Archives de catégorie : Ambiance Méditerranéenne

Créer un jardin sec

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Les caractéristiques d' un jardin sec

Pour créer un jardin sec, il va falloir choisir l’endroit de votre jardin le plus exposé au soleil et le mieux drainé. Le jardin sec s’inspire de ce qu’on peut trouver dans les zones tropicales sèches qui peuvent pour certaines connaître une saison des pluies, mais qui sont globalement, plutôt désertiques : il y fait chaud (mais parfois froid la nuit), il  y pleut rarement, ce qui ne correspond pas du tout au climat du nord de la France. Pour réussir, il va falloir ruser et utiliser de petites techniques qui vont permettre d’accentuer le drainage du sol. Il faudra aussi sélectionner les plantes qui supportent le mieux l’humidité hivernale et à défaut, les protéger de la pluie car comme toujours, c’est l’association humidité + froid qui est redoutable et pas toujours le froid en lui-même.

Pour réussir 

Alors comment faire pour réussir son jardin sec ? D’abord, comme son nom l’indique, le jardin sec doit être….sec !! Le plus possible.

Sélectionnez soigneusement vos plantes, choisissez les plus rustiques (voir zones de rusticité pour déterminer votre zone) et si possible celles qui supportent le mieux l’humidité hivernale. Les spécialistes de ce genre de plantes le précisent souvent. Le drainage devra être parfait en hiver. Dans le nord de la France, un massif type rocaille, permettra de planter au dessus de la surface normale du sol, ce qui accentuera le drainage. Des pierres et des rochers, voire un sol couvert de gravier entre les plantes, permettront de capter la chaleur du soleil et de la restituer durant le nuit, même l’hiver. Pour les plus sensibles à l’humidité, une protection contre la pluie sera peut-être nécessaire.

Dans les trous de plantations, ajoutez cailloux, sables et graviers. 

A éviter

A éviter absolument : les sols gorgés d’eau en hiver. D’une manière générale, les sols lourds et argileux ne sont pas adaptés pour créer un jardin sec. Si votre sol n’est pas adapté, modifiez-le !

Exposition 

Plein soleil. La culture sur des ados (pentes) plein sud sera un gage de réussite. Un talus surélevé et pentu orienté plein sud crée un microclimat très favorable (voir article : créer des microclimats).

Finalement, une belle rocaille bien exposée présente des conditions assez favorable pour installer les plantes typiques d’un jardin sec.

Organiser le massif

Une fois que vous avez identifié l’emplacement de votre jardin méditerranéen, sur un talus naturel ou que vous en avez créé un artificiel, il ne reste plus qu’à installer vos plantes. Mettez les plus grosses plutôt au centre et organiser les plus petites autour. Pensez surtout aux épines des certaines : agaves, opuntias, yuccas. Elles peuvent être redoutables et dangereuses, pour vous, des enfants, des animaux domestiques. Eloignez ces plantes le plus possibles des allées. Gardez pour les bordures, les sedums, les sempervirums, les delospermas….si quelqu’un devait tomber dessus, en trébuchant dans l’allée, son premier réflexe sera d’étendre la mains…autant qu’elle ne s’empale pas sur un cactus. Pensez aussi aux personnes qui vont déambuler en short ou en jupe autour de votre massif pendant les mois d’été…un simple effleurement peut être redoutable !

Créer un jardin méditerranéen

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Un peu de Méditerranée dans le nord…

Un jardin méditerranéen peut paraître difficile à reproduire dans le nord où les conditions climatiques estivales sont très différentes.  Toutes les plantes sélectionnées ici sont celles qui supportent bien la sécheresse (donc les manques éventuels d’arrosage). Bien sûr, beaucoup de plantes utilisables pour un jardin à ambiance tropicale pourraient être utilisées ici (dès lors qu’il y a de l’eau, tout pousse dans un jardin méditerranéen), mais j’ai sélectionné les plantes les plus évocatrices de cette zone climatique. Il va falloir bien veiller au drainage et sélectionner les plantes les plus rustiques. Cependant, il reste possible de créer un jardin avec une vraie ambiance méditerranéenne et les conseils de cette page vont vous y aider.

