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Une belle mexicaine, l’amicia

L’amicia est une belle plante ornementale, assez facile à réussir dans nos jardins. Son nom complet, c’est Amicia zygomeris. Réputée peu rustique, je la cultive ici depuis quelques années, sans gros soucis. Elle passe l’hiver sous un bon paillage, et elle rejaillit immanquablement tous les printemps. Son feuillage est très joli, tout comme sa floraison jaune, en été.

Un peu d’histoire

L’amicia est originaire du Mexique. Elle y pousse en altitude, le long des ruisseaux de nombreuses régions mexicaines. Elle appartient à la famille des fabacées, ce qui se déduit facilement dès que ces fleurs apparaissent. En effet, l’air de famille avec les fleurs de petits pois est indéniable. Cette plante a aussi une particularité, on dit qu’elle est nyctinastique. C’est un terme un peu compliqué pour dire que ces feuilles se referment pour la nuit, comme l’albizia ou certaines sensitives.

C’est une grande vivace arbustive qui peut atteindre 2 mètres de haut. Ici cependant, elle ne dépasse pas les 1,50 m.  Elle est rabattue par le gel tous les ans, mais redémarre de souche chaque printemps. Dans son pays d’origine, elle reste persistante et garde l’allure d’une gros buisson. Elle fleurit en août, avec de jolies fleurs jaunes, au milieu de bractées très colorées.

 

Culture

Floraison de l’amicia : fleurs jaunes et bractées pourpres

L’amicia zygomeris aime le soleil. La terre cependant doit restée bien fraîche. Aussi, elle apprécie de bons paillages en été. Sinon, si le soleil se fait trop ardu et si la sécheresse menace, il faut bien l’arroser. Pour l’aider à passer l’hiver sans encombre, un épais paillage est aussi le bienvenu. Je rajoute une petite bâche, en cas de froid intense ou de pluies trop importantes. Et elle revient, tous les printemps, avec une souche qui s’élargit, année après année.

Point de vue rusticité, on la dit rustique de -7°C à -10°C, selon les pépiniéristes. Ici, avec un bon paillage, elle a tenu à -10°C au thermomètre et -18°C en température ressentie. Je la cultive à l’abri des vents du nord et de l’est, au pied d’une grosse haie de lilas. Elle se comporte finalement comme une plante vivace dans nos régions soumises à des gels réguliers en hiver.

Le sol doit être très bien drainé en hiver, mais garder une certaine humidité en été. C’est pour cette raison que je mets une bâche sur le paillage en hiver, en cas de pluviométrie importante, pour que la souche reste le plus au sec possible.

Finalement assez facile…

Moi je l’aime beaucoup cette plante. Finalement, elle n’est pas très compliquée : du soleil, des paillages, une exposition protégée des vents froids. Elle est originale et ne passe pas inaperçue au jardin. Aspect exotique et étonnement des visiteurs assurés !

 

Réussir le mélianthus

Le mélianthus est une plante au feuillage magnifique, finalement assez facile à réussir en pleine terre. Réputée moyennement voire peu rustique, je la cultive ici depuis plusieurs années, avec succès. En cas d’hiver froid, elle gèle jusqu’au sol, mais redémarre toujours vigoureusement au printemps suivant. Elle n’a encore jamais fleuri, mais elle nous gratifie tout l’été de son beau feuillage, à l’odeur particulière et forte de beurre de cacahuètes.

J’ai mis du temps à lui trouver le bon emplacement, mais ça y est, je l’ai trouvé. Elle a en effet végété longtemps. Partout, on disait que c’était une plante vigoureuse, mais ce n’était pas du tout l’impression qu’elle me donnait. Elle poussait, certes, mais sans excès jusqu’à ce que je décide de la déplacer dans un endroit plus ensoleillé, au sol mieux drainé. Et là, elle s’est mise à décoller et à pousser vigoureusement.

En cet hiver 2019 assez doux, ses tiges n’ont pas gelé. C’est la première fois qu’elle n’est pas rabattue au niveau du sol. Est-ce le gage d’une floraison printanière et estivale ? On verra bien. Quoi qu’il en soit, avec son beau et grand feuillage, elle donne au massif dans lequel elle se trouve un aspect exotique indéniable.

