Archives de catégorie : Fruitiers

La passiflore officinale

Fleur de Passiflora incarnata

La passiflore officinale, Passiflora incarnata, est une passiflore herbacée parfaitement rustique. Originaire d’Amérique du Nord (un grand quart sud est des Etats Unis et une partie du Mexique), ses tiges volubiles meurent tous les ans, et elle repart vigoureusement de sa souche tous les printemps, vers la fin mai. Sa floraison est magnifique, dès le mois de juillet.

Ses fruits sont délicieux et bien meilleurs que ceux de sa cousine également rustique, Passiflora caerulea. Ils ont un vrai goût de fruit de la passion. Bien que plantée au jardin depuis des années, nous n’avons pu goûter les fruits de cette passiflore que cette année, en 2018. Jusque là, les fruits ne tenaient pas sur la plante, ils tombaient avant maturité. Les graines sont grosses, enrobées d’une chaire sucrée et succulente. Il n’y a pas beaucoup de chair, il faut le dire, mais elle est vraiment très bonne. A maturité,(pour l’instant, ici c’est en septembre, début octobre) le fruit reste vert, mais un vert un peu plus pale que pour les fruits qui ne sont pas encore mûrs.

Culture
Fruit presque mur

Plante de la famille des passifloracées, la passiflore officinale aime le soleil direct et la chaleur, indispensable pour une bonne floraison. Tous les sols lui conviennent avec une préférence pour les sols bien drainés. Elle peut disparaître dans les sols gorgés d’eau en hiver. Si elle se plaît, elle peut drageonner fortement aux alentours, jusqu’à devenir presque envahissante. C’est le cas ici, au Jardin d’épices où de nouvelles pousses émergent jusqu’à un bon mètre de la souche principale,  ce qui n’est pas un problème puisque ses fruits sont très bons. Je vais même en mettre un peu partout, histoire d’avoir plus de récoltes.  Mais même pour la beauté de ses fleurs, ça vaut le coup de la laisser pousser à son aise.

Vertus médicinales

Comme son nom l’indique, la passiflore officinale est…officinale par ses fleurs mais surtout par ses feuilles. Séchées, on réalise des tisanes apaisantes et sédatives, qui réduisent le stress et facilitent le sommeil. Elle a été très utilisée par les indiens d’Amérique. Les fleurs contiennent beaucoup moins de substances actives que ses feuilles.

Une tisane ?

30 à 50 g de feuilles dans 1 litre d’eau, bouillir 2 à 3 minutes et laisser infuser 10 minutes, et voilà !

Voilà une belle passiflore à installer au jardin, bien rustique et à fruits comestibles et délicieux.

Cultiver un yuzu

yuzu fruits

Yuzu, fruits

Cultiver un yuzu, un agrume assez rustique, ça vous tente ? Le yuzu est un agrume qu’on commence à trouver facilement à la vente en jardinerie. Son nom latin est Citrus junos. Yuzu est le nom qu’on lui donne en chinois, et il désigne à la fois le nom du fruit et le nom de l’arbre. Il s’agit d’un hybride naturel entre le mandarinier sauvage et le Citrus ichangensis. Il pousse à l’état sauvage dans le centre de la Chine, jusqu’au Tibet mais on le trouve aussi au Japon et en Corée où il a été introduit il y a plus de 10 siècles.

Le yuzu est intéressant à plus d’un titre. D’abord, son utilisation culinaire : zeste et jus sont très utilisés dans la cuisine, japonaise notamment mais aussi coréenne. Le fruit ressemble à un petit pamplemousse. Il est jaune à maturité, avec un goût de citron vert, de pamplemousse et de mandarine. Ensuite, il est intéressant par sa rusticité, assez bonne pour qu’il soit essayé jusqu’en Île de France, dans un endroit protégé.