Pour réussir 

Pour créer un jardin méditerranéen, le plein soleil est indispensable : c’est une évidence,  les plantes qui vont contribuer à donner à vos massifs un air de Côte d’Azur aiment la chaleur et le soleil. Si certaines peuvent apprécier les apports d’engrais (eucalyptus, lauriers roses), ce n’est pas le cas pour toutes les aromatiques qui en seraient fragilisées (romarin, lavande, thyms…). N’hésitez pas à surélever vos massifs pour accentuer l’effet de drainage. Associez également des roses et des plantes à feuillage tapissant.

A éviter 

La même chose que pour les plantes donnant une ambiance tropicale : les sols gorgés d’eau en hiver qui associés au froid (et les gelées dans le nord peuvent être redoutables) peuvent provoquer la mort des plantes. dans le nord, ça ne ressuie pas comme dans le sud (Voir article sur le sujet) ! Les terres lourdes et argileuses sont un problème pour beaucoup de ces plantes. Pour drainer et alléger votre sol, apportez cailloux, graviers, sable, mélangés à la terre avec du terreau lors de la plantation. Attention, certaines plantes méditerranéennes apprécient les sols acides, c’est le cas des eucalyptus, des callistémons, des mimosas…

Exposition 

Soleil, soleil ! Exposition plein sud de rigueur ! 

Organiser le massif ?

Installez arbres et arbustes plutôt au centre, et tout autour, installez les lavandes et les autres aromatiques. N’éloignez pas trop les rosiers du bord des allées et des chemins, on aime tous se pencher sur une rose pour sentir son parfum.

 

Un callistémon rustique ?

Callistemon, roses et lavandes le jardin d'épices

Callistemon, roses et lavande

Un callistémon rustique, est-ce possible pour l’Île de France ? Encore appelé “rince-bouteille”, c’est une plante étrange et originale, originaire d’Australie. Il en existe plusieurs espèces et cultivars, à la rusticité variable.

J’en ai installé un au jardin, acheté sur un coup de cœur en jardinerie, avec l’idée de profiter de sa floraison puis, peut-être, de le perdre à la faveur d’un l’hiver plus rigoureux que les autres… Mais j’en profite depuis maintenant 3 ans ! Planté le long du mur de la maison exposé plein sud, entre un rosier et un Hibiscus syriacus, ce callistémon pousse tranquillement ; cette année, il a même fleuri très abondamment. Il s’agit d’un Callistemon viminalis. Ce dernier est rustique jusqu’à -10 à -12°C, grand maximum. Un gros hiver me l’emportera donc sûrement. Cela dit, sa superbe floraison m’a amené à anticiper cette perte en faisant des recherches sur les callistémons rustiques pour en installer quelques un au printemps prochain.

Les plus rustiques
  • Callistemon rigidus (-14 à -15°C) : gros buisson de 1,5 m de haut et de large, il fleurit en rouge écarlate, en juin/juillet,
  • Callistemon salignus (-14 à -15°C) : jusqu’à 2,5 m de haut, il fleurit en jaune pâle, en mai/ juin.
Un peu moins rustique, quoique…
  • Callistemon viridiflorus (-12 à 15°C) : 1,5 m de haut et de large, floraison jaune,
  • Callistemon pityoïdes (-12 à 15°C) : 1 de haut et de large, floraison jaune citron.

Pour ces deux là, c’est le drainage qui fera la différence : plus la terre drainera bien en hiver, mieux ils résisteront au froid. Nous voilà déjà avec quatre callistémons potentiellement rustique à -15°C, pas mal non ?

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Callistemon rigidus

Les moins rustiques
  • Callistemon pallidus (-11 à 14°C) : 4 m de haut pour 3 de large, fleurit en jaune,
  • Callistemon citrinus (-12 à -13°C) : 1,5 m à 2 m de haut (rouge, rose ou pourpre),
  • Le Callistemon acuminatus (-12 à 13°C), lui, fait 1,5 à 2 m de haut (rose ),
  • Callistemon violaceus ( -12 à 13°C) : 1,5 m de haut (rouge),
  • Callistemon laevis (-10 à -12°C) : 1 à 2 m de haut (rouge),
  • Callistemon viminalis (-8 à -10°C) : variable en taille et en couleur selon les cultivars. C’est un des moins rustiques, mais celui qu’on trouve le plus facilement en jardinerie.

