant pas trop l’été, adoptez la ! Le plus simple, c’est de l’intégrer dans un massif que vous arroserez régulièrement ou qui sera couvert tout l’été d’un bon paillage qui va garder l’humidité. Apportez du compost tous les ans, taillez la pour éviter que le vent ne s’en charge, et profiter de cette magnifique floraison tout l’été !

été 2021 au Jardin d'épices

Eté 2021 : l’exubérance

Jardin d'épices, été 2021

Cannas, hostas, miscanthus

L’été 2021 est clairement sous le signe de l’exubérance. Cette tendance va sûrement se confirmer avec l’arrivée du soleil et de la chaleur pour la fin juillet. En effet, nous sommes le 15 juillet, et il pleut très abondamment. Depuis 2017, il n’avait pas tant plu sur le jardin. Les températures ne sont certes pas de saison, mais elles restent douces. Résultat, la végétation est exubérante ! 

Des plantes qui s’éclatent !

Il y a des plantes qui aiment la pluie et ça se voit ! Les tétrapanax, les hédychiums, les cannas, les dahlias, les phormiums, les bananiers… tous poussent incroyablement. Le gel de l’hiver 2020/2021 a détruit les bananiers et les phormiums jusqu’au sol. C’est désormais un lointain souvenir tant ils poussent et rattrapent leur retard. A ce rythme, en fin d’été, ils auront retrouvé la taille qu’ils avaient en fin d’été dernier, après 3 années d’hivers doux sans gel. Donc, finalement, le gel n’a pas été un problème pour eux. C’est tout l’intérêt de planter des végétaux solides et rustiques : ils se remettent vite et bien. Le bananier “Red Dragon”, a gelé jusqu’au sol mais lui aussi s’en est très bien remis. Il a redémarré plus vite que les bananiers du Japon, et il pousse très vigoureusement. 

Jardin d'épices, été 2021

Tétrapanax, macléaya, dahlia géant (D. imperialis)

Les pertes dues à l’hiver dernier (2020/2021) se révèlent finalement assez faibles. Le poivrier du Mexique (Piper auritum) n’a pas redémarré ni le manioc (Manihot grahamii), probablement pas manque de drainage du sol lors de l’épisode de froid. Malgré tout, je vais retenter ces 2 plantes. Merci à Bertrand du jardin “les Plantes voyageuses“, de m’avoir donné des plants de manioc. En revanche, les Alpinias sont bien repartis. Il s’agit du galanga (Alpinia galanga ) et de l’atoumo (Alpinia zerumbet variegata). Encore petits, leur croissance va s’accélérer dès le retour de la chaleur. Le brugmansia, le plumbago du Cap, le Solanum rantonetti, le Dahlia imperialis, les érythrines, l’amicia, tout ça a bien passé l’hiver et pousse vigoureusement. Les roscoés comme les hédychiums sont prometteurs en termes de floraison. Bref, tout ceci promet une suite d’été sous le signe de l’exotisme, et c’est plutôt sympa quand on ne part pas en vacances au bout du monde.

Au potager quelques légumes sont à la peine…

Si toute cette pluie est une bonne chose pour les massifs, elle est plus embêtante pour le potager. Si tout pousse bien, le risque de mildiou pour les tomates est bien réel, et on sait que les années pluvieuses sont généralement des années sans tomate. Les traitements naturels à base de prêle ou de bardane ont leur limite. Ils sont inefficaces quand la pluie perdure et que les températures, nocturnes notamment, restent trop basses. Autre problème quand il pleut : les pollinisateurs ne sortent pas. Résultat, les courges et courgettes qui fleurissent pourtant abondamment ne sont pas pollinisées. Alors, les fleurs avortent en masse et les jeunes fruits ne se développent pas. En ce printemps et début d’été, encore aucune courgette ni aucun concombre.

A part ça, le maïs est magnifique, les choux et les patates douces poussent fort, comme les chayottes. Les bananiers fruitiers à l’essai commencent à donner une belle ambiance au potager. Pourtant, je ne donnais pas cher de leur vie au début de la saison. Il s’agit des variétés Helen’s hybrid, Himalayan fruit, et Dajiao. On verra comment tout ça va évoluer au cours de l’été.

goyavier du Brésil, Le Jardin d'épices

Feijoa en fleurs (goyavier du Brésil)

Et au verger ?