Culture
Très jeune yuzu au jardin

Très jeune yuzu au jardin

L’arbuste est vigoureux, très épineux et peut atteindre 3 à 4 m de hauteur. Il pousse au soleil comme à la mi-ombre. Initialement planté au jardin en plein soleil, il a végété pendant longtemps. Puis, je me suis décidé à le déplacer pour le mettre à mi-ombre, dans une ambiance de lisière de sous bois frais. Là, il a l’air de se plaire davantage. Le sol est bien frais et la terre riche. Niveau rusticité, on le dit rustique jusqu’en zone 8, où il tiendrait de -12°C, température à partir de laquelle il se défolierait, jusqu’à -15°C.  Ici, il a supporté pour l’instant un -8°C sans perdre une feuille.

Voilà donc un bon candidat à l’acclimatation. On verra ce que ça donne sur le long terme, mais si vous avez un endroit bien abrité, ça vaut peut-être le coup de le tenter. Affaire à suivre….

Un olivier pour le nord

olivier jardin d'épices

Olivier au jardin

Un olivier pour le nord, oui, c’est possible, mais lequel choisir ? On en voit de plus en plus, plantés dans les jardins, dont certains, très gros ont coûté des fortunes. C’est toujours un peu difficile de voir des oliviers centenaires, arrachés de leur chaudes terres du sud de la France ou d’Espagne, acheminés dans les brumes du nord, et plantés sans plus de précautions dans des terres et sous un climat qui n’est pas le leur…un coup de froid un peu fort, comme ce fut le cas en 2012, et les voilà, grillés et desséchés dans les jardins, laissés en place pendant des mois par leurs propriétaires qui espèrent vainement que leur olivier va repartir.

On ne peut pas planter n’importe quel olivier n’importe où, il y a des variétés plus ou moins résistantes au froid mais il y a une constante : l’humidité associée au froid peut leur être fatale. Globalement, l’olivier (Olea europea) est capable de résister à des froids assez vifs puisqu’on le dit capable de tenir à -15°C, mais dans des sols extrêmement bien drainés et avec un froid sec et de courte durée.

Les variétés les plus rustiques :

  • Moufla (-23°C)
  • Leccino (-15 à -18°C)
  • Cipressino (-16 à -18°C)
  • Aglandau (-16°C°)
  • Tanche (-16°C)

Ces températures s’entendent pour des plantes adultes, dans des conditions optimales de culture (soleil, sol drainé), et à condition que le froid ne s’attarde pas. Bien sûr, selon la région où vous habitez, la liste des variétés jouables peut s’allonger, …. ou se réduire. Mais si on arrive à acclimater au moins ces cinq variétés en Île de France, ce sera déjà pas mal ! Bien choisir ses variétés est important : en 2012, beaucoup d’oliviers sont morts en Île de France bien avant les -15°C, faute d’avoir plantées les variétés les plus susceptibles de résister à notre climat.

Culture

Pour votre olivier, choisissez un endroit bien exposé, si possible protégé des vents du nord.  Plantez en haut d’une pente, sur un talus, ou créez en un si votre sol ne draine pas bien. Dans de bonnes conditions, en cas de froids sévères, l’arbre pourra repartir du pied. Au jardin, j’ai la variété Cipressino, plantée le long d’un mur plein sud, sur un talus surélevé. Je mets tous les ans un peu d’or brun à son pied et du compost. Mon olivier a déjà formé quelques olives. Cependant, pour qu’ils produisent vraiment, il faudrait que je le taille correctement…je suis en pleine lecture sur le sujet.

A savoir également, selon les variétés, il y a des oliviers auto-fertiles (une seule plante suffit pour produire des fruits) et des variétés pour lesquelles au moins  deux individus seront indispensables pour obtenir des olives. Cipressino, Leccino et Aglandau sont auto-fertiles, mais pas les autres. Quoiqu’il en soit, chez les arbres fruitiers, pour une bonne pollinisation croisée, c’est toujours mieux d’avoir plusieurs variétés, pensez-y !