Il existe d’autres espèces bien moins rustiques encore, aussi ne sont-elles pas de bonnes candidates à l’acclimatation dans nos jardins du nord, je n’en parlerai donc pas dans cet article.

Culture

Les callistémons apprécient globalement les sols acides, mis à par C. acuminatus et C. rigidus qui résistent assez bien au calcaire mais ce n’est pas ce qu’ils préfèrent. Pour l’exposition, c’est simple : plein soleil pour tous. En plein été, ils peuvent cependant avoir besoin d’être bien arrosés si le sol se dessèche trop. Le sol doit être bien drainé pour l’hiver mais garder une certaine fraîcheur en été, alors n’oubliez pas un bon paillage estival (le callistémon en photo avec les roses et la lavande, apprécie beaucoup !) Les callistémons les plus petits pourront être protégés d’un voile d’hivernage en cas d’hiver très froid. Evitez leurs les courants d’air glacés en hiver.

Voilà encore de beaux arbustes exotiques à essayer dans nos jardins !

Le citronnier de Corée

poncirus fruits

Citronnier de Corée, fruits et épines

Le citronnier de Corée est un agrume rustique pour nos jardins. Son nom est Poncirus trifoliata, encore appelé citronnier épineux. Il est originaire du nord de la Chine et de la Corée, c’est dire que le froid ne lui fait pas peur. Il appartient à la famille des rutacées, qui compte parmi ses membres toutes les plantes du genre citrus (oranges, citrons, pamplemousses…) ; le poncirus est d’ailleurs très proche des citrus. On peut cependant bien parler d’agrume, car sont considérées comme des agrumes, les plantes des genres Citrus, Fortunella (les kumquats) et Poncirus.

Cet agrume rustique mesure de 3 à 8 m de haut et possède des tiges incroyablement épineuses. C’est cette caractéristique qui fait qu’il est utilisé en haies défensives par la SNCF (entre autres), car ses épines sont vraiment, vraiment redoutables. Cet arbuste au feuillage caduc, se couvre en avril, de fleurs blanches, assez grosses et parfumées. Des petits fruits, de la taille de  mandarines leur succèdent mais malheureusement, ils ne sont pas comestibles crus (ils contiennent de la poncirine, une substance qui donne une forte amertume au fruit à l’état cru). On peut cependant les consommer cuits, sous forme de confitures, ou utiliser le zeste pour parfumer le thé. Ils arrivent à maturité en octobre novembre, quand ils deviennent jaunes et odorants.

Point de vue rusticité, rien à dire, il tient sans problème. Mes parents en avait un dans l’Yonne depuis des années et il a résisté à des hivers particulièrement rigoureux. Mais voilà, trop épineux, il devenait aussi trop grand, ils ont du s’en séparer… Je l’ai déterré (ce fut sportif) et je l’ai replanté ici, dans mon jardin. On verra bien s’il reprend au printemps prochain. Comme on dit, fichu pour fichu, autant lui donner une seconde chance.

poncirus fleurs

Floraison du citronnier de Corée

Le citronnier de Corée est utilisé pour faire des hybridations avec d’autres agrumes, afin d’accroître leur rusticité. Et cela donne : le citremon (poncirus x citron), le citrandarin (poncirus x mandarine), le citrumelo (poncirus x pamplemousse), et bien d’autres encore, la liste est interminable. Si certain de ces hybrides sont prometteurs, il reste à les tester en Île de France. Le problème principale, c’est que le poncirus, s’il transmet un peu de rusticité, transmet aussi la poncirine, qui ne rend pas forcément les fruits très agréables à manger…mais gardons espoir, les hybrideurs travaillent et il y a des résultats intéressants ; je compte bien d’ailleurs commencer une petite collection d’agrumes rustiques ici, pour voir ce que ça donne, mais nous en reparlerons…

Culture

Il lui faut une terre bien drainée et plutôt acide, il ne semble pas trop aimer le calcaire. A planter en situation ensoleillée. Il pousse lentement et apprécie au printemps un peu de fumier décomposé ou du compost.