Cette année, il va y avoir beaucoup de prunes, de figues, de raisin. Un peu de pêches aussi. Nous avons mangé les premières mûres issues des mûriers vrais (Les Morus). Les goyaviers du Brésil sont couverts de fleurs et les jujubiers vont fleurir pour la première fois. Moins de pommes et de poires, mais il y en a eu tant l’année passée, c’est souvent une année sur deux pour ces fruitiers. On se régale aussi de fraises, de groseilles, de casseilles…

Pour l’instant donc, à part quelques légers désagréments, le jardin se portent très bien et ne souffre pas de l’abondance de pluie, bien au contraire.

Les récoltes sont là, différentes selon les années mais bien là. La maison est perdue dans un océan de verdure, le Jardin d’épices reste un bonheur, année après année…

 

Un brugmansia en pleine terre

Brugmansia, le Jardin d'épicesVoilà des années maintenant que je cultive mon bugmansia en pleine terre. En effet, j’avais de moins en moins de place pour l’hiverner à l’intérieur, et il était devenu bien encombrant. Alors, j’ai décidé de tenter le tout pour le tout. Je l’ai installé en pleine terre, le long de mon long mur exposé plein sud. 

Je le traite finalement comme le plumbago du Cap. En octobre, je le coupe au ras du sol, et dessus, j’installe un bon paillage avec une bâche hermétique. Et tous les ans, au printemps, j’ai la joie de le voir resurgir et fleurir à partir de fin août, début septembre.

Découvrons la plante

Parfois, on le confond avec le Datura. Les deux plantes sont deux genres différents, bien qu’appartenant tous deux à la famille des solanacées. L’un et l’autre sont fortement toxiques, donc, cela reste des plantes ornementales et exclusivement ornementales. On prendra soin de la garder loin des jeunes enfants, on ne sait jamais. Les daturas ont des fleurs dressées, les brugmansias, des fleurs tombantes. Le brugmansia est originaire d’Amérique du Sud et parfois on le trouve sous l’appellation de “trompette des anges”. C’est une plante arborescente qui forme un petit arbre quand le climat lui convient, c’est à dire quand il ne gèle pas. En effet la partie aérienne est détruite au moindre gel. La souche, elle, s’avère plus rustique.

Pour que le brugmansia pousse bien, il lui faut de la chaleur, du soleil, et de l’eau. Normal, c’est quand même une plante tropicale !

Brugmansia dans son massif, le Jardin d'épices

Brugmansia en compagnie d’abutilons, de lantanas, tous restent en pleine terre

Au jardin

Dans les jardins sous les cieux cléments, sa culture ne semble pas poser de problème. Ici, au Jardin d’épices, comme je l’ai indiqué, je le coupe  au ras du sol tous les ans. Il ne formera donc jamais un petit arbre comme on peut le voir dans certaines régions douces. Cependant, il atteint quand même une bonne taille en une saison, puisqu’en cette année 2020, il a atteint 1,60 m de hauteur.

La plante redémarrant du sol tous les ans, la floraison est tardive, jamais avant fin août, début septembre. Mais ensuite, elle se poursuit quasiment jusqu’aux gelées. Dès que celles-ci sont annoncées, c’est le signal pour la plonger dans le sommeil hivernal.

La souche est dite résister jusqu’à quelques degrés sous zéro. Sous son paillage et sa bâche, au pied du mur, mon brugmansia a tenu des gels assez sévères. Au printemps, il est toujours revenu, depuis presque 10 ans maintenant. 

Bien sûr, sa floraison n’atteint pas l’exubérance des plantes gardées en pots où poussant dans le sud. Néanmoins, c’est toujours un grand bonheur et une vraie satisfaction de le voir tenir en terre en Île de France, et y fleurir. Les fleurs, même si elles sont moins nombreuses, sont aussi grosses qu’en pot et toujours aussi délicieusement parfumées.

Brugmansia en octobre, le Jardin d'épices

Brugmansia en fleurs en octobre

Le brugmansia que je cultive est jaune, mais puisque j’ai désormais suffisamment de recul sur sa culture en pleine terre, l’an prochain, c’est décidé,  je vais essayer de trouver de la place pour en installer un blanc… et peut-être un rose. En fait il existe de nombreux cultivars, le choix est vaste. Seront -ils tous aussi résistants ? Bon, on verra, je vous en reparlerai…

Si vous aimez ces plantes, que vous n’avez pas de place pour l’hiverner en intérieur, et que votre jardin est bien abrité, en ville par exemple, laissez-vous tenter, si j’y arrive, vous y arriverez !

