Les zingibérales rustiques

musa basjoo le jardin d'épices Laurent Lafaille
Musa basjoo

Les zingibérales rustiques, ça existe et vous en connaissez sûrement quelques unes sans savoir que ce sont des zingibérales. Dans cet article, je vous invite  à découvrir ce groupe de plantes fascinantes. Rappel botanique.

L’ordre des zingibérales comprend 8 familles :

  • les cannacées,
  • les costacées,
  • les héliconiacées,
  • les lowiacées,
  • les marantacées,
  • les musacées,
  • les strelitziacées,
  • les zingibéracées.
hedychium greenii 2014, le jardin d'épices, laurent lafaille
Hedychium greenii

Certaines de ces familles sont exclusivement tropicales et il est illusoire de vouloir les cultiver en pleine terre en Île de France. D’autres offrent des possibilités intéressantes pour nos jardins, voyons lesquelles….

– les cannacées : représentées par les cannas. Là, même si ce sont des plantes assez courantes qu’on rencontre dans beaucoup de massifs estivaux, on sait moins que certaines variétés et espèces offrent une rusticité remarquable et qu’on peut les cultiver comme des plantes vivaces rustiques, même en Île de France.

Ceux qui donnent les meilleurs résultats : C. edulis est un champion de la rusticité, il est increvable ! Parmi les cultivars intéressants : Wyoming, Durban, Australia, Ermine et Endeavour sont des valeurs sûres, ils sont au jardin depuis des années et n’ont jamais gelé.

Installés aussi mais sans beaucoup de recul sur la rusticité : C. musafolia, Richard Wallace et Madame Crozy. Ils ont passé plusieurs hivers, mais pas les plus méchants pour l’instant.

– les musacées : représentées par les bananiers et les muselles.

Parmi les bananiers, il y a 2 genres, les ensete et les musa. Seuls quelques espèces du genre Musa, sont acclimatables à l’année en pleine terre dans le nord : le bien connu bananier du Japon,  Musa basjoo et le bananier du Sikkim,  Musa sikkimensis. Au jardin, ce sont les cultivars de M. basjoo, Sakhalin et Sapporo qui nous réjouissent tous les ans de leur majestueuses feuillaisons. M. Sikkimensis sera planté au printemps 2015 ; certains de ses cultivars semblent intéressants, Bengal Tiger notamment qui serait lui aussi très rustique (-15°C). Un autre musa sera à l’essai à partir du printemps : Musa itinerans var xishuangbannaensis Mekong Giant… A vos souhaits ! Bref, une autre espèce de musa pleine de promesses puisque ce Mekong Giant est réputé tenir à -18°C !

Les bananiers du genre ensete sont ces grands bananiers à tronc unique, parfois de couleur rouge pourpre qu’on voit dans les grands massifs en ville. Ils ne sont pas rustiques et il faut les abriter l’hiver, dans un local hors gel, ce qui devient vite fastidieux vu leur grande taille.

Musella_lasiocarpa3
Musella lasiaocarpa

La muselle, Musella lasiocarpa (seul représentant du genre) est un petit bananier aux feuilles coriaces et qui fait de magnifiques fleurs jaunes. Installé depuis 3 ans au jardin, il n’a pour l’instant pas fleuri, mais il résiste plutôt bien au froid.

– les zingibéracées : représentées par les gingembres, les hédychiums, les curcumas, les cardamomes, les roscoés, les alpinias…Dans nos jardins, on peut accueillir sans soucis les gingembres du Japon, les roscoés, et les hédychiums. Au printemps 2015, j’essaie l’acclimatation des curcumas qui pour l’instant passent l’été en pleine terre mais l’hiver en pots. Les alpinias sont aussi à l’essai. En ce début février 2015 bien froid, Alpinia japonica et Alpinia zerumbet passent leur premier hiver dehors (sous d’épais paillages quand même)…on les dit très rustiques alors on verra au printemps ! Alpinia formosana Pinstripe les rejoindra au mois de mai.

– les marantacées : ce genre est quasi exclusivement tropical sauf pour le Thalia dealbata, une magnifique plante aquatique qui pousse ici dans le bassin depuis des années sans aucun problème.

– les heliconiacées : ce genre est lui aussi exclusivement tropical mais on dit qu’il existe une espèce dont la souche tient au froid jusqu’à -15°C, Heliconia schiedeana. Evidemment, si la souche peut résister, le feuillage lui, non ! Alors comme pour les alpinias, qui fleurissent sur les tiges âgées de 2 années, il ne faut pas rêver : pas de fleurs d’héliconia non plus ! Mais rien que pour le feuillage ça vaut le coup d’essayer. Lui aussi a sa place toute faite au jardin, arrivée prévue, mai 2015 !

costus
Costus speciosus

– les costacées : entièrement tropical, seul Costus speciosus est réputé rustique, …à -18°C ! Vu où il pousse naturellement, on se demande comment c’est possible, mais bon, à confirmer. Lui aussi est candidat à l’acclimatation et devrait nous gratifier de son élégant feuillage dès cet été. Mais fleurira-t-il en Île de France ? Pour l’instant, il prend des forces en pot, à la maison….

Comme vous le voyez, dans cet ordre si foisonnant, sur 8 familles, 6 ont des représentants qui ne demandent qu’à être accueillis dans nos jardins, c’est pas mal non ? Et qui sait, il y a peut-être encore de jolies découvertes à faire…..

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