Cultiver un amandier dans le nord

Cultiver un amandier dans le nord, c’est tout à fait possible. J’en cultive plusieurs depuis trois ans à peu près. Face aux étés caniculaire et secs, je cherche des plantes qui s’adaptent. L’amandier fait partie de cette liste. Ce que je peux en dire, c’est que mes arbres poussent très bien. L’an dernier, en 2019, ils ont même abondamment fleuri. Malheureusement, les fortes gelées du mois d’avril ont anéanti l’espoir de récoltes, sur les amandiers comme sur tous les autres fruitiers d’ailleurs. Seules deux amandes ont réussi à mûrir, et elles étaient délicieuses. 

On trouve de plus en plus d’amandiers en vente en jardineries et chez les pépiniéristes, même dans le nord. En effet, globalement, l’amandier est assez résistant au froid. Le problème, c’est qu’il fleurit souvent trop tôt chez nous, il faut donc planter des variétés à la floraison la plus tardive possible.

Un peu d’histoire

L’amandier est originaire du Moyen Orient, où on le cultive depuis la nuit des temps. Il a peu a peu conquis le pourtour méditerranéen avant de conquérir les autres continents. Aujourd’hui, il est très cultivé en Californie, qui est le premier producteur mondial. C’est un arbre qui appartient à la grande famille des rosacées, et son nom latin est Prunus dulcis. En France, on le cultive depuis le 16ème siècle.

Choisir son amandier

Globalement, les amandiers sont assez résistants au froid,  car il peut faire très froid en hiver dans leur contrée d’origine. Ils y tiendraient jusqu’à -25°C ! Mais, l’hiver y est de courte durée, la douceur arrive vite au Moyen Orient. Et c’est pour cela que beaucoup fleurissent très tôt. Sous nos cieux moins cléments, il peut faire froid longtemps, et si l’arbre résiste bien, ce n’est pas le cas de la floraison. En une gelée, et la récolte est anéantie.

Mais, pour le nord, il existe des variétés très rustiques et à la floraison tardive. Sachez que pour la plupart, il faudra un second arbre pour favoriser une bonne pollinisation. En effet, les amandiers sont autostériles, comme beaucoup de fruitiers d’ailleurs. Cela signifie qu’il faut impérativement un autre amandier dans les parages pour pouvoir avoir des amandes. Cependant, on trouve aussi des variétés autofertiles, comme « All in One » ou « Lauranne ». Les amandes peuvent se trouver dans des coques tendres, dures, ou demi-tendre.

Pour le nord de la France, choisissez des variétés à floraison tardive. Vous avez « Aï » (tendre), « Texas »(tendre), « All in one »(dure), « Ferragnès »(demi-tendre), « Lauranne » (dure). Mais il y en a probablement d’autres…

Ici, au Jardin d’épices, j’ai installé « Ferragnès » et « Texas ». Ce sont des variétés très productives, bien rustiques et qui fleurissent en mars, en même temps que les abricotiers tardifs.

Culture

Cet arbre vient de la zone méditerranéenne, il lui faut donc impérativement du plein soleil, si possible à l’abri des vents du  nord. Mes amandiers ont parfaitement résisté aux dernières sécheresses et canicules, comme les pêchers dont ils semblent avoir finalement les mêmes exigences. Un sol bien drainé en hiver et fertile est aussi un gage de réussite. Comme pour tous les fruitiers, je répands de la cendre au pied, durant l’hiver, afin de favoriser une bonne floraison et une bonne fructification. On les plantera de préférence à l’automne. Prévoyez quand même un peu de place, ils en prennent plus que les pêchers.

Voilà donc des fruitiers intéressants pour nos jardins du nord aux étés de plus en plus chauds et secs. Aurons-nous des récoltes comme dans le sud ? Probablement pas aussi régulières car nos printemps ont tendance à être un peu froids, mais bon, pourquoi pas ? Il y a encore beaucoup à tester et à explorer avec ces arbres fruitiers méditerranéens. Alors, affaire à suivre… On en reparle dans un an ou deux.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.