Le citronnier de Corée

poncirus fruits

Citronnier de Corée, fruits et épines

Le citronnier de Corée est un agrume rustique pour nos jardins. Son nom est Poncirus trifoliata, encore appelé citronnier épineux. Il est originaire du nord de la Chine et de la Corée, c’est dire que le froid ne lui fait pas peur. Il appartient à la famille des rutacées, qui compte parmi ses membres toutes les plantes du genre citrus (oranges, citrons, pamplemousses…) ; le poncirus est d’ailleurs très proche des citrus. On peut cependant bien parler d’agrume, car sont considérées comme des agrumes, les plantes des genres Citrus, Fortunella (les kumquats) et Poncirus.

Cet agrume rustique mesure de 3 à 8 m de haut et possède des tiges incroyablement épineuses. C’est cette caractéristique qui fait qu’il est utilisé en haies défensives par la SNCF (entre autres), car ses épines sont vraiment, vraiment redoutables. Cet arbuste au feuillage caduc, se couvre en avril, de fleurs blanches, assez grosses et parfumées. Des petits fruits, de la taille de  mandarines leur succèdent mais malheureusement, ils ne sont pas comestibles crus (ils contiennent de la poncirine, une substance qui donne une forte amertume au fruit à l’état cru). On peut cependant les consommer cuits, sous forme de confitures, ou utiliser le zeste pour parfumer le thé. Ils arrivent à maturité en octobre novembre, quand ils deviennent jaunes et odorants.

Point de vue rusticité, rien à dire, il tient sans problème. Mes parents en avait un dans l’Yonne depuis des années et il a résisté à des hivers particulièrement rigoureux. Mais voilà, trop épineux, il devenait aussi trop grand, ils ont du s’en séparer… Je l’ai déterré (ce fut sportif) et je l’ai replanté ici, dans mon jardin. On verra bien s’il reprend au printemps prochain. Comme on dit, fichu pour fichu, autant lui donner une seconde chance.

poncirus fleurs

Floraison du citronnier de Corée

Le citronnier de Corée est utilisé pour faire des hybridations avec d’autres agrumes, afin d’accroître leur rusticité. Et cela donne : le citremon (poncirus x citron), le citrandarin (poncirus x mandarine), le citrumelo (poncirus x pamplemousse), et bien d’autres encore, la liste est interminable. Si certain de ces hybrides sont prometteurs, il reste à les tester en Île de France. Le problème principale, c’est que le poncirus, s’il transmet un peu de rusticité, transmet aussi la poncirine, qui ne rend pas forcément les fruits très agréables à manger…mais gardons espoir, les hybrideurs travaillent et il y a des résultats intéressants ; je compte bien d’ailleurs commencer une petite collection d’agrumes rustiques ici, pour voir ce que ça donne, mais nous en reparlerons…

Culture

Il lui faut une terre bien drainée et plutôt acide, il ne semble pas trop aimer le calcaire. A planter en situation ensoleillée. Il pousse lentement et apprécie au printemps un peu de fumier décomposé ou du compost.

Le citronnier de Corée est un bel arbuste à accueillir au jardin, un agrume vraiment rustique qui étonnera vos visiteurs, et sera beau toute l’année car même en hiver, le mélimélo de ces branches aux épines tortueuses et acérées est magnifique.

La baie goji

La baie goji est un fruit issu d’un petit arbuste sarmenteux, origine du nord de la Chine, de Mongolie et de Corée du nord. Son origine lui garantit une très bonne rusticité, ce qui nous permet de pouvoir sereinement envisager sa culture dans nos jardins et diversifier notre verger avec cette plante originale et exotique.

Riches en vitamines et minéraux, c’est un arbuste facile à cultiver au jardin, en situation bien ensoleillée.

Un peu d’histoire

Il existe environ 70 espèces de baies goji mais seulement 2 sont cultivées : le lyciet commun (Lycium barbarum ) et le lyciet de Chine (Lycium sinense). Les deux espèces sont assez proches. Cependant c’est surtout le fruit du lyciet commun qui est vendu en Europe. Le mot goji vient de son appellation en langue chinoise (gou qi).