L’asiminier : le manguier du nord

Fruits de l'asiminier

Asimines ou pawpaws

Asiminier, peut-être n’avez-vous jamais entendu ce nom ? C’est un arbre fruitier étonnant. Il nous vient d’Amérique du Nord où il est spontané jusqu’au Canada. Il en existe des dizaines de variétés et de cultivars. Difficile à trouver en Europe jusqu’à il y a peu, il est désormais facile de s’en procurer, on arrive même à le trouver en jardineries. Aux Etats Unis, on le connaît sous le nom de “pawpaw”, mais on l’appelle aussi manguier du nord (papaye du nord, parfois). Cette appellation fait référence à son fruit, qui ressemble à… une mangue !  Au niveau de la forme, mais aussi du goût. Voilà donc tout l’intérêt de cultiver un asiminier.

Découvrons la plante

L’asiminier, de son vrai nom Asimina triloba, est un arbre de la famille des annonacées. Cette famille est quasi exclusivement tropicale, sauf pour ce représentant aventureux qui pousse jusqu’au Canada en bravant les rigueurs des hivers nord américains. Il est donc parfaitement rustique puisqu’on annonce des résistances à -25°C, parfois jusqu’à -30°C pour certaines variétés. Autant dire qu’il est cultivable partout en France. Il est très étonnant qu’on ne le cultive pas plus que ça. 

Asiminier, arbreConcernant sa culture, j’ai pu lire sur certains sites, qu’il fallait le planter en plein soleil… et c’est ainsi que j’ai perdu mes premiers pieds qui ont juste grillé et ne se sont jamais remis. En fait, c’est un arbre de sous-bois ou de lisières. Il pousse aussi en plaine, sur sols profonds et frais. Il lui faut de l’ombre petit, et plus il grandit, plus il accepte et a même besoin de soleil. Adulte, il peut atteindre une dizaine de mètres de hauteur dans son milieu d’origine. Ce sera sûrement moins en Europe. Il apprécie les sols profonds et frais en été, même si une fois bien installé, il peut supporter une certaine sécheresse (mais pas trop quand même !)

Asiminier au Jardin d'épices

Couleurs d’automne, au Jardin d’épices

Son feuillage est joli, et ses feuilles ressemblent aux feuilles des avocatiers, longues et bien vertes. L’arbre donne une impression d’exotisme certain. Ses fleurs s’épanouissent au printemps et sont assez curieuses, de couleur bordeaux. Elles font place à ces fruits étonnants et paraît-il délicieux qui ressemblent à des mangues. Je dis paraît-il car ici, les arbres n’ont pas encore donné de fruits, et je les attends avec impatience. 

Le fruit

Photo prise sur www.jardin.biz, car pas de fruits ici pour l'instantLe fruit, l’asimine, ressemble donc à une mangue. Selon la variété, sa taille peut varier de petit à très gros, jusqu’à 500g. Contrairement à la mangue, il n’y a pas à l’intérieur de gros noyau central, mais plusieurs graines. L’arbre produit au bout de 3 à 4 ans. Il y a des variétés autofertiles et d’autres qui ne le sont pas. Dans ce cas, il faudra planter au moins deux arbres pour avoir des fruits.

Le goût du fruit est un mélange de mangue, de banane, parfois d’ananas ou de melon. Les asimines se récoltent en septembre octobre, au moment où elles ils se décrochent facilement de l’arbre, où tombent sur le sol. Ils ne se conservent pas très longtemps, il faut donc les manger rapidement. On peut en faire des confitures ou des compotes.

Voilà donc un arbre fruitier intéressant, avec un goût nouveau pour un verger en France métropolitaine ! Et si vous avez envie de découvrir d’autres fruitiers originaux, allez sur cet article.

Bonne plantation !