Le citronnier de Corée est un bel arbuste à accueillir au jardin, un agrume vraiment rustique qui étonnera vos visiteurs, et sera beau toute l’année car même en hiver, le mélimélo de ces branches aux épines tortueuses et acérées est magnifique.

L’arbousier

arbousier jardin exotique le jardin d'épices

Jeune arbousier en fleurs

L’arbousier, Arbutus unedo est un petit arbre originaire du pourtour méditerranéen. Il appartient à la famille des éricacées (comme les bruyères ou les rhododendrons). Encore appelé arbre à fraises, il a un feuillage persistant. Il donne de petits fruits rouges ou orangés, à la peau un peu granuleuse, les arbouses. Leur goût n’est pas extraordinaire, mais pas désagréable non plus. Personnellement je les aime beaucoup. Ils mûrissent en automne ou en hiver et ils sont très riches en vitamines C.

Même si c’est un arbuste de climat doux, il supporte quand même des températures allant jusqu’à -17°C, il pourrait donc être acclimaté en zone 7 (voir zones de rusticité). Il arrive qu’on en voit de beaux spécimens dans des jardins du nord de la France.

L’arbousier peut atteindre une dizaine de mètres de hauteur, parfois un peu plus et il est assez fréquents dans certaines zones du sud de la France, où il pousse à l’état sauvage. Sa floraison est intéressante : des grappes de fleurs en clochettes, odorantes et mellifères, eu automne. Comme les arbouses mettent un an à arriver à maturité, elles sont mûres généralement en même temps que l’arbre fleurit, ce qui fait qu’on a sur les branches à la fois des fleurs blanches et des fruits rouges. On peut consommer les arbouses crues, en compote ou en confiture.

arbouses

Arbouses – photo Visoflora, identifier une plante

Culture

Originaire du sud, l’arbousier aime la chaleur et le soleil, plantez le à bonne exposition (quoiqu’il puisse supporter la mi-ombre quand même), de préférence en automne mais aussi au printemps ; veillez dans ce cas aux arrosages lors du 1er été. Une fois bien installé, il supporte bien la sécheresse. Dans certains articles sur lui, on dit qu’il pousse plutôt lentement, mais ce n’est pas ce que j’ai pu constater car un arbousier a été planter là où je travaille : à peine 1 m de haut en 2013, quasiment 2,50 m en 2015, c’est quand même plutôt rapide.

Je viens d’en planter un au jardin, on verra si cette vitesse de croissance se confirme où si c’est parce que les conditions du jardin de mon lieu de travail sont plus favorables. Tous les sols lui conviennent, dès lors qu’ils sont bien drainés. Attention, il n’aime pas être taillé sévèrement, tout juste une légère petite taille s’il devient trop haut. Réfléchissez donc bien à l’endroit où vous allez le planter pour ne pas être obligé de le tailler trop souvent. On peut planter l’arbousier en haies comme en isolé.

Les variétés

Arbutus unedo “compacta”, une variété naine qui peut se cultiver en pot. Arbutus unedo “rubra”, très résistant à la sécheresse.

L’arbousier est un petit arbre qu’on commence à trouver facilement en jardinerie, facile de culture, intéressant pour les abeilles, qui donne des fruits comestibles, qui est persistant et rustique….ça vaut le coup de l’essayer non ?

L’albizia

Albizia dans l'Yonne en 2015

Albizia dans l’Yonne en 2015

L’albizia, encore nommé arbre de soie, est un arbre magnifique très courant dans le sud de la France mais on commence à en voir quelques beaux spécimens dans le nord, comme celui de la photo ci-contre, pris dans le jardin de mes parents cet été (dans l’Yonne, en Bourgogne). Malgré la chaleur et la sécheresse (bien visible quand on regarde la pelouse), il a somptueusement fleuri, comme tous les ans depuis de nombreuses années. La floraison est merveilleuse par ses couleurs et la forme des fleurs, mais aussi par son parfum, et elle dure une bonne partie de l’été.