De la famille des solanacées (comme la pomme de terre ou la tomate), la baie goji est surtout réputée pour les vertus de son fruit. Il contient en effet, une très grande quantité d’éléments très intéressants pour notre santé. Des acides aminés (18, dont les 8 essentiels), des oligoéléments, des antioxydants, des vitamines, du calcium … Bref, ce petit fruit rouge est un véritable alicament.

[su_tooltip style=”green” position=”east” rounded=”yes” size=”4″ content=”Antioxydant.

Renforcement des défenses immunitaires avec des propriétés anti-inflammatoires et oxygénation des cellules : fatigue, hypertension.

Prévention des troubles oculaires et protection des cellules de la rétine.

Régulation de la tension artérielle (hypertension).

Abaissement du taux de cholestérol et des sucres dans le sang : effets hypoglycémiants et hypolipémiants.

Amélioration de l’assimilation du calcium.

Protection hépatique.

Limitation de l’évolution des tumeurs et neutralisation des effets liés à un traitement par chimiothérapie.

Stimulation des capacités d’adaptation de la peau au froid et à la sécheresse, effet protecteur contre les ultraviolets.

Effet antibactérien.

Effet antidiabétique (essentiellement pour le diabète de type 2).source doctissimo.com “][su_label]Vertus de la baie goji[/su_label][/su_tooltip]

Culture

La baie goji est facile à cultiver. C’est un arbuste caduc, qui résistera au moins à -20°C. Il préfère les sols à tendance calcaire, même s’il peut pousser un peu partout. Il lui faut une exposition en plein soleil pour pouvoir fleurir et fructifier correctement. Adulte, il peut atteindre 2 à 3 m de hauteur et a tendance à partir un peu dans tous les sens. Une petite taille de formation au printemps permettra donc de le maintenir à la hauteur d’une haie de framboisiers, par exemple.

Il peut se cultiver en isolé ou en haie fruitière. Au début de l’été, des petites fleurs violettes apparaissent qui laisseront la place à une multitude de petits fruits, semblables à des tomates cerises allongées. S’il n’a pas suffisamment de soleil, alors il se peut que les fruits présentent une certaine amertume. Ce fut le cas ici avec les derniers fruits de la saison). Comme il apprécie une certaine fraîcheur du sol en été, offrez lui donc un bon paillage.

La baie goji est facile à multiplier. On peut la bouturer,  la marcotter, mais aussi la semer..Pour le semis, procédez comme pour les tomates. Si vous avez des fruits séchés achetés en magasins, ouvrez les pour en extraire les graines, qui collent un peu à la chair. Mettez-les dans de l’eau. Au bout de quelques jours, la moisissure apparaît et permet, après un rinçage à l’eau, de bien détacher les graines. Ne reste plus qu’à bien les sécher ou à les semer. La germination est assez rapide. Vous installerez vos plants au jardin quand ils seront bien robustes. Par la méthode du semis, on obtient des fruits au bout de 3 à 4 ans.

Où le trouver ?

La baie goji est désormais vendue en jardineries, au rayon des petits fruitiers. Sinon, vous pouvez faire germer des graines à partir des fruits séchés qu’on trouve un peu partout.

L’arbousier

arbousier jardin exotique le jardin d'épices

Jeune arbousier en fleurs

L’arbousier, Arbutus unedo est un petit arbre originaire du pourtour méditerranéen. Il appartient à la famille des éricacées (comme les bruyères ou les rhododendrons). Encore appelé arbre à fraises, il a un feuillage persistant. Il donne de petits fruits rouges ou orangés, à la peau un peu granuleuse, les arbouses. Leur goût n’est pas extraordinaire, mais pas désagréable non plus. Personnellement je les aime beaucoup. Ils mûrissent en automne ou en hiver et ils sont très riches en vitamines C.

