Les mandariniers rustiques

Oui, il existe des mandariniers rustiques. Il leur faut certes des conditions particulières pour réussir dans les jardins du nord de la France, mais c’est tout à fait jouable. Cet article va vous permettre de découvrir ces agrumes très intéressants. 

Pour le nord de la France, quand on parle d’agrumes rustiques, on cite généralement le seul qui y soit vraiment parfaitement rustique, à savoir le Poncirus trifoliata. Appelé aussi citronnier de Corée, un article lui est consacré, ici. S’il peut résister à des froids au delà de -15°C, son seul inconvénient est de produire des fruits non comestibles. On peut certes en utiliser le zeste pour faire des marmelades, mais sa chair reste très amère, immangeables.

Les agrumes dont je vais parler sont un peu moins rustiques que lui, mais ils ont l’avantage d’avoir des fruits bien comestibles et délicieux. Il s’agit des mandariniers japonais, les fameux satsumas.

Un peu d’histoire

Les mandariniers satsumas, sont originaires d’Extrême Orient, de Chine et du Japon, où on les cultivent depuis des siècles. Leur nom scientifique est Citrus unshiu,  ou plus exactement, Citrus reticulata subsp unshiu, ce qui indique qu’ils sont une sous espèce de mandarinier (Citrus reticulata). Subsp veut dire “subspecies”, sous espèce. On les appelle “mikan” au Japon. Ils seraient issus d’une mutation naturelle apparue au Japon vers le 15ème siècle. Ils tiennent au froid jusqu’à -10, -12°C, ce qui permet leur culture dans beaucoup de zones tempérées. Les japonais ont créé de nombreux cultivars, qui permettent des récoltes de septembre à décembre. C’est cette précocité qui a fait leur succès, car ils sont bien plus précoces que les mandariniers classiques.

J’en cultive deux pieds au Jardin d’épices depuis 4 ans maintenant. Je les ai trouvés par hasard dans une jardinerie, mais malheureusement, le nom du cultivar n’était pas mentionné. Ce que je sais, c’est qu’il s’agit d’une variété assez précoce, puisqu’on en mange généralement à partir de mi-septembre. Car oui, ils produisent ! 

Comme beaucoup d’arbres fruitiers achetés en jardiniers, on a quelques fruits l’année de la plantation, puis il faut attendre 2 ou 3 ans pour que l’arbre se remette à produire de manière plus régulière. sans doute le temps qu’il s’enracine bien.

Culture

Satsumas, fleurs et fruits en formationSi la rusticité est excellente, il ne faut pas oublié que -10° ou -12°C sont des températures qui peuvent être facilement atteintes, si le froid est associé au vent. Quelques degrés sous zéro associés à une bonne bise peuvent faire des ravages, je l’ai constaté à maintes reprises. Il est donc important de bien choisir le lieu de plantation. Il doit être absolument à l’abri des vents froids. Mes mandariniers sont plantés le long d’un mur orienté plein sud. Des haies et un grand laurier sauce achève le dispositif en coupant complètement le vent d’est qui peut être glacial.

Comme tous les agrumes, ces mandariniers sont gourmands. Le sol devra donc être bien riche et si possible pas trop calcaire. L’eau est également importante, et ne pas manquer, surtout pour les jeunes arbres. J’en ai fait l’expérience l’an passé, à l’été 2019, où je n’ai pas suffisamment arrosé. Résultat, tous les fruits d’un arbre sont tombés. Heureusement, quelques uns ont pu se maintenir sur le deuxième. Il faut dire aussi que mes mandariniers sont encore bien jeunes, leurs racines ne sont pas encore suffisamment profondes. Les plantes en elles-mêmes n’ont pas souffert, elles ont juste abandonné leurs fruits.

Il faut donc bien soutenir la fructification par d’épais paillages, de bons arrosages en périodes très chaudes et sèches. Un apport d’engrais pour agrumes ou d’eau de bananes est aussi très utile.

Les fruits se mangent avant qu’ils soient complètement orange, à partir de mi-septembre. Ils sont vraiment délicieux. L’objectifs est d’essayer de diversifier les cultivars pour allonger la période de récolte. Mais cela fera l’objet d’un autre article…

Alors, si vous avez un petit coin bien protégé dans votre jardin, voilà donc un fruitier à essayer !

 

One Comment

  1. Bonjour

    J’ai testé le Yuzu greffé sur Poncirus trifoliata. cela fait deux hivers qu’il passe l’hiver sans protection. J’ai même réussi à avoir un fruit. Je vous recommande la vidéo du Yuzu cultivé à la Hoguette en Normandie.

    bonne journée

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