Le nom complet de l’albizia c’est Albizia julibrissin. Il en existe différents cultivars et variétés, dont les floraisons peuvent aller du jaune pâle au rouge vif en passant par le rose. Cette plante fait partie de la famille des fabacées, et est parfois confondue avec le mimosa, qui appartient aussi à cette grande famille. Il est vrai que le feuillage très découpé de l’albizia se rapproche un peu de celui du mimosa bien que ces feuilles soient quand même plus grandes. Ce genre compte environ 150 espèces. Naturellement, on trouve l’albizia julibrisin en Asie, de l’Iran à la Chine. Aujourd’hui, il est cultivé dans de nombreux pays pour son aspect très ornemental.

Culture
Albizia Summer chocolate jardin exotique le jardin d'épices

Albizia Summer chocolate

L’albizia aime le soleil, il lui faut une exposition chaude, dans une terre pas trop lourde en hiver. Niveau rusticité, on le dit rustique à -15°C, mais il l’est en réalité beaucoup plus. Dans l’Yonne, il a résisté à des hivers très rigoureux dont un à -18°C qui a emporté un magnifique eucalyptus… Mais lui a parfaitement résisté et a fleurit l’année d’après. Au jardin d’épices, nous en avons plantés deux : Roxane et Summer chocolate (au feuillage pourpre). Tous les deux sont réputés être parmi les plus rustiques.

Cependant, s’ils sont solides, le champion de la rusticité c’est l’albizia “Ernest Wilson”. Il est originaire de Corée et on le plante jusqu’en Suède car il résiste à -25°C ; mais on le trouve rarement proposé à la vente en France. Une autre variété très rustique, c’est “Ombrella”, c’est celle du jardin de mes parents dans l’Yonne, sur la photo en haut de l’article. Ici, en Seine et Marne, les deux albizias sont petits, 1m50 pour Summer chocolate et 1m80 pour Roxane. Ils n’ont pas encore fleuri mais ça ne saurait tarder, la floraison intervient au bout de 5 ans… Donc l’an prochain pour Roxane et dans 2 ans pour Summer chocolate…on verra bien.

Comme ce sont des arbres qui peuvent devenir grands, prévoyez de la place. On en voit souvent qui sont régulièrement élagués car plantés dans des jardins trop petits…. C’est dommage car la taille compromet fortement la floraison. Mais si vous avez une place pour lui, accueillez le, aspect exotique et air du sud assurés !

L’arundo

Touffe d’arundo en fond de massif

L’arundo, de son nom complet Arundo donax, est souvent confondu avec le bambou ou parfois, avec le roseau. Bien que comme ces derniers il appartienne à la famille des graminées, l’arundo n’est ni l’un ni l’autre. Cette plante géante, qui peut atteindre de 3 à 6/7 mètres de haut, est encore appelée canne de Provence ; elle pousse spontanément sur le pourtour méditerranéen et dans toutes les régions au climat doux, où elle peut former de vastes colonies. Il en existe des variétés panachées, Arundo donax variegata, panachée de blanc, et Arundo donax aureovariegata, panachée de jaune.

En jardinerie, on vend ces plantes en indiquant une rusticité autour de -10°C….elles le sont beaucoup plus et tiennent jusqu’à -17C, une fois bien installées (au bout de 3 à 4 ans). Pour les plantes nouvellement mises en place, pensez donc à bien pailler les souches les premières années. Ensuite, même si un hiver très froid fait geler les cannes, la plante repartira vigoureusement de la souche au printemps.  Au jardin, je la laisse  passer l’hiver sans couper les tiges ; les feuilles se dessèchent, mais dès le redoux printanier,  des tiges latérales émergent à chaque nœud. En 2014, les tiges ont subi un coup de -12°C en février, cela n’a pas empêché les pousses latérales de sortir dès le mois d’avril suivant.