Même si c’est un arbuste de climat doux, il supporte quand même des températures allant jusqu’à -17°C, il pourrait donc être acclimaté en zone 7 (voir zones de rusticité). Il arrive qu’on en voit de beaux spécimens dans des jardins du nord de la France.

L’arbousier peut atteindre une dizaine de mètres de hauteur, parfois un peu plus et il est assez fréquents dans certaines zones du sud de la France, où il pousse à l’état sauvage. Sa floraison est intéressante : des grappes de fleurs en clochettes, odorantes et mellifères, eu automne. Comme les arbouses mettent un an à arriver à maturité, elles sont mûres généralement en même temps que l’arbre fleurit, ce qui fait qu’on a sur les branches à la fois des fleurs blanches et des fruits rouges. On peut consommer les arbouses crues, en compote ou en confiture.

arbouses

Arbouses – photo Visoflora, identifier une plante

Culture

Originaire du sud, l’arbousier aime la chaleur et le soleil, plantez le à bonne exposition (quoiqu’il puisse supporter la mi-ombre quand même), de préférence en automne mais aussi au printemps ; veillez dans ce cas aux arrosages lors du 1er été. Une fois bien installé, il supporte bien la sécheresse. Dans certains articles sur lui, on dit qu’il pousse plutôt lentement, mais ce n’est pas ce que j’ai pu constater car un arbousier a été planter là où je travaille : à peine 1 m de haut en 2013, quasiment 2,50 m en 2015, c’est quand même plutôt rapide.

Je viens d’en planter un au jardin, on verra si cette vitesse de croissance se confirme où si c’est parce que les conditions du jardin de mon lieu de travail sont plus favorables. Tous les sols lui conviennent, dès lors qu’ils sont bien drainés. Attention, il n’aime pas être taillé sévèrement, tout juste une légère petite taille s’il devient trop haut. Réfléchissez donc bien à l’endroit où vous allez le planter pour ne pas être obligé de le tailler trop souvent. On peut planter l’arbousier en haies comme en isolé.

Les variétés

Arbutus unedo “compacta”, une variété naine qui peut se cultiver en pot. Arbutus unedo “rubra”, très résistant à la sécheresse.

L’arbousier est un petit arbre qu’on commence à trouver facilement en jardinerie, facile de culture, intéressant pour les abeilles, qui donne des fruits comestibles, qui est persistant et rustique….ça vaut le coup de l’essayer non ?

Planter un figuier

figuierPlanter un figuier dans son jardin, en pleine terre, ce n’est pas forcément évident dans le nord de la France. Pourtant, on en voit de très beaux spécimens, par ci par là, mais toujours dans des conditions très particulières, souvent le long d’un mur bien orienté. Le figuier est fréquent en Île de France, surtout en banlieue. Cependant, en terrain plus dégagé, il peut lui arriver de geler.

Sa rusticité

D’origine méditerranéenne, le figuier est plus ou moins rustique selon les espèces. Sa résistance maximale est de -15°C, au delà, les branches gèlent, mais il peut repartir du pied si la souche a été bien protégée. En fait, les jeunes figuiers sont peu rustiques : ils le deviennent en vieillissant. Je l’ai testé au Jardin d’épices : j’ai eu de jeunes figuiers qui ont gelé systématiquement jusqu’au sol plusieurs hivers de suite (mais redémarraient au printemps, de la souche), jusqu’à ce que je me décide à les protéger pendant un hiver ou deux….à partir de là, ils ont bien poussé sans regeler.

Figuier mâle ou femelle ?

La sexualité des figuiers est fascinante. D’abord, il faut savoir que la figue n’est pas un fruit, mais une infrutescence. Les figuiers qui donnent les figues comestibles sont appelés figuiers domestiques ou figuiers femelles. Mais il existe une autre catégorie de figuiers qui donnent des fruits qui ne mûrissent jamais, ils restent secs et sans goût, ce sont les figuiers mâles, encore appelés figuiers sauvages ou caprifiguiers (voir § les types de figuiers).

