Saison 2018 : une saison contrastée

La saison 2018 fut particulièrement difficile pour le jardin. En ce 19 novembre, l’hiver arrive et il est temps, en vue de la saison prochaine de dresser un premier bilan qui, s’il n’est pas si négatif que ça reste contrasté.

SÉCHERESSE ET CANICULE…

L’été 2018 a été le pire été depuis que le jardin existe, depuis 2005. J’avais déjà écrit un article sur la sécheresse après l’été 2015, un autre encore en juin 2017. En 2018, rebelote ! Mais cette fois, ce fut bien pire qu’en 2015 ou en 2017. En effet, il n’est quasiment pas tombé une goutte d’eau sur le jardin depuis la mi-juin… Il a certes plu début novembre, mais en quantité encore très insuffisante. Il a été particulièrement difficile de planter les amandiers la semaine dernière, tant la terre était dure et sèche au dessous de 10 cm. Pour l’instant, pas de pluie significative annoncée, espérons que l’hiver sera généreux !

Asters desséchés…

Depuis 3 ans, un certain nombre de plantes n’arrivent plus à passer l’été sans finir grillées ou être maintenues grâce à de copieux arrosages. C’est le cas des anémones du Japon, de certains rudbéckias, des asters, qui n’ont quasiment pas fleuri cette année. Étonnamment,  certains hostas à gros feuillages ont tenu sans problème, même au soleil. Hosta “Sum & Substance”, Hosta plantaginea “Grandiflora”, Hosta “Empress Wu”, tous, ce sont très bien comportés. Pour les anémones du Japon, j’en ai arrachées des massifs entiers. Mais je les ai laissées uniquement là où elles ne maintiennent sans souffrir, à l’ombre. Les rudbéckias, eux, disparaissent tout seuls, lentement… Année après année, les massifs d’azalées et de rhododendrons s’étiolent. Je ne retiens pas l’arrosage systématique comme une solution car si nos étés sont de plus en plus chauds et secs, ils finiront par disparaître. Je me suis fait une raison : l’adaptation au changement climatique passe par l’abandon de certaines cultures.

L’adaptation au changement

Il ne sert à rien de s’acharner à vouloir maintenir en vie des plantes qui n’ont désormais aucune chance de se maintenir sur le long terme. Je revois donc en totalité l’organisation du jardin pour redéfinir les massifs en fonction des changements annoncés et déjà perceptibles. Je commence à réfléchir aux plantes qui vont remplacer les azalées et les rhododendrons. J’abandonne la culture des myrtilliers, des airelles, de certains cornouillers car même en les déplaçant, rien à faire, ils demandent trop d’eau… Idem pour les érables du Japon, tous perdus. Les groseilliers et les framboisiers ont déjà été déplacés, il y a 2 ans, et mis en situation mi-ombragée (eux aussi ne tenaient plus au soleil). Là, ils poussent mieux et fructifient bien.

De nouveaux fruitiers au verger

Les pêchers, les figuiers et les abricotiers, eux, ont adoré l’été, avec de belles récoltes tout en restant bien vaillants. Je développe donc ces espèces pour allonger les périodes de récoltes. Aux figuiers “Madeleine des 2 saisons” et “Blanche d’Argenteuil”, sont venus s’ajouter “Sultane”, et “Brown Turkey”. J’ai installé 2 amandiers “Supernova”. Les plantes très nettement méditerranéennes commencent à coloniser le jardin. J’ai commencé à recevoir les grenadiers rustiques (“Fina Tendral”, “Wonderful”). Pour le printemps, je prévois d’installer les grenadiers “Kazake” et “Salavatsky” (question de budget, je ne peux pas tout acheter d’un coup !). Asiminiers et pacaniers (noix de pécan) sont en commande. J’hésite encore un peu pour les pistachiers, mais ça me tente bien…

Les mandariniers satsuma et le yuzu, qui ont déjà passé un hiver en pleine terre, continue à s’installer tranquillement. Ils ne sont sûrement pas encore assez enracinés, car il n’y a pas eu de fruits cette année, mais ils ont bien poussé. A noter : ils sont bien abrités des vents du nord et de l’est en hiver.

Les vivaces qui ont bien résisté
Même en automne, les gauras sont beaux et encore en fleurs…

Au niveau des vivaces, rien à dire pour les gauras, qui sont des valeurs sûres. Même avec la canicule et une forte sécheresse, ils ont fleuri jusqu’à fin octobre, comme les fuchsia du Cap d’ailleurs. Au printemps prochain, je vais donc installer plus de gauras blancs, ainsi que des rouges et des roses. Les gaillardes se comportent aussi très bien, comme les agapanthes rustiques. Dans les grands massifs de vivaces, là ou les asters ont en grande partie grillé, une plante en test s’est remarquablement bien tenue, c’est Heterotheca villosa, une sorte d’aster mais jaune. Les phormiums, les kniphofias, n’ont pas bronché. sous le soleil accablant. Là aussi, de nouvelles variétés vont progressivement venir compléter celles qui sont déjà en place.

Malgré tout, de belles récoltes
Bien productif malgré tout…

Si la sécheresse a fait de gros dégâts sur le jardin ornemental, les récoltes sur le potager et sur le verger ont été excellentes. Sur le potager, c’est là que j’ai maintenu le plus d’arrosages possible, pour maintenir la production alimentaire. Sur le verger, les pluies très abondantes du printemps expliquent sûrement que les arbres ont pu chercher l’eau en profondeur et maintenir ainsi un bon niveau de fructification.

Ainsi va la vie du jardin, des plantes qui y ont prospéré pendant des années disparaissent, car le temps change. Plutôt que de vouloir les maintenir à tout prix, je préfère les remplacer par des plantes plus résistantes, mieux adaptées. En effet, le jour où un été chaud et sec se cumulera avec une interdiction d’arrosage, elles mourront de toute façon… et l’avenir semble être aux étés chauds et secs…

2018 arrive à son terme, dure pour l’ornemental, correcte pour le potager, excellente pour le verger. Les années passent et ne se ressemblent pas certes, mais cela ne doit pas nous faire oublier que l’observation et l’adaptation sont les meilleurs outils pour assurer la pérennité d’un jardin.

2 Comments

  1. J’abonde Dans ton sens, Laurent , laisser les plantes qui ne résistent pas s’en aller, hélas , mais d’autres Les remplaceront !
    Dans’ le genre résistant , à mi ombre, phlox ‘Fuji Yama’ est une réussite , il a continué à s’etaler !

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