Pour conduire la plante, 2 possibilités : soit laisser les tiges d’une année sur l’autre, avec les pousses latérales, cela forme une touffe solide et dense, mais les feuilles seront moins larges ; soit couper les tiges au printemps. Les nouvelles pousses émises auront des feuilles bien plus larges, l’effet exotique n’en sera que meilleur. A vous de voir ce que vous préférez !

Culture

De la place ! Pour l’arundo, il faut de la place, même si la touffe reste assez compacte, la plante s’élargit vite. Prévoyez un bon sol, riche et une situation ensoleillée. Si la terre reste fraîche en été, elle poussera encore plus vite. Cependant, elle ne vous envahira pas comme un bambou et n’ira pas envahir votre voisin, c’est une plante plutôt cespiteuse.

Pour la reproduire, c’est simple : division des touffes ( attention, les souches sont solides, profondes et les gros rhizomes coriaces) ou bouture des pousses latérales de printemps, qui, plongées dans l’eau émettent très vite des racines, au bout de 2 semaines environ.

En résumé

Rusticité : -17°C, selon situation mais globalement très bonne rusticitéSituation : ensoleillée

Sol : humifère et frais

Difficulté de culture : aucune, pailler pour les premiers hivers

Usage : fond de massif, brise vent, brise vue

 

Un eucalyptus pour le nord

Eucalyptus gunnii Azura

Eucalyptus gunnii Azura

Un eucalyptus pour le nord, ce n’est pas si évident que ça à trouver. Certes, on trouve très facilement l’Eucalyptus gunnii en jardinerie, mais honnêtement, il est difficile de le garder à long terme, sauf en banlieue ou dans les villes où on en trouve de beaux spécimens. Mais à la campagne où j’habite, je l’ai tenté plusieurs fois et il n’a jamais tenu plus de 5 années, emporté parfois par des températures de seulement -10°C alors qu’il est réputé tenir à au moins -15°C.

Déçu, j’avais abandonné l’idée d’en avoir un au jardin avant de découvrir des espèces dont on parle moins, qui sont plus difficiles à trouver mais qui sont bien plus résistantes.

Un peu d’histoire

Les eucalyptus sont tous originaires d’Australie, où on en compte près de 600 espèces. Introduits dans de nombreux pays, ils se sont particulièrement bien adaptés dans les zones de climats doux, au point d’y devenir invasifs. De croissance très rapide, on les a aussi beaucoup plantés pour en faire de la pâte à papier. L’eucalyptus de par ses capacités d’adaptation et sa vitesse de prolifération a en certains endroits de la planète très fortement endommagé les écosystèmes les plus fragiles. Dans nos régions du nord de la France, on risque peu l’envahissement de par notre climat : on peut donc s’essayer à la culture de cet arbre magnifique. Ils appartiennent à la famille des myrtacées et on les trouve souvent sous le nom de gommiers, ou gommiers bleus.

Quel eucalyptus pour le nord ?

Pour l’Eucalyptus gunnii, comme je vous l’ai dit, méfiance. Cependant, une variété de cet eucalyptus, “Azura”, est plus résistante que le type : -20°C paraît-il. Comme on la trouve depuis peu et qu’il n’a pas fait de telles températures depuis longtemps, on n’a pas encore beaucoup de retour d’expérience. Je l’ai installée au jardin ce printemps, on verra bien !

Deux eucalyptus ont fait leurs preuves : Eucalyptus paucifera subsp (= sous espèce) niphophila et Eucalyptus paucifera subsp debeuzevillei. Tous les 2 tiennent à -20°C au moins, cela a déjà été prouvé. Au jardin, j’ai l’espèce niphophila depuis plusieurs années. Elle tient bien, mais pousse assez lentement. Ces feuilles ne sont pas arrondies comme pour gunnii, mais longues et lancéolées : c’est un bel arbre, enfin pour l’instant, un bel arbuste. Quoiqu’il en soit, il a subi une température ressentie de -12°C cette année, en plein vent sans en avoir l’air affecté.

Autres eucalyptus très résistants au froid : Eucalyptus perriniana (-17°C à -19°C ) et Eucalyptus archeri (-17°C à -19°C).

