Cultiver des cacahuètes

Cacahuètes semées au chaud, mars 2018

En 2017, j’ai tenté la culture des cacahuètes. J’en avais trouvées en godets, dans une jardinerie près de chez moi. J’ai bondi sur l’occasion, histoire de faire un essai, mais sans attendre des miracles.

Quelle ne fut pas ma surprise quand, en octobre, j’ai arraché les pieds jaunis ! Il y avait de belles cacahuètes dans la terre. La récolte n’était pas énorme. Cependant, j’ai tiré de cette expérience un certain nombre d’enseignements pour cultiver cette plante en Île de France.

Voici donc ci-dessous, quelques éléments pour comprendre comment se cultive cette plante exotique, tant par son origine, sa forme, son mode de reproduction, que sa culture.

Un peu d’histoire

La cacahuète est originaire du Mexique. Son nom vient du nahualt, la langue des Aztèques : tlalcacahuatl, ce qui signifie “cacao de terre”. Son nom latin est Arachis hypogea, d’où vient son autre nom, l’arachide. La deuxième partie du nom “hypogea” est du grec, et cela signifie “sous terre”. Cette plante a décidément quelque chose à voir avec le monde souterrain… On va voir ça plus bas. L’arachide, cultivée en Amérique centrale et du sud depuis des siècles, a peu à peu conquis toutes les zones chaudes de la planète, l’Afrique notamment. On la cultive aussi beaucoup en Asie.

La plante
Formations des graines d’arachides

Les cacahuètes se récoltent dans la terre (voilà, tout s’explique !). C’est une des particularités de cette plante, car les cacahuètes sont bien des graines qui mûrissent dans des cosses. Appartenant à la grande famille des légumineuses, aujourd’hui appelée fabacées ou papilionacées, l’arachide est une plante annuelle. On sème les graines (les cacahuètes) dans un sol bien drainé et souple. La floraison intervient un mois après le semis. Une fois l’ovaire fécondé, une tige appelée gynophore, le plonge dans le sol. C’est là, sous quelques centimètres de terre que se forment les précieuses arachides, protégées dans une cosse. Les cosses protègent les graines, comme c’est le cas chez toutes les légumineuses (haricots, pois, fèves…).

Culture en Île de France
Récolte 2017

De ma culture l’an passé, j’ai tiré quelques enseignements, comme je vous l’ai dit plus haut. D’abord, quand j’ai arraché les arachides, les cosses étaient très serrées autour du pied. Comme si elles n’avaient pas pu se développer au delà. De plus, il y avait de nombreuses cosses immatures. Conclusion : la terre où je les avais plantées n’était pas assez souple, elle était trop lourde. Les gynophores n’ont pas pu pénétrer dans le sol et seuls ceux qui se sont plantés dans le terreau autour du pied ont mûri. Cette année, je serai vigilant, j’amenderai bien le sol en terreau et en sable pour le rendre plus souple.

J’ai gardé toutes les graines de ma première récolte pour les ressemer cette année. J’en ai conservées une partie en cosses, et une autre sans les cosses dans des enveloppes en papier. Toutes se sont très bien conservées. Le premier semis en pot a levé très vite. Le cycle de culture est de 90 à 150 jours. Autant dire qu’il faut les semer au chaud avant de les mettre en terre, sinon, avec nos étés courts, la récolte risque d’être un peu faible. On les installe au jardin, en mai, en terre réchauffée et au soleil.

Les variétés

Je suis bien en peine de vous dire de quelle variété sont les cacahuètes que j’ai cultivées. Les plantes en godets étaient vendues sans autre indication que “arachides”. Il y a de très nombreuses variétés, regroupées dans deux grandes catégories, les rampantes et les érigées. Les rampantes courent sur le sol et sont plus longues à arriver à maturité (de 120 à 150 jours). Les érigées ont un port dressé et arrivent à maturité plus vite ( de 90 à 110 jours). Sans doute possible, les miennes appartenaient à cette catégorie, car elles ne “couraient” pas. Il est clair que dans nos régions, ce sont celles-ci qu’on a intérêt à cultiver pour avoir un minimum de récolte.

Si cette culture vous tente, ne tardez donc pas à les semer au chaud. Les rendements ne seront probablement jamais aussi importants que sous les tropiques, mais qui sait ? C’est une affaire à suivre très sérieusement, et je reviendrai vers vous à l’automne prochain pour un débriefing complet sur cette culture originale. Si vous vous lancez aussi, faites-moi part de votre expérience !

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