Rusticité, températures et microclimats

haie protectrice

haie coupe vent

Pour protéger les plantes exotiques, rusticité, températures et microclimats sont tous les éléments à prendre en compte. Cet article va vous aider à bien comprendre comment mettre toutes les chances de votre côté pour cultiver des plantes à la limite de leur zone de rusticité, ou, pour les plus rustiques, leur éviter des souffrances inutiles.

Températures négatives et vent

Cet aspect peut sembler évident au premier abord : il n’y a qu’à regarder la météo le soir à 20h30 pour avoir une idée des températures à venir et mettre en place les protections adaptées. Il faut aussi prendre en compte le vent. En effet, c’est un constat  que nous faisons ici depuis plusieurs années et que font tous les jardiniers. Les plantes avec un seuil de rusticité limité, sont plus sensibles au froid quand celui-ci est accompagné de vent, notamment du vent de nord est. 

Le jardin a donc été conçu pour limiter les effets de ce vent et c’est très net : les haies protègent les plantes les plus fragiles qui arrivent à passer l’hiver sans trop de dégâts.

Hiver 2021 : côté ouest, les feuilles de ce bambou n’ont pas souffert, sauf celles issues des nouvelles tiges.

 

Vous l’avez donc compris, pour accroître la rusticité de vos plantes, il faut les protéger du vent et notamment du vent du nord et de l’est. C’est valable pour toutes les plantes dont la partie aérienne demeure en hiver (phormium, cordyline, fuchsia du Cap….), mais aussi pour celles dont la souche hiverne dans la terre (canna, hédychium…). Pour ces dernières, le gel ne doit en aucun cas atteindre les rhizomes or, un vent de nord constant fait pénétrer le froid dans le sol, de plusieurs millimètres par 24 h. D’où l’importance des paillages conséquents et des voiles d’hivernage. Mais même avec ces protections, en plein vent et surtout si le froid dure un peu, ces protections peuvent s’avérer insuffisantes :  il faut donc  réduire la vitesse du vent.

Les microclimats

Si paillages et voiles d’hivernage peuvent être insuffisants, on peut les aider à remplir pleinement leur rôle de protection en créant des microclimats.

Mur plein sud : le plus connu, mais qu’on n’a pas toujours, c’est un mur orienté plein sud. On plantera à son pied toutes les exotiques les plus fragiles, qui se révéleront à cet endroit étonnamment résistantes : le jasmin officinal par exemple, rustique à -10°C dans la littérature, mais que je n’ai jamais vu geler dans mon jardin et ni dans celui de mes parents alors que les températures ont largement dépassé cette limite. Le mur plein sud emmagasine la chaleur du soleil le jour et la restitue la nuit. Et le mur évidemment protège des vents du nord/est, les plus redoutables.

Hiver 2021 : même touffe de bambous que ci-dessus mais côté est, toutes les feuilles ont grillé.

La haie :

La haie est un élément fondamental du jardin écologique. Non seulement elle abrite une faune et une flore intéressantes (importance des auxiliaires pour la protection des culture), mai elle protège aussi du vent, en réduisant sa vitesse. C’est valable tant pour vos massifs exotiques que pour votre potager : protéger des vents froids, sa terre se réchauffera plus vite !

 

Si vous n’avez ni mur plein sud ni haie pour créer des microclimats, la situation n’est pas désespérée, car vous pouvez en créer en installant des arbustes, des massifs de graminées (qui vous ne couperez pas en hiver évidemment). De belles touffes de miscanthus de 2 m de haut, ou une haie de lilas, de troènes et de buddléias, suffisent à protéger efficacement sur plusieurs mètres.

Sans aller jusqu’à des arbustes ou des graminées aussi hautes, des plantes exotiques serties dans des écrins de plantes persistantes plus basses, se trouveront tout aussi bien protégées.

Sur la photo de la haie (une jeune haie, haute de 2 m), l’effet coupe vent est spectaculaire : 7°C derrière (côté nord) et 10°C devant, au soleil et au ras du sol. Cette haie est renforcée par une autre espacée de quelques mètres devant, et la combinaison des effets microclimatiques des deux commencent à protéger le potager de manière très efficace : si on applique la formule (schéma plus haut), une haie bien dense de 2 m de haie protège sur 40 mètres.

Pensez à tous ces éléments en créant vos massifs ou votre jardin. Intégrez des arbustes, des persistants, des graminées…en un mot, des coupe-vent et des pièges à chaleur qui vont créer des microclimats favorables pour vos plantes comme pour la biodiversité.

 

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