Vous avez pu remarquer que dans la figue il y a plein de petits grains…ce sont des graines, ce qui impliquent que les fleurs sont… à l’intérieur de la figue.

Les caprifiguiers produisent dans les figues des fleurs mâles et des fleurs femelles, jamais mâtures en même temps. Les fleurs femelles ne servent qu’à nourrir les larves d’un insecte, le blastophage. Ce dernier, une fois adulte, sort par le petit trou de la figue, et passe pour cela devant les fleurs mâles couvertes de pollen ; attiré par les fleurs femelles des figuiers femelles, le blastophage y entre par l’ostiole. Dans la figue, il dépose le pollen sur les fleurs femelles, qui s’en trouvent fécondées.

 

 

 

Les variétés

Pour le nord de la France, il faut planter un figuier rustique comme Blanche d’Argenteuil, Dalmatie, Pastillière, Longue d’août, Madeleine des 2 saisons et la plus rustique : Brown Turkey. Plantez toujours la variété qui correspond à votre zone de rusticité. Ici, je cultive en plein vent, Blanche d’Argenteuil (3 m de haut), Madeleine des 2 saisons (en plein vent, dans le verger, a dépassé 1,5 m de haut, donc ne gèle plus) et Sultane, le long d’un mur exposé plein sud (encore tout jeune).

Culture

Le figuier aime la chaleur, son aire de répartition, c’est le bassin méditerranéen, ne l’oubliez pas ! De nombreux types de sols lui conviennent, sauf les très acides. Il apprécie quand même les sols riches en humus, donc riche en nourriture. Il appréciera particulièrement le paillage en été qui lui gardera l’humidité qu’il apprécie et que ses racines trouvent dans son habitat sous les cailloux, les roches, les pierres…ou au bord des ruisseaux ! Dans nos régions, un mur orienté plein sud accroît sa rusticité et est un gage de réussite.

Plantez-le au printemps afin qu’il ait bien le temps de s’enraciner avant l’hiver. La plantation d’automne est à éviter dans nos régions : si l’hiver est froid, que la plante est trop jeune et insuffisamment enracinée, elle risque de ne pas s’en remettre.

La fructification

Il y a des variétés bifères et des variétés unifères.

Les unifères (étym : porte une fois) :  ils produisent leurs figues sur le bois de l’année, autrement dit sur les rameaux issues des bourgeons de printemps, les figues arrivent à maturité en fin d’été (Pastillière) mais pour beaucoup de variétés, dans le nord, elles ne sont pas encore mûres que le gel est déjà là ! A éviter donc.

Les bifères (étym : portent 2 fois) : les bourgeons émis en fin de saison restent dormant tout l’hiver et reprennent leur croissance au printemps suivant : 1ère récolte en été, en même temps que poussent des figues sur les rameaux de l’année, qui arrivent à maturité en automne. Si le gel est trop fort, la première récolte est compromise, il n’y aura que celle de l’automne. La 1ère récolte, celle d’été est celle des figues fleurs. La 2de, celle de fin d’été ou d’automne, est celle des figues vraies, ou figues fruits.

Les types de figuiers

Il existe 3 types de figuiers.

Le type dit “de Smyrne” : il s’agit de variétés unifères uniquement. Les figues ne sont produites que s’il y a pollinisation par le blastophage (voir encadré).

Le type dit  “San Pedro” : il s’agit de variétés bifères. La figue fleur n’a pas besoin de pollinisation. En revanche, s’il n’y a pas de fécondation des figues d’automne, les figues vraies.  Ces dernières avortent : pas de figues sans blastophages.

Le type commun : les variétés sont unifères ou bifères ; elles sont dites parthénocarpiques car les figues ne forment sans fécondation. Mais bien évidemment, toutes les graines produites sont stériles et ces figuiers (la majorité des espèces cultivées en France), ne pourront pas se reproduire de semis.