Un peu d’histoire

Le mélianthus est originaire d’Afrique du sud. Là-bas, c’est une plante ligneuse, un arbrisseau. Ici, il est rabattu par le gel mais j’imagine que dans les régions les plus douces, il peut prendre un beau volume. Finalement, il se comporte ici comme une plante vivace non persistante. Il fait partie de la famille des mélianthacées, une famille presque exclusivement tropicale. Il fait des grandes fleurs pourpres en épis, en fin de printemps, très spectaculaires. Ses fleurs sont également très mellifères. Ce caractère lui vaut d’ailleurs en anglais le nom de Honey bush. Maintenant qu’il a trouvé son emplacement, peut-être daignera t-il fleurir ici aussi… Je croise les doigts.

Culture

Fleur de mélianthus

On le dit rustique à -5, -7°C, voire jusqu’à -10°C grand maximum. Ici, avec un bon paillage de la souche il résiste bien. Le plus froid qu’il a subit, c’est -10°C au thermomètre avec un ressenti de -18°C. C’était durant l’hiver 2018, en février. Il faut dire que le froid n’a pas duré et qu’il était bien paillée. Sinon, il faut le planter au soleil, dans une terre riche mais légère et très bien drainée, pour éviter la pourriture des racines en hiver. Je ne coupe pas ses tiges en automne, mais je paille quand même bien la souche. Pour l’instant, ce régime semble lui convenir.

Voilà une plante à l’aspect exotique, relativement rustique avec quelques précautions, qu’il est intéressant d’installer dans nos jardins. Si en plus elle y fleurit et fait le bonheur de nos abeilles, que demander de plus !

Cultiver le galanga

Rhizomes de galanga

Le galanga est une épice bien connue du sud-est asiatique, d’Indonésie et de Malaisie. Peu connue en Europe, on la trouve cependant régulièrement sur les étals de produits exotiques dans les supermarchés. On reconnaît facilement les rhizomes à leur couleur rose et rouge.

Le galanga fait partie du genre Alpinia, et appartient à la famille des zingibéracées, comme le gingembre.

Cet article traite de deux espèces de ces alpinias que je cultive ici, sur le Jardin d’épices. Le grand galanga (Alpinia galanga), qui est l’épice proprement dite, la plus connue et facile à trouver. Le petit galanga, (Alpinia officinarum), lui est autant une plante médicinale qu’une épice. Ses vertus sont nombreuses et on l’utilise aussi beaucoup dans la cuisine asiatique. Il est aussi beaucoup plus difficile à trouver…

Le grand galanga

Alpinia galanga – grand galanga, en fleur

Il ressemble comme deux gouttes d’eau aux hédychiums. Par le feuillage, il est difficile de les différencier, en tout cas, moi, j’ai du mal. La plante peut atteindre 1 à 1,5 m de hauteur, voire plus. Les conditions de culture sont les mêmes que pour les hédychiums. Contrairement aux autres alpinias qui ne fleurissent que sur des tiges âgées de 2 années, le galanga peut fleurir tous les ans. Ces fleurs sont de grands panaches de fleurs jaunes pâles. On le dit rustique à -10°C, ce qui l’amènerait à une rusticité équivalente à celle de certains hédychiums. Cette rusticité le rend cultivable en pleine terre jusqu’ici, en Seine et Marne, en situation abritée.

Pour l’instant, je le cultive en pot, pour le renforcer et avoir suffisamment de pieds pour pouvoir le tester en pleine terre. On peut tenter d’en obtenir en plantant des rhizomes achetés en supermarchés mais possédant de gros bourgeons bien marqués à la base (comme on peut le voir sur la photo du haut). La germination peut parfois être un peu longue et fastidieuse, mais une fois partie, la plante pousse vite.

Personnellement, j’adore le parfum un peu citronné et épicé du galanga. Râpée, sa racine fraîche parfume bien tous mes plats d’inspiration asiatique. On l’utilise comme on utilise le gingembre en fait.

En pot, c’est une plante facile. Je prévois de commencer les essais en pleine terre à partir de 2019.

