Hiver 2020/2021 : le bilan

E. gunnii "Azura", Le jardin d'épices

Eucalyptus gunnii “Azura”, une valeur sûre

L’ hiver 2020/2021 est terminé, et même si le printemps reste frais, voire froid, il est temps de faire un premier bilan. Nous n’avions pas eu un hiver aussi froid depuis 2012. Comment reconnaît-on qu’un hiver est froid au Jardin d’épices ? Quand les phormiums gèlent jusqu’au sol. Ils repartent généralement sans problème, mais quand toute la partie aérienne meurt, c’est qu’on a eu un méchant hiver. Celui qui vient de passer était méchant. La température près de la maison est tombé à -9°C, -12°C dans le jardin. Sûrement un peu plus bas dans les zones les moins protégées.

Les dégâts

Si le mois de février fut inégal en termes de températures, il y a eu une semaine particulièrement froide, avec les températures dont j’ai parlées dans l’introduction. Les parties aériennes des phormiums ont gelé, mais aussi toutes les cordylines. Il est vrai que toutes ont été installées après 2012, à la faveur des hivers relativement doux que nous avions depuis. Il y a eu certes quelques petits épisodes froids de temps à autres, mais rien de bien méchant. Mais cette année, les cordylines ont toutes gelé à cœur. Il est encore trop tôt pour savoir si elles vont survivre et redémarrer du pied, ou si elles sont définitivement mortes. Certaines étaient juste magnifiques, mais c’est ainsi. Le seuil de rusticité des cordylines est de -10°C. A l’annoncé des températures prévues, je les avais bien emmaillotées, mais malheureusement, cela n’a pas suffit.

Dégâts de l'hiver 2020 2021

Cordyline gelée

Les mauvaises surprises

Le Grevillea rosmarinifolia a lui aussi l’air complètement grillé. Mais comme certaines parties restent vertes, peut-être n’est-il pas mort. Les callistémons eux, n’ont pas résisté, c’est une grosse déception. Ils avaient tenus en 2012, mais je les ai déplacés depuis. Ils reprenaient avec difficulté, c’est sûrement de ma part une erreur qui leur aura été fatale.

Très décevants aussi, les mandariniers satsuma et le yuzu. Certes, nous avons atteint les limites de leur rusticité. Les plantes ont grillé et au moment où j’écris ces lignes, il est très peu probable qu’elles bourgeonnent à nouveau, tant elles sont uniformément sèches. C’est vraiment une grosse déception car les mandarines étaient vraiment délicieuses et assez nombreuses, tous les ans. Mais voilà, ils sont donnés rustiques à -10/-12°C et nous avons atteint et dépassé ces températures, il n’y a donc rien d’étonnant. Une double couche de voile d’hivernage aurait sûrement été nécessaire.

Dégâts de l' hiver 2020 2021

Satsuma gelé

Cependant, je connais un jardin en banlieue parisienne où les satsumas comme le yuzu n’ont absolument pas souffert, bien protégés par une haie de lauriers palmes.

Le néflier du Japon  (Eriobotrya japonica) a lui aussi gelé entièrement, jusqu’au sol. Là, c’est une grosse surprise car il y en a plein dans le secteur, qui sont énormes et poussent plutôt bien. Celui-ci faisait 1m50 de hauteur et sa plantation datait du printemps dernier. Son enracinement était peut-être insuffisant.  Il faut dire aussi qu’il avait beaucoup souffert de la sécheresse de l’été dernier. Mais aucun doute, toute la partie aérienne est morte. Peut-être repartira-t-il de la souche ? J’ai de gros doutes mais on verra bien.

Ce qui n’a pas bronché !
Feijoa, le Jardin d'épices

Feijoa (goyavier du Brésil), aucun dégât !

Les Eucalyptus gunnii “Azura” et l’Eucalyptus niphophila ont parfaitement tenu. Aucun dégât visible et la pousse a repris dès l’adoucissement des températures. Deux jeunes E. gunnii “Azura”, de 1m de haut ont passé l’hiver sans aucune protection et sans aucun dégât. Bonne surprise aussi pour les théiers (Camelia sinensis “Kolkhida”) qui ont a peine eu le bout des feuilles qui a bruni. Sous un voile d’hivernage, le gardenia “Summer Snow” n’a pas bronché. Plus étonnant, le camphrier (Cinnamomum camphora) a eu juste le bout des plus jeunes branches qui a grillé. Très étonnant aussi, le jasmin de Caroline (Gelsemium sempervirens). Planté le long d’un mur, j’ai oublié de le protéger. Il n’a pas perdu un feuille ! 

Le palmier abricot (Butia capitata), a juste vu le bout de ses feuilles brunir un peu. Comme il est encore jeune, j’avais pris soin de le protéger avec un paillasson. Les deux goyaviers du Brésil (Feijoa sellowiana) n’ont pas souffert du tout. Tout juste le plus grand des arbustes a-t-il perdu quelques feuilles en partie basse, mais il rebourgeonne déjà.

Pour toutes les autres plantes en dormance dans le sol, il est encore trop tôt pour dire, mais j’ai peu d’inquiétude. La vague de froid a correspondu avec un épisode neigeux. Dix bons centimètres de neige couvrait le sol, ce qui a probablement bien protégé ce qui se trouvait en dessous.

Des expériences s’arrêtent, d’autres débutent…

Les hivers froids sont redoutés mais en même temps, ils permettent de valider certaines expériences, en positif comme en négatif. Plusieurs années d’hivers doux peuvent laisser croire que certaines plantes sont rustiques et bien implantées. Les bons coups de froid remettent les pendules à l’heure, même si c’est douloureux et regrettable. Mais à chaque nouvel hiver bien froid, comme après chaque canicule d’ailleurs, la liste des plantes qui résistent s’allonge. De même, certaines expériences qu’on jugeait prometteuses s’arrêtent, c’est le jeu.