 

Cultiver un Hibiscus sinosyriacus

Hibiscus sino syriacus, le Jardin d'épicesL’hibiscus sinosyriacus est un hibiscus magnifique. Dans nos jardins tempérés, on connaît davantage son cousin, l’ Hibiscus syriacus, qu’on cultive sous le nom d’althéas. Encore appelé “hibiscus en arbre de Chine”, l’Hibiscus sinosyriacus est une plante assez différente, d’un aspect bien plus exotique, tout en étant parfaitement rustique. Ces fleurs sont très grandes, bien plus grandes que celles des althéas,  et elles rappellent sans conteste les magnifiques hibiscus tropicaux.  

Découvrons la plante

Cet hibiscus est très grand, puisqu’il peut atteindre 5 bons mètres de haut, même dans nos jardins. Il a de grandes feuilles (jusqu’à 20 cm de long en bonnes conditions).

Contrairement à son cousin l’althéa, cet hibiscus-ci est fortement drageonnant. Ainsi, il forme vite de très gros buissons. Il apprécie les sols riches et frais. Bien rustique, j’ai lu dans de nombreux articles sur lui qu’il poussait en plein soleil. Ce n’est pas du tout l’expérience que j’en ai. Je l’ai en terre depuis 7 ans. Je l’avais planté en plein soleil, mais l’été il fallait beaucoup l’arroser. Il ne grandissait pas… Bref, j’en ai eu assez alors je l’ai déplanté et réinstallé dans un massif mi-ombragé (soleil le matin et ombre l’après midi). Là, non seulement il n’a plus du tout demandé autant d’arrosages, mais surtout il a beaucoup grandi. Il a pris un bon mètre cinquante en une saison. J’ai même lu qu’après une transplantation, il pouvait mettre plusieurs années avant de refleurir. Pas du tout ! Transplanté en automne 2019, il a fleuri dès l’été 2020. Pas beaucoup certes, mais il a fleuri.

En plein soleil, sa floraison déjà naturellement éphémère, était ratatinée dès le début d’après midi. Maintenant, à la mi-ombre, elle tient sans aucun problème toute la journée.

Ses fleurs sont vraiment très belles,  bien plus grandes que celles des althéas. De par leur taille, elles rappellent vraiment les hibiscus tropicaux. Il y a assez peu de coloris disponibles, mais la variété type, rose violacée, est très belle.

Voilà, l’hibiscus sinosyriacus est un très bel hibiscus, qui a bien sa place dans le cadre d’un jardin exotique. Le plus difficile sera sûrement de le trouver, ça, ce n’est pas évident… Celui que j’ai au jardin m’a été donné, il y a plusieurs années. Mais croyez-moi, sa recherche vaut vraiment le coup ! 

 

Cultiver la plante doliprane : le colquhounia

Colquhounia coccinea, le Jardin d'épicesCultiver la plante doliprane, quel curieux titre pensez-vous peut-être. Plante doliprane, c’est le nom qu’on donne à une plante qui s’appelle le Colquhounia coccinea. Face à ce nom imprononçable, “plante doliprane”, c’est franchement plus simple ! On la trouve aussi sous le nom de “menthe de l’Himalaya”, mais ce dernier nom est trompeur car c’est aussi comme cela qu’on appelle une autre plante au nom à coucher dehors “Rostrinocula dependens“. A noter qu’il existe aussi une autre plante surnommée plante doliprane, c’est le gros thym (Plectranthus amboinicus). Bon, difficile de s’y retrouver, heureusement que les noms scientifiques sont là pour savoir de quoi on parle ! Dans cet article, nous allons bien parler du Colquhounia coccinea.

Découvrons la plante

Le colquhounia aime la chaleur. Originaire d’Asie (Himalaya, Chine), cette plante appartient à la famille des lamiacées. Elle forme un petit buisson de 2 à 3 mètres de hauteur dans son milieu d’origine. Chez nous, il ne sera persistant que dans les régions aux hivers très doux. Ailleurs, le feuillage tiendra jusqu’à -5°C, puis, s’il fait plus froid, la plante sera complètement recépée par la gel. Elle redémarrera assez vigoureusement au printemps suivant. Résistante jusqu’à -12°C, la souche nécessitera un bon paillage en cas d’hiver très froid. 

Ici, au Jardin d’épices, j’en cultive un pied depuis plusieurs années maintenant. Il est installé le long d’un mur plein sud, dont il apprécie la chaleur. La terre y est riche, bien drainée. En été, en période caniculaire, il faut parfois l’arroser, mais globalement, la plante tient bien au sec (mais pas trop quand même). Dans mon jardin, le colquhounia ne dépasse pas 1 mètre de hauteur car le gel le rabat au sol tous les ans. Ses fleurs sont rouge orangé, et apparaissent en fin de saison, à la fin de l’été, et en automne. Ici, il ne fleurit pas tous les ans, et c’est bien dommage. 