Voilà, avec ces quelques là, on a déjà de quoi faire dans nos jardins !

Culture

Un point commun à tous les eucalyptus : ils n’aiment pas les terres calcaires. Cela peut être un sérieux obstacle à leur pérennité. Mélangez de la terre de bruyère dans le trou de plantation. Pensez aussi à les nourrir, ils sont gourmands en éléments nutritifs.

Cultiver une erythrine

Erythrine_crête_de_coqCultiver une érythrine, quel jardinier amateur d’exotisme ne rêve pas de cela tant la floraison de cette plante est somptueuse ? Réputée peu rustique, la variété Erythrine crista galli, encore appelée érythrine crête de coq, résiste cependant à des gels sévères. Toute la partie aérienne meurt, mais elle repart vigoureusement de la souche au printemps. J’en ai eu une il y a fort longtemps dans le jardin familial et elle a tenu de nombreuses années pendant lesquelles elle nous a gratifié de son élégant feuillage épineux, mais sans jamais fleurir. J’ai voulu la transplanter lors de mon déménagement et là, catastrophe, elle ne s’en est pas remise !

Cette année, j’ai décidé de retenter la culture de cette plante. J’ai cherché à savoir pourquoi la précédente n’avait pas fleuri et j’en ai peut-être trouvé la raison. En fait , je n’ai pas décidé de cultiver une érythrine, mais deux ! J’ai installé aussi Erythrine bidwillii.

Un peu d’histoire

L’Erythrine crista galli est originaire d’Amérique du sud, où elle est appelée ceibo ou bucaré. Sa fleur est la fleur nationale de l’Uruguay et de l’Argentine. Dans son milieu naturel, c’est un petit arbre, qui peut atteindre 8 m de haut. De la famille des fabacées (comme le pois, le haricot ou l’acacia), la plante fixe l’azote atmosphérique dans le sol. Elle est réputée rustique à -10°C / -12°C. Dans mon premier jardin, elle a résisté à des gels de -15°C à -17°C sans broncher (mais avec paillage et voile de protection). L’Erythrine bidwillii, elle est un hybride entre l’érythrine herbacée et l’érythrine crête de coq. Sa végétation est complètement herbacée dans les régions soumises au gel où elle ne fait pas de bois, mais elle développe un tronc dans les zones aux hivers doux ; ses tiges peuvent atteindre 2 m en une saison. Elle est rustique à -15°C.

Culture

erythrine bidwilliiL’érythrine demande du soleil et de la chaleur et surtout un sol bien drainé en hiver. Et voilà ce qui a manqué à ma première érythrine : elle était plantée au milieu d’un massif de vivaces où elle n’avait pas assez de soleil, ce qui explique probablement l’absence de floraison. Donc cette fois-ci : je les ai planté dans les massifs les plus ensoleillés ! Autre point important : c’est mieux si le sol reste au sec pendant l’hiver. Donc, on coupe la partie aérienne à l’automne (elle va geler de toute façon), on met un bon paillage et une bâche hermétique à la pluie. A partir du démarrage de la végétation, eau et purin d’ortie et de consoude pour favoriser la pousse et la floraison.

Vous l’aurez compris, pour garantir les chances de passer l’hiver sans encombre, votre sol devra être drainant, comme pour beaucoup de plantes exotiques acclimatables. N’oubliez jamais : humidité du sol + froid = mort assurée pour tous les végétaux cultivés à la limite de leur zone de rusticité.

Cultiver une érythrine demande quelques précautions, mais ça en vaut la peine ! Je fais tout ce qu’il faut pour avoir de belles floraisons cette année de ces deux très belles exotiques.

Lauriers roses rustiques

Des lauriers roses rustiques, ça existe ? Et bien oui ! Ces belles plantes méditerranéennes ne sont plus l’apanage du sud, il y a quelques variétés très intéressantes pour la pleine terre des jardins du nord de la Loire. Alors, quelles sont ces variétés ?