Le petit galanga

Alpinia officinarum – Petit galanga

Celui-ci est originaire de Chine. On l’appelle aussi “galanga camphré”. Cela en dit long sur son parfum qui est assez fort, piquant et poivré. Plus âpre, en Europe on le préfère en plante médicinale, utile pour les maux de gorges, la digestion. Il est aussi anti-virale et est efficace contre les nausées. En Indonésie, Malaisie et Asie du sud-est en général, on l’utilise beaucoup dans la cuisine, autant que son cousin de grande taille.

Plus petit que le grand galanga, il ne dépasse pas les 1 m de hauteur. Son feuillage est aussi très proche de celui des hédychiums. Ses fleurs sont plus colorées, de rose et de blanc. Mais je l’ai depuis plusieurs années et pour l’instant, il n’a toujours pas fleuri. Son rhizome est plus sombre que celui du grand galanga. Sa rusticité semble similaire à celle de son grand cousin. Lui aussi sera testé en pleine terre à partir de 2019.

Culture

Grand et petit galanga, apprécient les situations mi-ombragées. Le plein soleil leur brûle les feuilles. Ils aiment les sols riches et souples mais bien drainés. Si vous les tenter en pleine terre, protégez les d’une bâche isolante. L’excès d’humidité hivernale risque de les faire pourrir, même si le gel est modéré. Bien sûr, le gel, aussi petit soit il ne doit pas atteindre leurs racines. Comme toutes les zingibéracées, ils apprécient de copieux arrosages pendant leurs périodes de croissance estivale. Pour l’instant, ils passent l’hiver en véranda non chauffée, où ils restent persistants.

Voilà deux nouvelles épices à tester au jardin ou à cultiver en pot. Vous devriez pouvoir trouver leurs rhizomes dans les magasins qui vendent des légumes exotiques. Sinon, sachez que de nombreux pépiniéristes les proposent à la vente. Elles sont faciles à cultiver, simples à utiliser, bonnes pour la santé, et en plus, elles apporteront de nouvelles saveurs dans votre assiette !

Le jicama, un curieux légume

Le jicama, voilà un légume bien curieux. Originaire du Mexique (où jicama se prononce “hi-cama”), il appartient à la grande famille des fabacées, comme le pois et la fève. Sa floraison est suivie de gousses remplies de graines mais, celles-ci ne sont absolument pas comestibles. Aucune partie aérienne de la plante ne l’est.  Ce qui est comestible, ce sont les tubercules qu’elle produit en abondance. Ils ont la forme de gros navets, parfois un peu cabossés.

Très populaire en Amérique Centrale, il est aussi cultivé en Asie. On le connaît également aux Etats-unis et au Canada, où il est très consommé par les adeptes des régimes crudivores ou véganes. Il faut dire que c’est un légume excellent pour la santé…

Un peu d’histoire

Son nom scientifique est un peu barbare : Pachyrhizus erosus. On l’appelle aussi “pois patate”, ou “patate cochon”. Ce légume est cultivé au Mexique depuis des siècles par les amérindiens. Les aztèques le consommaient couramment, et utilisaient ces graines pour leurs vertus médicinales. Ce sont les espagnols et les portugais qui le diffusèrent en Asie, en encourageant sa culture dans leurs divers comptoirs et colonies. On en trouve aussi d’autres variétés en Amazonie, Pachyrhizus tuberosus notamment, qui produit des tubercules beaucoup plus volumineux.

On commence à le trouver sur les étals des supermarchés. Si vous en voyez, n’hésitez pas, ne serait-ce que pour y goûter et, si cela vous plaît, en faire germer un tubercule pour le planter au potager.

Cependant, si vous cultivez des plantes pour la consommation des feuilles pendant l’été comme la baselle ou l’anredera, pensez à les éloigner de votre jicama. Toutes ces plantes étant assez volubiles, il faut éviter la confusion au moment de la récolte des feuilles (bien qu’elles soient assez différentes, mais on ne sait jamais). En effet, comme je l’ai dit plus haut, toutes les parties aériennes du jicama sont toxiques.

Culture

Le jicama est une plante vivace non rustique. On le cultivera donc chez nous comme une annuelle. Il produira moins que sous les Tropiques, mais on peut quand même avoir une récolte acceptable sous nos climats. Pour cela, il faut le planter en plein soleil, dans la partie la plus chaude du jardin, dans un sol riche. Il faudra aussi bien l’arroser et lui installer des rames, comme pour les haricots grimpants. On peut récolter les graines pour les faire germer au chaud en hiver et les repiquer en mai, dès que le sol sera bien réchauffé. Vous pouvez aussi garder un tubercule qui germera comme une pomme de terre. Vous le laisserez se développer en pot tout l’hiver avant de le replanter au printemps.