Son feuillage est duveteux, aromatique. Il ressemble à celui de la sauge, en plus vert, un peu comme certains phlomis.

Photo Wikipédia, car pas encore de fleurs au jardin...Une plante médicinale

Le colquhounia n’est pas appelé plante doliprane sans raison. Il a en effet des vertus médicinales reconnues, et a des effets proches de ceux du doliprane sans en avoir les inconvénients. on l’utilise notamment en cas de fièvre, de migraines, d’état grippal ou de maux dentaires. Ce sont ses feuilles qu’on utilise en infusion. 

Voilà, si vous disposez dans votre jardin d’un mur bien exposé, où si votre climat est doux, voilà une plante intéressante à installer. Ce n’est pas une plante visuellement très exotique, bien qu’elle le soit de par ses origines. Cependant, c’est une plante médicinale très intéressante si vous êtes en recherche d’autonomie, à avoir dans un jardin en permaculture par exemple.

 

 

 

 

 

Le néflier du Japon

Bibaces ou nèfles du Japon

Nèfles du Japon, ou bibaces

Cultiver un néflier du Japon est facile, même dans le nord de la France. C’est un arbre fruitier qui pousse vite et bien. Persistant, ces feuilles assurent le décor toute l’année et donnent une indéniable ambiance exotique au jardin qui l’accueille.

Découvrons la plante

Le néflier du Japon est aussi appelé bibacier (ou bibassier). Ce dernier terme vient du nom chinois du fruit “pipa”. Bibace, c’est aussi comme cela qu’on peut désigner son fruit. Il fait partie de la famille des rosacées (rosaceae), et a pour nom scientifique Eriobotrya japonica. Originaire de Chine et du Japon, il ne faut pas le confondre avec le vrai néflier européen (Mespilus germanica), qui lui est un arbre caduc de nos régions.

Ce néflier exotique peut atteindre une douzaine de mètres de hauteur dans son milieu d’origine. En Europe, il peut atteindre 6, 7m,  et cela reste un petit arbre, en dehors de ses climats préférés. S’il résiste assez bien au froid, jusqu’à -15°C une fois bien installé (z7, 8), il peut cependant s’avérer compliqué d’obtenir des fruits en Europe. En effet, le néflier du Japon a la particularité de fleurir en automne ou en début d’hiver. Les fleurs résistent jusqu’à -5°C avant d’être détruites. En cas d’hiver froid, on n’obtiendra aucun fruit, même si l’arbre résistera bien au froid. Si tout se passe bien, les fruits qui se forment durant l’hiver seront mûrs au printemps. C’est à cette période qu’on les trouve sur les étals des marchés. Ils font partie des fruits de saison dans les régions méditerranéennes.

Culture

Bibacier en fleurs

De ce qui précède, on déduira que le néflier du Japon devra être planté dans un endroit abrité, protégé des vents froids. Même s’il résiste plutôt bien au froidures hivernales, on gardera à l’esprit que c’est un arbre subtropical qui peut souffrir, voire mourir en cas de froid intense. C’est pour cette raison qu’on le trouve souvent en ville où il résiste mieux au gel, et où il fructifie plus facilement.

Un jeune arbre pousse au Jardin d’épices où il n’a, il faut l’avouer, pas encore dû affronter d’hivers très froids. Mais il y pousse bien.

De part ses origines, le bibacier apprécie les bons arrosages durant les périodes les plus chaudes. Il apprécie aussi un bon compostage au début du printemps, qui le nourrira et lui gardera l’humidité qu’il apprécie tant. Même s’il aime bénéficier de bons arrosages, le sol se devra d’être bien drainé durant l’hiver, afin d’éviter le pourrissement toujours possible des racines.

Jeune néflier du Japon

Pour la situation, si possible le plein soleil, ou une légère mi-ombre. Mais il préfère quand même le soleil et la chaleur, n’oubliez pas, c’est une plante subtropical tout de même !