Un peu d’histoire
Laurier Italia

Laurier Italia

Les lauriers roses appartiennent à la famille des apocynacées et pas du tout à la famille des lauriers (lauracées). Autant dire que cette appellation de laurier rose est erronée et peut amener à des confusions alors que les choses soient claires :  le laurier rose n’a rien à voir avec le vrai laurier, celui qu’on utilise pour la cuisine.

Originaire du sud de la Méditerranée, le laurier rose, encore appelé oléandre, a pour doux nom latin Nerium oleander. C’est une plante dont toutes les parties sont toxiques, d’où l’intérêt de ne pas le confondre avec le laurier commun ( ou laurier sauce, le bien nommé).

Dans son milieu d’origine, on le trouve jusqu’en altitude, dans les montagnes de l’Atlas, jusque 2000m, où les gelées importantes sont fréquentes. C’est sûrement de cette origine montagnarde de quelques variétés que viennent les cultivars de lauriers roses rustiques dont je vais vous parler maintenant.

L’échelle de rusticité
villa romaine

Laurier Villa romaine

Un passionné de lauriers roses, Robert Leroy a remarqué que lors du terrible hiver de 1986, quelques plantes installées dans son jardin de Châtellerault avaient pu résister. Avec d’autres jardiniers partout en France et les pépinières Filippi, des dizaines d’essais ont eu lieu et cela a abouti à la création d’une échelle de rusticité spécifique pour les lauriers roses. Cette échelle va de 0 à 5, des moins rustiques aux plus rustiques. C’est là que ça devient intéressant : les variétés classées de 4,5 à 5 supportent des températures de -10°C à -15°C. Attention, cette rusticité ne vaut que pour les plantes en pleine terre. En pots ou en containers, elles sont bien évidemment plus fragiles.

Note 0 : la plante meurt. 1 : végétation détruite, mais la plante peut repartir au printemps. 2 : feuilles brûlées, mais la végétation peut repartir sur les tiges (plus ou moins). 3 : feuilles marquées, mais les tiges ne sont pas atteintes ; pour ces 4 stades, la floraison est cependant compromise. Note 4 : végétation marquée mais la floraison a lieu l’été suivant. 5 : aucun dégât visibles. Ces notes sont bien sûr à adapter à votre zone de rusticité. Les lauriers roses notés 4,5 à 5, sont pour la zone 7b à 8 (zones de rusticité, voir ici).

Les variétés

Parmi les lauriers roses rustiques, le champion toutes catégories est le cultivar Villa Romaine, classé 5, (donné résistant à -20°C!!) à fleurs simples, roses pâles.

Les variétés ci-dessous ont toutes supportées des températures de -15°C, dont 8 jours sans dégel lors de l’hiver 1996 et sans aucune protection :

  • Atlas (4,9) : fleur simple, couleur rose
  • Cavalaire (4,9) :  fleur double, rose soutenu
  • Italia (4,9) : fleur simple, rose pâle
  • Soleil levant (4,7) : fleur simple, rose saumon
  • Provence (4,7) : fleur double ou triple, rose saumon
  • Pink beauty (4,6) : rose simple
  • Luteum Plenum (4,5) : fleur triple, jaune
  • Petite Red (4,5) : fleur simple, rouge

Voilà donc quelques variétés de lauriers roses rustiques. Il y en aura bien une ou deux pour votre jardin ?

Culture au nord de la Loire
luteum plenum

Laurier Luteum plenum

Les lauriers roses, même rustiques, ont besoin d’un minimum de chaleur et de beaucoup de soleil. Aussi, il faut les planter dans une situation la plus ensoleillée possible. En plein sud, sur un talus ou le long d’un mur, dans une terre riche mais aussi bien drainée. Mais, même dans le cas des plus résistants au froid, n’oubliez que ce qui compte pour les plantes, c’est la température ressentie et pas forcément celle du thermomètre du bulletin météo de 20h30 !! -9°C avec un vent à 20, 25km/heure, ça fait du -20°C en ressenti, pensez-y lors de la plantation et évitez leur le vent du nord (voir tableau des températures ressenties sur cette page).

Avec les lauriers roses rustiques, voilà un peu de sud dans votre jardin. Vraiment, ça vaut le coup de les essayer si votre terrain s’y prête.