On récolte les tubercules avant les gelées.  Si les conditions de culture ont été bonnes, la récolte le sera aussi. Mais, le jicama est une curiosité intéressante qui ne réussira peut-être pas dans tous les jardins.

Consommation

La texture du jicama est proche du navet, son goût  proche de la pomme. Sa chair croquante est douce et agréable. On peut le consommer cru ou cuit, dans des recettes sucrées ou salées. Dans tous les cas, il faut bien l’éplucher car sa peau n’est pas comestible. Riche en eau, sa valeur calorique est faible, mais sa valeur nutritive est très intéressante. Il est riche en fibre, en vitamines (C notamment), en anti-oxydants. Il contient des substances qui favorisent l’assimilation du calcium, qui boostent le système immunitaire et qui entretiennent la bonne santé du système digestif. Riche en potassium, il protège le système cardiovasculaire.

Voilà donc un nouveau légume potentiellement intéressant pour les jardins les mieux exposés. Bon pour la santé, ça vaut le coup de l’essayer et peut-être, s’il pousse bien chez vous, de l’adopter !

Cultiver du ginseng

Cultiver du ginseng est possible jusque dans le nord de la France. Contrairement à l’idée que beaucoup s’en font, le ginseng n’est ni une plante tropicale ni une plante à l’aspect exotique. Elle n’est exotique que par son origine, le nord de l’extrême Orient. Il existe aussi des espèces de ginseng qui viennent d’Amérique du Nord.

Son nom complet est Panax ginseng. Panax, c’est un mot grec qu’on retrouve dans “panacée”, qui signifie “qui guérit tous les maux”. Le décor est planté, le ginseng est réputé guérir tous les maux. Rien que pour ça, cela vaudrait le coup qu’il soit cultivé dans tous les jardins ! Justement, ça tombe bien, si on respecte certaines conditions, sa culture n’est pas très compliquée. Voyons donc ça un peu plus en détail…

Un peu d’histoire

Connu depuis la plus haute antiquité en Asie, c’est une plante de sous-bois frais. C’est une vivace qui ne dépasse pas les 50 cm de haut, dans le meilleur des cas. Elle appartient à la grande famille des araliacées. Son nom vient du chinois,   “renshen”, qui signifie “Homme Racine”. En effet, en vieillissant, sa racine prend une allure qui ressemble vaguement à un tronc humain, avec des jambes, parfois aussi des bras. La Corée, où on l’appelle “insam”, est réputée produire le meilleur ginseng. Mais on utilise aussi beaucoup la variété nord américaine, Panax quinquefolius. Considérée comme une “racine de longue vie” en Chine, sa consommation était réservée aux empereurs.

Il faut un minimum de 6 années de culture avant de récolter la racine. Cela explique son prix très élevé. Dans la nature, il se raréfie, mais il est cultivé de manière intensive en Corée et en Chine, depuis le XVIe siècle. Sa culture n’est pas compliquée, mais elle est longue, c’est le revers de la médaille.

Culture

C’est une plante forestière de sous-bois, frais, riches en matières organiques. Elle déteste les terres lourdes et préfère les sols légers et acides. Le ginseng est rustique à -15°, voire -20°C à condition que le sol draine bien en hiver. Il supporte assez bien la sécheresse estivale, mais il est préférable de l’arroser si le sol est vraiment sec en été. Il faut prévoir un sol profond pour qu’il forme de belles racines. Une fois ces conditions réunies, il pousse tranquillement, ce n’est pas un pressé. Il est caduc et passe l’hiver sous un épais tapis de feuilles. Il fleurit en ombelles blanches en fin d’été. A ses fleurs succèdent de petites baies rouges.

La germination est très longue et fastidieuse, mieux vaut l’installer en plant. Il se repique dans ce cas en mars. De nombreux pépiniéristes proposent désormais des jeunes plants, à des prix tout à fait corrects.