Ainsi, si vous habitez dans une région aux hivers pas trop méchants, et si dans votre jardin vous avez un endroit abrité des vents froids, n’hésitez pas à accueillir ce joli petit arbre. Son feuillage à l’aspect bien exotique et sa floraison automnale parfumée vous raviront et, si d’aventure il gèle peu, vous obtiendrez dès le mois de mai de délicieuses bibaces ! 

On le trouve facilement dans toutes les jardineries.

Cultiver un amandier dans le nord

Cultiver un amandier dans le nord, c’est tout à fait possible. J’en cultive plusieurs depuis trois ans à peu près. Face aux étés caniculaire et secs, je cherche des plantes qui s’adaptent. L’amandier fait partie de cette liste. Ce que je peux en dire, c’est que mes arbres poussent très bien. L’an dernier, en 2019, ils ont même abondamment fleuri. Malheureusement, les fortes gelées du mois d’avril ont anéanti l’espoir de récoltes, sur les amandiers comme sur tous les autres fruitiers d’ailleurs. Seules deux amandes ont réussi à mûrir, et elles étaient délicieuses. 

On trouve de plus en plus d’amandiers en vente en jardineries et chez les pépiniéristes, même dans le nord. En effet, globalement, l’amandier est assez résistant au froid. Le problème, c’est qu’il fleurit souvent trop tôt chez nous, il faut donc planter des variétés à la floraison la plus tardive possible.

Un peu d’histoire

L’amandier est originaire du Moyen Orient, où on le cultive depuis la nuit des temps. Il a peu a peu conquis le pourtour méditerranéen avant de conquérir les autres continents. Aujourd’hui, il est très cultivé en Californie, qui est le premier producteur mondial. C’est un arbre qui appartient à la grande famille des rosacées, et son nom latin est Prunus dulcis. En France, on le cultive depuis le 16ème siècle.

Choisir son amandier

Globalement, les amandiers sont assez résistants au froid,  car il peut faire très froid en hiver dans leur contrée d’origine. Ils y tiendraient jusqu’à -25°C ! Mais, l’hiver y est de courte durée, la douceur arrive vite au Moyen Orient. Et c’est pour cela que beaucoup fleurissent très tôt. Sous nos cieux moins cléments, il peut faire froid longtemps, et si l’arbre résiste bien, ce n’est pas le cas de la floraison. En une gelée, et la récolte est anéantie.

Mais, pour le nord, il existe des variétés très rustiques et à la floraison tardive. Sachez que pour la plupart, il faudra un second arbre pour favoriser une bonne pollinisation. En effet, les amandiers sont autostériles, comme beaucoup de fruitiers d’ailleurs. Cela signifie qu’il faut impérativement un autre amandier dans les parages pour pouvoir avoir des amandes. Cependant, on trouve aussi des variétés autofertiles, comme “All in One” ou “Lauranne”. Les amandes peuvent se trouver dans des coques tendres, dures, ou demi-tendre.

Pour le nord de la France, choisissez des variétés à floraison tardive. Vous avez “Aï” (tendre), “Texas”(tendre), “All in one”(dure), “Ferragnès”(demi-tendre), “Lauranne” (dure). Mais il y en a probablement d’autres…

Ici, au Jardin d’épices, j’ai installé “Ferragnès” et “Texas”. Ce sont des variétés très productives, bien rustiques et qui fleurissent en mars, en même temps que les abricotiers tardifs.

Culture

Cet arbre vient de la zone méditerranéenne, il lui faut donc impérativement du plein soleil, si possible à l’abri des vents du  nord. Mes amandiers ont parfaitement résisté aux dernières sécheresses et canicules, comme les pêchers dont ils semblent avoir finalement les mêmes exigences. Un sol bien drainé en hiver et fertile est aussi un gage de réussite. Comme pour tous les fruitiers, je répands de la cendre au pied, durant l’hiver, afin de favoriser une bonne floraison et une bonne fructification. On les plantera de préférence à l’automne. Prévoyez quand même un peu de place, ils en prennent plus que les pêchers.

Voilà donc des fruitiers intéressants pour nos jardins du nord aux étés de plus en plus chauds et secs. Aurons-nous des récoltes comme dans le sud ? Probablement pas aussi régulières car nos printemps ont tendance à être un peu froids, mais bon, pourquoi pas ? Il y a encore beaucoup à tester et à explorer avec ces arbres fruitiers méditerranéens. Alors, affaire à suivre… On en reparle dans un an ou deux.