Du bon usage de la paille au jardin

La paille est très fréquemment utilisée au jardin écologique. Il n’est cependant pas toujours évident d’en faire bon usage. Elle a, comme toutes choses, de bons et de mauvais côtés.

Les bons côtés

La paille est intéressante car c’est un bon isolant thermique, contre le froid mais aussi contre le chaud. J’en mets partout, aux pieds des bananiers, des colocasias, des cannas, des tomates, des aubergines… Je l’utilise à chaque fois que c’est possible, en paillage d’été, et en paillage d’hiver. 

En été, elle conserve bien la fraîcheur et l’humidité au niveau du sol. Quand il pleut, elle se gorge d’eau. La surface exposée au soleil sèche vite, certes, mais en dessous, l’eau goutte dans le sol et contribue à maintenir son humidité pendant des jours. Selon les cultures (courgettes, tomates, vivaces…) on peut aller jusqu’à 20 cm d’épaisseur. Cela peut permettre d’éviter les arrosages pendant des semaines. Attention cependant à un point : la paille doit être mise sur un sol déjà bien humide.

Pour les semis d’été, on l’écarte pour mettre le sol à la lumière. On sème et on recouvre très légèrement. Pour les premiers semis de printemps, l’enlève la paille qui ne s’est pas décomposée pendant l’hiver, afin que le sol se réchauffe un peu. Dès que les semis sont bien levés, je remets le paillage autour des jeunes plantes.

L’hiver, elle protège les plantes les plus fragiles du froid. Pour certains végétaux, je l’associe avec un voile d’hivernage (pour voir l’article sur les protections hivernales, cliquez ici).

Un autre de ses bons côtés, c’est qu’elle limite la pousse des “mauvaises herbes”, tout en les rendant plus faciles à éliminer. Pour éviter que cela ne devienne ingérable, il est préférable de la mettre sur un sol bien désherbé.

Les côtés les moins bons…

Si on met trop de paille, sa décomposition peut provoquer une faim d’azote. En effet, elle est riche en carbone et pour la décomposer, champignons et bactéries utilisent… de l’azote, qui ne sera plus disponible pour les plantes. Elles vont jaunir et avoir du mal à pousser. A part pour la protection hivernale, j’associe toujours en saison la paille avec des tontes de gazon, car l’herbe fraîche est riche en azote. Ce qui est pris ici, est compensé par ce qui est apporté là.

Sol paillé en hiver

Autre inconvénient, si elle  n’est pas bio, elle peut être longue à se décomposer ou libérer des substances toxiques dans votre sol. Elle sera en effet probablement pleine de pesticides ou de fongicides. Alors avant de l’étaler au jardin, on peut la laisser à la pluie pendant quelque temps. Cela permet de la nettoyer un peu et d’éliminer une partie des produits. De plus, laissée à la pluie, elle va commencer à noircir, à se décomposer. Quand on la mettra au jardin, elle se transformera vite en compost nourrissant pour l’écosystème du sol.

Elle peut aussi servir d’abris aux limaces. Mais, les carabes, leurs redoutables prédateurs  l’apprécient tout autant…

Voilà, la paille offre d’excellentes possibilités de protection de son sol et de ses cultures. Elle protège, elle nourrit, elle abrite une multitude d’êtres vivants. En cela, elle fait partie des techniques agroécologiques de base. Le plus difficile, c’est presque de trouver où s’en procurer !

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