Le BRF : un super paillage

On entend de plus en plus souvent parler de BRF, mais peu de gens savent finalement de quoi il s’agit. BRF, cela signifie “bois raméal fragmenté”, c’est à dire le bois issu de la taille des rameaux des arbres et des arbustes qu’on a broyé. La matière issue de ce broyat est très intéressante, à plus d’un titre.

C’est une source importante de matière organique et on sait que c’est la matière organique qui fait la vie des sols. Sans matières organiques, les sols se meurent. On peut apporter toutes sortes de déchets organiques pour nourrir son sol (voir page paillage et mulch), mais le BRF a une particularité que n’ont pas les autres matières utilisées classiquement (paille, tonte de gazon, etc….). Constitué majoritairement de bois, donc de lignine, le BRF contribue en profondeur à la structuration et à l’amélioration des sols. Dégradé par des bactéries mais surtout par des champignons (basidiomycètes), ceux-ci participent de manière prépondérante à la fertilité par la création de l’humus. Le BRF permet la production d’humus tel qu’on peut en trouver dans le sol des forêts ; il permet de lutter contre l’érosion et la dégradation des sols tout en augmentant les rendements des cultures.

Avec le BRF l’ augmentation  du taux d’humus dans le sol est considérable: 1% en 10 ans. Pour la même quantité d’humus, il faudrait 50 ans avec du compost et 80 ans avec des fumiers et lisiers.

Voici une vidéo qui résume bien ce qu’est le BRF et commenton peut l’utiliser en agriculture:

Faire du BRF

Pour cela, il suffit d’avoir un broyeur (intéressant à avoir si on a un grand jardin, sinon, mieux vaut louer, car c’est un matériel assez cher). On broiera toutes les branches issues de la taille des arbres et des arbustes de moins de 7 cm de diamètre. On évitera les branches de conifères (thuyas, pins, sapins…). On peut en ajouter un peu cependant, mais pas plus de 20%.

Utilisation

Le BRF s’épand en couche de 2 à 5 cm sur le sol, et contrairement à d’autres paillis, on doit l’incorporer sur les premiers centimètres (5 à 10 cm) pour une action plus importante. Si on le laisse en surface, ça marchera aussi mais l’action sera plus lente car en l’incorporant, on met le bois directement en contact avec les champignons qui commencent aussitôt leur travail. On pourra faire un apport tous les 2 à 3 ans.

Précautions

Pour décomposer le bois, les champignons (basidiomycètes) vont utiliser beaucoup d’énergie qu’ils vont puiser dans l’azote présent dans le sol. La mise en place de BRF risque donc dans un premier temps de déclencher une “faim d’azote” qui va être préjudiciable pour les plantes, notamment pour les jeunes légumes au système racinaire pas encore complètement développé ; les feuilles vont jaunir, la croissance se ralentir. Selon le climat, cette phase de ponction de l’azote va durer de un à plusieurs mois. On veillera donc à épandre le BRF bien avant l’installation des cultures, en automne par exemple. A partir de janvier, l’apport de BRF est à proscrire au potager.

Voilà donc une matière qui n’est certes pas la plus facile à obtenir mais qui est plus efficace que le compost pour améliorer le sol et sa fertilité.

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