Vertus médicinales

Selon l’âge de sa racine, il ne porte pas le même nom, et ses vertus diffèrent. Âgé de 4 à 6 ans, on parle de “ginseng blanc”. On l’utilise alors après l’avoir épluché et séché au soleil. A partir de 6 ans, on l’appelle “ginseng rouge”. Là, il est d’abord cuit à la vapeur avant d’être séché. Le rouge a un effet dynamisant, le blanc un effet apaisant.

Pour ses vertus, la liste est longue. Il est neuro-protecteur, antioxydant, stimulant du système immunitaire, adaptogène… Il contient des stérols, des vitamines C, B, E, et quantité d’oligo-éléments. Bon, je ne m’attarde pas sur ses vertus médicinales car cela serait trop long et cela dépasserait le cadre de cet article. Mais sachez que vous pouvez bénéficier de ces puissantes vertus en tisane, après l’avoir fait sécher. Il faut juste qu’il n’y ait pas urgence. Je vous en reparlerai sûrement dans quelques années…

Si j’ai fait un article sur cette plante, c’est d’abord parce que c’est une curiosité qui fait son effet au jardin et qu’il est intéressant de savoir qu’elle est cultivable en France. Mais c’est ensuite parce que c’est une curiosité exotique, un peu mythique, aux très nombreuses vertus. Et c’est toujours intéressant de cultiver ce genre de plantes, nul ne sait comment nous devrons nous soigner demain…

Cultiver du poivre du Sichuan

Cultiver du poivre, est-ce possible en France métropolitaine ? La réponse est à la fois oui et à la fois non, tout dépend de quoi on parle. Si on parle du poivre classique, vert, noir ou gris que vous utilisez tous les jours, alors là, la réponse est franchement non. Ce poivre-là (Piper nigrum) est strictement tropical. Même en pot, il semble difficile à cultiver chez nous ou, tout du moins, à conserver. Même si vous arrivez à le faire pousser, obtenir une récolte  est très peu probable : il craint les courants d’air, l’eau calcaire, le froid…

Cependant, il existe un autre type de poivre, qu’on trouve aussi dans le commerce, aux rayons des épices. Il s’agit du poivre du Sichuan. Le nom latin de cette plante est à coucher dehors : Zanthoxylum piperitum. Malgré ses origines lointaines, le poivrier du Sichuan pousse très bien chez nous. Il est aussi très rustique.

Un peu d’histoire

Le Sichuan est une province chinoise, au climat subtropical. Le poivrier du Sichuan y est cultivé depuis des siècles. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, il n’est pas de la famille du vrai poivre, mais de celle des rutacées, comme les agrumes. Il est très cultivé au Japon, au Vietnam et en Chine bien sûr. C’est Marco Polo qui l’aurait ramené de ses voyages. Il fut fort à la mode au 13ème siècle, où il fut très utilisé dans la cuisine vénitienne. Ensuite, il tomba peu à peu dans l’oubli avant d’être redécouvert au 19ème siècle par les botanistes. Les cuisiniers occidentaux, eux, le remettent à l’honneur dans leur cuisine depuis la fin du 20ème siècle. Bien sûr, cette éclipse européenne ne fut qu’européenne. Le poivrier du Sichuan fut sans cesse cultivé en Asie et l’épice qu’il fournit agrémente la cuisine chinoise, japonaise, népalaise depuis des siècles, sans interruption. Cette épice est parfois appelée “clavalier”. Elle entre dans le fameux mélange “Cinq épices”, bien connu en gastronomie.

Contrairement au poivre commun, ce ne sont pas les graines qu’on utilise, mais l’enveloppe des graines.  Il  pousse vite et peut atteindre 5 m de haut. En automne, son feuillage prend des couleurs magnifiques.

Culture

Le poivrier du Sichuan est très rustique. On le dit tenir jusqu’à -20°C sans problème, ce qui en fait une plante acclimatable en zone 6. Il apprécie les situations bien ensoleillées, dans un sol drainant et riche. Bien rustique au froid, il supporte la sécheresse une fois installé. Cependant, il ne doit pas manquer d’eau ses deux premières années. Il faut qu’il s’installe. Il se ressème souvent spontanément, de manière abondante.