Pas simple le figuier n’est-ce pas ? Mais c’est vraiment un bel arbre et quand il réussit, un très bon arbre fruitier. La bonne nouvelle, c’est que quasi toutes les variétés qu’on trouve à la vente dans nos régions du nord n’ont pas besoin de fécondation pour produire des figues, c’est déjà ça ! Mais méfiez-vous des semis spontanés que vous pourriez être tentés de ramener du sud de la France, car s’il y a semis spontané, il y a eu fécondation : vous avez des chances de ramener un caprifiguier !

Zones de rusticité

Les zones climatiques

Pour savoir quelles plantes installer dans votre région, il est indispensable de connaître dans quelle zone climatique vous vous trouvez. D’une manière générale, en France, on considérait qu’il y avait le climat méditerranéen, le climat océanique et le climat montagnard. Ces indications étant parfois un peu trop vagues. C’est la raison pour laquelle on s’est mis à utiliser le système en usage aux Etats Unis, celui des zones USDA.

USDA, c’est pour “United State Department of Agriculture”.  En effet, c’est cet organisme d’état qui a créé les zones climatiques aux USA. L’objectif en était de mieux connaître le climat pour mieux cultiver. Le terme est resté, et on utilise le même système pour la France. On parlera de zones usda 6 ou 7, ou plus simplement de zone 6 ou zone 7.

A quoi cela correspond-il ?

Voici la carte de France selon ce système de découpage :

zone-rusticite-plante-vivace

Vous pouvez voir qu’une grande partie du pays est en zone 8. Cela qui ouvre beaucoup de perspectives pour la culture des plantes exotiques. Quelques bémols cependant, il faut tenir compte des particularités locales. Dans certains endroits, les conditions feront que bien qu’en zone 8, le climat réel subit par les plantes sera plus proche de la zone 7. Un endroit exposé au vent du nord ou un mur exposé plein sud, et ça change tout.

Ici, dans le sud de la Seine et Marne, de grandes étendues de cultures intensives nous environnent. Aussi, bien qu’en zone 8 selon les cartes, la température l’hiver peut descendre régulièrement à -15°C, ce qui nous placerait plutôt en zone 7.

 

Comment sont définies les zones de rusticité ?

En fonction de moyennes de températures :

La zone de rusticité de votre région

Évidemment, ces températures n’excluent pas les “accidents”. Les hivers exceptionnels, plus froids que les autres et qui font parfois beaucoup de dégâts, ça peut toujours arriver.

Il y a un autre élément très important à prendre en compte, c’est la vitesse du vent. Pour faire le lien entre vitesse du vent et froid, on parle de “froid ressenti”. Ressenti par nous, les humains, mais aussi par les animaux et les plantes. En regardant le tableau ci-après, vous allez vite comprendre l’intérêt de “couper” le vent qui souffle dans votre jardin, par des haies ou des massifs d’arbustes afin de protéger les plantes les plus frileuses, sinon…..et vous comprenez aussi pourquoi, selon les expositions on peut vite faire subir à ses plantes la rudesse d’un climat qui ne correspond pas toujours à la zone de rusticité dans laquelle on est censé être! Il faut donc regarder la carte, et prendre en compte le local !

 tempressentie

Et le contraire est aussi vrai : le long d’un mur exposé plein sud, on peut avoir les conditions qui correspondent à une zone de rusticité supérieure. A prendre en compte aussi : le sol! Vous pouvez être surpris de perdre une plante alors que l’hiver a été dans la norme de la zone de rusticité : la plante était censée supporter -10°C et il n’a pas fait moins de -5°C ! La raison est à coup sûr à chercher dans le sol, car c’est là qu’est l’autre ennemi des acclimateurs de plantes : l’humidité du sol associée au froid peut-être redoutable ! Le froid associé à l’humidité tue plus que le froid tout seul : pour les plantes comme pour nous, un froid sec est plus supportable qu’un froid humide.  [su_button url=”https://lejardindepices.fr/2015/02/11/rusticite-temperatures-et-microclimats/”]Pour aller plus loin…[/su_button]

Pour résumer : un sol drainant, un jardin protégé des vents froids, et des plantes adaptées à sa zone climatique et voilà,  à vous bananier, hédychiums, colocasia et autres belles exotiques….