Pour les mandariniers satsumas, je vais renouveler l’expérience, mais en recherchant des variétés plus rustiques, s’il en existe. Pour les prochains, je vais choisir un emplacement beaucoup plus protégé. Je vais surtout tester de nouveaux agrumes, à la réputation de rusticité mieux établie. Pour les cordylines, c’est fini, l’expérience s’arrête. Elles vont être remplacées par de nouvelles variétés de yuccas buissonnants, plus rustiques. Le néflier du Japon, je vais retenter en changeant d’emplacement. La gamme des feijoas va se diversifier et je vais planter de nouveaux théiers, histoire de pouvoir avoir une belle récolte de thé et d’augmenter la récolte de goyaves, qu’on aime beaucoup.

Pour le grévilléa, s’il ne redémarre pas, l’expérience va aussi s’arrêter là. Pour les callistémons, ils avaient été déplacés pour cause de travaux, c’est donc peut-être cette transplantation qui est à l’origine de leur faiblesse. Les travaux seront terminés dans quelques jours. Je vais donc en replanter dans ce massif où ils poussaient si bien, mais ce sera l’ultime expérience qui confirmera ou invalidera la rusticité annoncée par certains pépiniéristes (soi-disant jusqu’à -15°C).

A retenir :

Les valeurs sûres  qui ont parfaitement résisté : l’Eucalyptus gunnii “Azura”, l’Eucalyptus niphophila, les goyaviers du Brésil (Feijoa sellowiana), les théiers (Camelia sinensis “Kolkhida”), le gardénia “Summer Snow”, le jasmin de Caroline (Gelsemium sempervirens).

A confirmer : le palmier abricot (Butia capitata), les callistémons (C. rigidus et C. salignus), le camphrier (Cinnamomum camphora), le néflier du Japon.

Pas durables ici : les cordylines, le grévilléa, les variétés de mandariniers satsumas vendues en jardineries sans appellation (car impossible de connaître leur rusticité réelle), le yuzu.

N’hésitez pas à faire part de vos retours d’expérience dans les commentaires ou sur Facebook.

 

6 commentaires :

  1. Demenagement en juin 2020. Sud Seine et Marne. La pointe de froid à-10°C et ces quelques jours de gels de debut avril ont eu raison de pas mal de jeunes plants. J’attends encore de voir si certaines se retablissent.
    Callistemon foutu. Definitif!
    Neflier du Japon, Kaki, kiwis, kiwaïs, lagerstroemia, poivrier du Sichuan, Yuzu, même une glycine ont tous grillés alors que les bourgeons venaient de s’ouvrir.
    J’attends des nouvelles du vitex, des grenadiers, des asiminiers….
    Et je suis d’avoir oublié des trucs.

    • Les gelées d’avril sont redoutables. Avril est devenu le mois que je redoute le plus. Quand le gel survient alors que la sève est en pleine montée, c’est terrible. J’ai perdu plusieurs kiwis, un kaki et un yuzu en avril 2019, des grenadiers l’an passé… Coup de froid en février, douceur en mars et coup de froid en avril, tout ça rend la culture de quantité de plantes difficiles, et pas seulement des plantes exotiques. Il faut travailler les microclimats, c’est la seule solution.

  2. Désolée pour votre beau Jardin! Ici en Bourgogne les températures continuent de monter l’hiver et les canicules aussi en été. Les plantes exotique que j’ai installées ont supporté le froid hivernale sans soucis mais elles ont redémarrées très tôt: février et les derniers gels -7 les ont malmenées et même tuées pour certaines . Elles avaient supporté -10 en janvier ! le gel sur une plante réveillée est terrible , le réchauffement climatique c’est aussi et surtout ce dérèglement

    • Oui, les gelées d’avril sont d’autant plus redoutables que les hivers sont doux. Et malgré le coup de froid de février, les hivers sont globalement trop doux…

  3. Bonjour, oui moi aussi je redoute les fortes gelées d’Avril, surtout après des mois de Mars qui ont de plus en plus des airs d’été. Perso ce sont mes Feijoa sellowiana qui m’inquiéte, je les avaient planté en mai de l’année dernière, donc je ne sais pas comment ils devraient réagir en hiver, mais ils ont pris une étrange apparence. Les deux perdaient énormément de feuilles (le Marian à pris plus cher que l’autre cultivar le Gemini… Marian étant pourtant sensé être plus rustique). Ils semblaient avoir commencés à bourgeonner et cette semaine, hivernal en avril à donner un nouveau coup à mes “Goyaviers du Bresil”. Concernant mes Hedichuim, cette année, je ne sais pas trop comment ça va se passer, j’ai démonté mon bassin pour le faire de nouveau je les ‘avais déterrés (car planté au niveau de ma cascade) pour les mettre en terre dans un abri… mais comme je ne savais pas si je devait ou non arrosser, j’ai laissé le tout en sec.

    • Bonjour, les feijoas peuvent se défolier complètement, c’est arrivé ici en 2012, mais ils sont bien repartis. S’il se défolient, c’est aussi qu’ils sont trop exposés aux vents froids, ce qui peut leur faire courir un risque si les températures s’approchent de leur seuil de rusticité. Si le seuil n’est pas atteint (-15°C), ils vont refaire des feuilles. Concernant les hédychiums, ils sont au repos en hiver, donc s’ils sont laissés en terre hors gel, même non arrosés ça ne devrait pas poser de problèmes…

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