Récolte

Une fois installé, l’arbre produit au bout de 3 à 4 ans. Les baies se récoltent à l’automne, quand elles sont bien rouges et que les  graines noires commencent à apparaître. Pas toujours facile à récolter à cause de ses nombreuses  épines, on peut mettre un grand drap à son pied et gauler les branches. On secouera bien de toute façon, car les graines ne sont pas consommables. Seuls les péricarpes (enveloppes des fruits) le sont. Mais c’est souvent à la main, avec de bons gants qu’on les récolte.

On fait sécher les péricarpes une nuit et on les conserve dans des boîtes hermétiques. La saveur est forte et piquante et on peut utiliser l’épice comme le poivre, en la broyant dans un moulin.

Voilà donc une nouvelle épice originale à accueillir au jardin !

Réussir la verveine citronnelle

La verveine citronnelle est facile à cultiver en pot, elle est plus difficile à conserver au jardin en pleine terre. La verveine citronnelle est une plante exotique semi-rustique, à ne pas confondre avec la verveine officinale (Verbena officinalis) qui pousse spontanément en Europe. On la trouve sous deux appellations latines : Aloysia triphylla ou Lippia citriodora. Cette plante est originaire d’Amérique du sud, où on la trouve du Pérou à l’argentine.

Son feuillage est délicieusement parfumé et elle fait en fin de saison des bouquets de petites fleurs blanches. Dans les régions où il ne gèle jamais, elle forme un petit arbuste de 2 à 3 m de hauteur.

Un peu d’histoire

C’est à la fin du 18ème siècle que la verveine citronnelle est arrivée en Europe, d’abord en Espagne. On commença à la cultiver au jardin botanique de Madrid. Des naturalistes français parvinrent aussi à en ramener en France. Très vite, la plante  sera cultivée dans toutes les régions au climat doux, où elle passe les hivers sans problème. Au Pérou, elle entre dans la composition d’une boisson très prisée, l’Inca Cola.

Culture

Fragile de par ses origines, la verveine citronnelle se cultive très bien en pot. Ainsi, on pourra l’abriter dès l’arrivée des frimas. On peut aussi tenter la culture en pleine terre dans les régions plus froides. Il faudra alors prendre un certain nombre de précautions. On la considère rustique jusqu’à -5°C, grand maximum. Au Jardin d’épices, j’en cultive un pied depuis plusieurs années. Il est planté le long d’un mur plein sud. Tous les automnes, je coupe la plante au ras du sol et je la paille abondamment, avec une bâche par dessus pour limiter l’humidité hivernale, si fatale à de nombreuses plantes. Au printemps, elle repart vigoureusement de la souche. Il lui faut un sol bien drainé pour espérer la conserver au jardin. Je ne l’arrose jamais, sauf en cas de grosses chaleurs. En fin de saison, elle atteint 1m à 1,5 m de haut.

Sur certains sites, on la dit rustique à -18°C !!! J’ai perdu suffisamment de pieds avant de lui trouver la bonne place, que je peux vous dire que c’est absolument faux ! Cette plante est tout juste semi-rustique, en tout cas dans mon jardin. Et même protégée, des hivers un peu méchants peuvent lui être fatales.

Elle fleurit tous les ans mais ne donne pas de graines ici. Bien sûr, elle fournit à profusion de délicieuses feuilles au parfum citronné, qu’on peut utiliser en tisanes ou en cuisine. Les feuilles se sèchent très bien et se conservent longtemps tout en gardant leur parfum. On en fait des infusions digestives ou calmantes. On peut également la mêler aux salades de fruits, aromatiser des yaourts, etc.

Où la trouver ?

On la trouve très facilement dans toutes les jardineries.

La verveine citronnelle est un peu difficile à conserver (sauf en pot), mais le parfum de ses feuilles vaut qu’on s’essaye à sa culture. Si vous avez un endroit bien abriter dans votre jardin, ou si vous habitez en ville où il fait un peu plus chaud en hiver, alors n’hésitez pas !

Le bouquet du Cachemire : Clerodendron bungei

Le bouquet du Cachemire, de son vrai nom Clerodendron bungei est un arbuste très intéressant pour les jardins du nord. On le voit rarement pourtant, il est rustique et facile à cultiver. Il est installé au Jardin d’épices depuis quelques années maintenant, ce qui permet d’avoir un bon retour d’expérience sur sa rusticité. Même si le très froid hiver 2012, l’avait rabattu au niveau du sol, il n’en était pas mort. Au printemps suivant, il était reparti vigoureusement. Aujourd’hui, il atteint les 2 m de hauteur et nous gratifie de sa floraison très parfumée d’août à septembre.