Feijoa, goyavier du Brésil

feijoa jardin exotique jardin d'epices

Fleurs de feijoa

Voilà un joli petit arbre, ou plutôt gros arbuste, bien plus rustique qu’il n’y paraît. Installé au jardin depuis 6 ans, cette jolie plante au feuillage vert bleuté est étonnante. Me fiant aux commentaires qui la disaient rustiques à -15°C, elle a d’abord été plantée dans le verger, sur une parcelle assez fortement exposée au vent du nord et d’est (pas la meilleure place). Je l’ai laissé sans aucune protection car comme c’est censé devenir un petit arbre, il arrivera fatalement un moment où je ne pourrai plus la protéger. C’est comme ça pour les plantes difficiles à protéger : elles tiennent où elles y passent, sinon, ça peut vite devenir très compliqué (et pas question de construire une “cabane” de protection autour des plantes, ce n’est pas l’objectif. L’objectif c’est l’acclimatation !

Et bien ce vaillant petit feijoa (Feijoa sellowiana) a résisté à des hivers très froids, des pointes à -17°C, des journées complètes sans dégel. Il en a perdu toutes ses feuilles, mais à chaque fois il est reparti. Seul souci, en 4 quatre ans il n’avait grandi que de 2 cm. Il y a 5 ans, j’ai donc décidé de le changer de place (avant qu’il ne devienne trop grand), pour le mettre le long d’un mur, au sud. Et là, à cet emplacement chaud et baigné de soleil, il a triplé de volume en quelques mois ! Il fleurit régulièrement depuis 2 ans. Les fruits sont tombés en 2016, encore petits, mais en 2017,  ils ont bien tenu et sont devenus très beaux. Il y a eu une belle récolte en octobre dernier (2017).

Un peu d’histoire

Le feijoa doit son nom à un botaniste brésilien du nom de Feijo. Ce petit arbre, de la famille des myrtacées, porte de nombreux noms. Vous le trouverez sous le nom de Feijoa sellowiana, ou Acca sellowiana. Ses noms courants sont : goyavier du Brésil, goyage ananas, goyavier de Montevideo. Il est originaire des régions subtropicales de l’Amérique du sud. Il est cultivé tant pour ces fruits, très riche en vitamine B et C,  que pour ses fleurs très décoratives mais aussi comestibles. On l’utilise également comme brise vent dans certaines régions.

Culture

Feijoa, fruits, été 2017

Le feijoa est un petit arbre à  feuillage persistant (seules les fortes gelées le défolient) et peut mesurer de 3 à 6 m de haut. Il aime le soleil, la chaleur et les terres fertiles, riches en humus.  La floraison est plutôt tardive, bien après les dernières gelées, et la récolte des fruits se fait en  octobre / novembre. Il ne semble pas poser de problèmes de culture particuliers et pousse assez facilement dès lors qu’il se plaît.

Au jardin d’épices, il va atteindre 2 m de haut pour un bon 1 m 50 de large, il pousse vite et m’a convaincu : je vais en installer d’autres, ne serait-ce que pour favoriser la pollinisation et assurer une meilleure fructification (les variétés autofertiles citées ci-dessous, ne le sont souvent que partiellement, planter 2 pieds est plus sûr si vous voulez récolter des fruits).

Les meilleurs cultivars

Choisissez les variétés autofertiles (pas besoin d’autres plantes pour assurer la fructification : Coolidge, Mammoth, Unique ; on les trouve facilement en jardinerie.