Cultiver la cardamome

cardamome plante
Cardamome

Cultiver la cardamome, cette épice bien connue, à l’odeur forte et envoûtante, est une expérience facile à tenter. Exclusivement tropicale, elle n’aurait pas sa place sur ce blog si elle n’était facile à cultiver en pot ou  au jardin pendant la belle saison. Il existe 2 plantes qui s’appellent cardamome, appartenant toutes deux à la grande famille des zingibéracées : la cardamome brune (Amomum subulatum) et la cardamome verte (Elletaria cardamomum). Comme pour le gingembre, les fleurs apparaissent sur des tiges spécifiques, différentes des tiges qui portent les feuilles. Une fois fécondées, les capsules (fruits) qui portent les graines font ployer les tiges, tout autour de la plante (voir photo ci-dessous). Ce sont les graines, très aromatiques, qui constituent l’épice tant recherchée. On les garde dans les capsules pour qu’elles conservent tout leur arôme.

La cardamome verte (Elletaria cardamomum) : c’est la plus connue, celle qui est la plus utilisée en Europe. Les graines noires sont stockées dans de petites capsules vertes. Les capsules sont récoltées avant complète maturité et mises à sécher au soleil. Originaire du sud de l’Inde, (Kérala), elle peut atteindre 2 à 3 m de hauteur.

La cardamome brune (Amomum subulatum) : moins connue en Europe mais très utilisée en Asie, elle a une saveur différente de la verte, elle est plus camphrée. Ses capsules sont moins lisses et plus brunes. Originaire du nord de l’Inde (Népal, Bengale..), on la trouve aussi dans le sud de la Chine. La plante atteint 1,50 m de hauteur. Elle serait plus rustique que la verte. Elle tiendrait jusqu’à -6 à -8°C, qui est une température qu’on atteint facilement en Île de France, même lors des hivers les plus doux. Je ne me risquerai donc pas à la tenter en pleine terre toute l’année, trop risquée… Mais dans les régions les plus douces, vous pouvez la tenter, dans un sol très bien drainé en hiver.

Culture
cardamome fructifications
Fruits de cardamome

Les cardamomes poussent dans les sous-bois chauds et humides de l’Asie des moussons, dans des sols forestiers riches en matières organiques. Ces conditions imposent de les cultiver chez nous en pot une grande partie de l’année. On pourra les installer dehors à la belle saison, en pleine terre pourquoi pas, mais il faudra leur donner le sol riche dont elles ont besoin et surtout les arrosages, presque tous les jours, qui leur rappelleront leurs régions natales où elles se délectent des abondantes pluies de la mousson. Dès que les températures s’approcheront des 10°C, rempotage et retour vers la maison ! Avec un peu de chance elles fleuriront au printemps suivant.

Les fruits arriveront à maturité en septembre. Tous ne mûrissent pas en même temps, il faudra être prudent pour les récolter et ne pas abîmer ceux en train de se former. Il ne faut pas attendre trop longtemps non plus. Sinon, les fruits s’ouvrent brutalement dès qu’ils sont mûrs et expulsent les petites graines noires.

Vous pouvez essayer les semis (pas faciles) ou acheter des plantes déjà formées, quelques pépinières en proposent. Globalement, ces belles plantes ne sont pas plus difficiles à cultiver que du gingembre mais il leur faut vraiment de bonnes conditions de cultures pour qu’elles fleurissent et fructifient. Si une cardamome commence à fleurir en pot au printemps, ne la transplantez pas au jardin, laissez la en pot. La transplantation risquerait de faire couler les fleurs et anéantir la fructification.

Voilà de belles plantes à essayer,  dedans l’hiver, et dehors l’été où la chaleur leur sera indispensable pour être heureuses.

2 Comments

  1. Bonjour, en vitesse sur Facebook (Jacq Cors) votre tête apparait avec des amis communs. Donc je regarde et lis ce que vous dites … Je suis en Corse où j’ai un jardin sans gel et dans mes plaisirs il y a celui de faire pousser tout un tas de rhizomes (Alpinia galanga et officinarum, gingembre, curcuma, boesenbergia rotunda, etc). Ce que vous dites est particulièrement intéressant et bien dit, même si je ne partage pas tout en ce qui concerne la rusticité (lol). J’ai aussi envie de partager,peut-être de vous encombrer en vous donnant des plantes hélas pas rustiques pour chez vous comme les Piper auritum et Piper sanctum …

    1. Bonjour, la rusticité est une notion très relative. Dans une région donnée, des plantes peuvent réagir de manières très différentes selon les microclimats locaux, la qualité de l’hivernage, etc. Les valeurs que j’indique sont celles données par les pépiniéristes ou celles que j’ai relevées dans mon propre jardin. Elles ne sont pas parole d’évangiles et ne donnent qu’une « indication », à tester et à confirmer, c’est à chaque jardinier de tester ce qui fonctionne dans son jardin et dans les conditions de culture qui sont les siennes. Il est à noter que les rusticités annoncées, ne se révèleront vraiment que lors d’un hiver vraiment rigoureux avec un froid durable, ce que nous n’avons pas eu depuis des années. Merci pour votre proposition concernant des plantes peu rustiques, mais ce n’est pas l’objet du blog, il y en a des tas pour les jardins du sud. L’objet du blog du Jardin d’épices, c’est de faire découvrir des plantes qui seraient capables de tenir dans le climat du nord de la France, afin de diversifier nos jardins, avec des plantes dont la rusticité est au minimum de -5°C… Pour info, Piper auritum est à l’essai au jardin, on verra s’il passe l’hiver ici…

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