Un peu d’histoire

Le clérodendron est originaire de l’Asie tropicale. On le trouve des contreforts de l’Himalaya en Inde jusqu’à Taiwan en passant par le sud de la Chine et le Vietnam. Autrefois classé dans la famille des verbénacées, il fait aujourd’hui partie de celle des lamiacées. Le genre Clerodendron regroupe de nombreuses plantes, poussant toutes sous les Tropiques. Deux espèces sont acclimatables chez nous : notre Clerodendron bungei et le Clerodendron trichotonum.

Vu de loin, le bouquet du Cachemire ressemble à un gros hortensia. Son feuillage, plus grand, le rend particulièrement exotique. Ses feuilles ont une odeur particulière et assez désagréable quand on les touche : elles sentent le caoutchouc brûlé. Cette caractéristique lui vaut aussi le nom de clérodendron fétide. Ses fleurs, par contre, sentent divinement bon, et sont très appréciées des papillons et des insectes butineurs en général. Elles sont tardives et apparaissent ici à partir du mois d’août. Des petits fruits bleutés leur succèdent parfois, mais je n’en ai encore jamais vus. C’est une espèce assez drageonnante, mais qui reste gérable, en tous cas, ici.

Culture

Notre clérodendron apprécie les sols riches qui gardent la fraîcheur en été. Les épais paillages sont donc bienvenus. Ici, il pousse bien à la mi-ombre. Il pousse aussi très bien au soleil, mais dans ce cas, il arrive que le soleil brûlant dessèche les fleurs avant leur épanouissement. Il est arrivé aussi qu’il fasse triste mine à la fin d’une journée de canicule. Un bon arrosoir d’eau résolvait le problème. Il ne faut pas oublier ses origines, les Tropiques humides. Du coup, même si quelques pieds sont au soleil, je le laisse davantage proliférer à la mi-ombre où il est plus beau.

Si vous avez un peu de place, accueillez-le sans modération pour profiter de son parfum et de son aspect très exotique.

Où le trouver

On le trouve généralement facilement en jardinerie. Il est préférable de le planter au printemps, afin qu’il soit bien installé pour affronter son premier hiver.

Le lilas des Indes

lilas des Indes, le jardin d'épices Laurent Lafaille

Lagerstromia Périgord pourpre

Le lilas des Indes, nom courant pour le Lagerstromia indica, est un arbuste magnifique qui réussit bien en Île de France. Il est très courant dans le sud ouest de la France, mais on le trouve de plus en plus dans de nombreuses régions. Ici, au Jardin d’épices, on en cultive plusieurs depuis quelques années sans problème. Même des hivers particulièrement froids n’ont pas eu raison d’eux, et ils ont fleuri l’été d’après comme si de rien n’était. Ils fleurissent à partir du mois d’août, jusqu’en septembre et c’est à chaque fois un spectacle magnifique. Leur floraison rappelle le lilas, certes, mais dans des couleurs beaucoup plus vives, et sans le sublime parfum.

Ce bel arbuste a d’autres beaux atouts : son feuillage prend de magnifiques couleurs en automne. Son écorce est aussi très belle, avec diverses nuances de cannelle et de gris.

Un peu d’histoire

Le lilas des Indes, comme son nom ne l’indique pas, est originaire de Chine. Sa culture s’est ensuite répandue en Corée, au Japon et en Inde. C’est de là qu’il a été introduit en Europe au milieu du 18ème siècle par le botaniste Magnus van Lagerström, d’où son nom scientifique. Le lilas des Indes est capable de survivre à des froids assez vifs. En fait, on dit de lui que plus il vieillit, plus il résiste au froid ! On le considère généralement rustique à -15°C, mais ici, il a tenu à une pointe à -17°C en 2012. Il s’agissait là d’une température ressentie (voir article ici). Aujourd’hui, les pépiniéristes proposent des variétés adaptées à tous les climats, toutes les expositions. Pour obtenir ces belles variétés, ils ont hybridé différentes espèces de lagerstromias. Certains cultivars comme L. “Jacqueline Desmartis”, résistent jusqu’à -20°C.

Culture

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Lagerstromia rose

Le lilas des Indes aime le soleil. S’il pousse bien à mi-ombre, il y fleurit assez mal, comme j’ai pu le constater. Sur quatre arbustes de couleurs différentes, seuls les deux placés en plein soleil fleurissent systématiquement tous les ans. J’ai d’ailleurs déplacé les deux autres, en espérant que cette nouvelle situation très ensoleillée les fera fleurir l’année prochaine. Les lagerstromias apprécient aussi les terres riches et fraîches, mais surtout bien drainées. Mieux ce sera drainé, mieux ils passeront l’hiver. Une fois bien installés, les lilas des Indes poussent vite, pour devenir rapidement des petits arbres de 4 à 6 m de haut. Il existe aussi des variétés naines.

La meilleure période de plantation, c’est la fin d’été et le début de l’automne,  si vous êtes dans une région pas trop froide en hiver. Sinon, il vaut mieux attendre le printemps. Il faut bien arroser la première année, ensuite, les lilas des Indes supportent assez bien la sécheresse. Ici, je ne les arrose jamais (sauf l’été qui suit la plantation). Il paraît qu’ils se bouturent très bien en fin d’été, mais je ne ai pas tenté, pas encore…

Voilà donc un arbuste à utiliser sans modération si vous avez une petite place au soleil dans votre jardin. On le trouve maintenant dans toutes les jardineries et le choix est vaste…

Les impatiens rustiques

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Impatiens balfouri

Les impatiens rustiques sont des plantes très intéressantes pour fleurir les coins ombragés du jardin où on se demande toujours quoi mettre. On connaît les petites impatiens annuelles très vendues dans les jardineries au printemps, mais on connaît moins les impatiens rustiques, qu’elles soient annuelles ou vivaces. Ce sont de bonnes plantes à essayer et à adopter : elles sont à la fois belles, originales et fidèles tous les ans. On commence à les trouver facilement et nul doute que dans les années à venir, de nouvelles espèces seront proposées pour égayer nos jardins.

Les impatiens annuelles rustiques

Elles sont plus connues que les vivaces. Il s’agit principalement de Impatiens balfouri, haute jusqu’à 1 m et qui se couvre toute la saison de jolies fleurs roses. Sa floraison est abondante comme ses semis naturels. Elle se gère cependant très facilement au jardin. L’autre impatiens annuelle c’est Impatiens glandulifera, qui forme un buisson pouvant atteindre 2 m de hauteur. Ses fleurs sont plus grosses et les colories peuvent aller du blanc au rose foncé. Elle aussi se ressème très facilement.

Les impatiens vivaces rustiques

Les impatiens rustiques comptent aussi des vivaces, moins connues mais tout aussi intéressantes. Voici celles qui sont installées au jardin depuis ce début d’été : l’Impatiens arguta “Blue dream”, hauteur jusqu’à 1 m, fleurs bleues ; l’Impatiens uniflora, hauteur jusqu’à 50 cm, fleurs roses ; l’Impatiens omeiana “Ice storm”, hauteur jusqu’à 20cm, fleurs jaunes ; et enfin, l’ Impatiens qingchanganica “Emei dawn”, hauteur 20 cm, fleurs roses. Elles sont encore en fleurs en ce début septembre tout l’été sauf I. Omeiana qui commence tout juste sa floraison.

Bien sûr, il y a sûrement d’autres espèces intéressantes, tout un monde qui reste à explorer…

Impatiens arguta

Impatiens arguta

Culture

Les impatiens ont quasi toutes les mêmes besoins, à savoir une terre fraîche gardant bien l’humidité en été, en situation ombragée ou mi-ombragée. Pour les impatiens rustiques vivaces, il faut aussi que le sol reste bien drainé en hiver. Les annuelles ne posent pas de problème pour se renouveler, leurs graines sont rustiques à nos hivers. Pour les vivaces, elles sont rustiques au moins jusqu’à – 15°C, au delà avec un bon paillage.

Où les trouver ?

Chez le pépiniériste “Plantes exotiques et tropicales”, entre autres ; voir les bonnes adresses.