Rusticité, températures et microclimats

haie protectrice
haie coupe vent

Pour protéger les plantes exotiques, rusticité, températures et microclimats sont tous les éléments à prendre en compte. Cet article va vous aider à bien comprendre comment mettre toutes les chances de votre côté pour cultiver des plantes à la limite de leur zone de rusticité, ou, pour les plus rustiques, leur éviter des souffrances inutiles.

Températures négatives et vent

Cet aspect peut sembler évident au premier abord : il n’y a qu’à regarder la météo le soir à 20h30 pour avoir une idée des températures à venir et mettre en place les protections adaptées. Oui mais voilà, ces indications météorologiques sont insuffisantes. Peut-être avez-vous remarqué que de plus en plus, les présentateurs météo nous parlent de la température ressentie. Et bien en fait, pour les plantes de votre jardin, c’est cette température qui est la plus importante. Cette température ressentie dépend d’un élément très important : le vent !

Le fuchsia du Cap sur la photo n’a pas perdu une seule feuille après avoir subi une température ressentie de -12°C (début février 2015). En plein vent, il aurait été défeuillé et ses branches auraient peut-être  gelé jusqu’au sol.

Pour mémoire, je vous remets ici le tableau des températures en fonction de la vitesse du vent et vous renvoie à la page zone de rusticité, afin d’adapter le contenu de cet article à votre zone climatique. Vous remarquerez que ce tableau a 3 couleurs qui correspondent à la résistance des plantes vivaces dites rustiques : le danger pour elles n’apparaît que quand on passe à l’orange. Pour les plantes exotiques qui nous concernent dans cet article, si on arrive à l’orange…c’est que c’est déjà fini pour beaucoup d’entre elles !!! Il y a danger dès la zone verte.

tempressentie

Vous l’avez donc compris, pour accroître la rusticité de vos plantes, il faut les protéger du vent et notamment du vent du nord et de l’est. C’est valable pour toutes les plantes dont la partie aérienne demeure en hiver (phormium, cordyline, fuchsia du Cap….), mais aussi pour celles dont la souche hiverne dans la terre (canna, hédychium…). Pour ces dernières, le gel ne doit en aucun cas atteindre les rhizomes or, un vent de nord constant fait pénétrer le froid dans le sol, de plusieurs millimètres par 24 h. D’où l’importance des paillages conséquents et des voiles d’hivernage. Mais même avec ces protections, en plein vent et surtout si le froid dure un peu, ces protections peuvent s’avérer insuffisantes :  il faut donc  réduire la vitesse du vent.

Un vent à 20 km/h quand il fait -6°C, ce qui en Île de France n’est pas une situation exceptionnelle, et la température ressentie tombe à -15°C, qui est la limite de rusticité de beaucoup de plantes, on y vient vite ! Le top du top, c’est quand il neige car la neige offre une isolation remarquable….mais il neige de moins en moins, en tout cas en Île de France.

Les microclimats

Si paillages et voiles d’hivernage peuvent être insuffisants, on peut les aider à remplir pleinement leur rôle de protection en créant des microclimats.

Mur plein sud : le plus connu, mais qu’on n’a pas toujours, c’est un mur orienté plein sud. On plantera à son pied toutes les exotiques les plus fragiles, qui se révéleront à cet endroit étonnamment résistantes : le jasmin officinal par exemple, rustique à -10°C dans la littérature, mais que je n’ai jamais vu geler dans mon jardin et ni dans celui de mes parents alors que les températures ont largement dépassé cette limite. Le mur plein sud emmagasine la chaleur du soleil le jour et la restitue la nuit. Et le mur évidemment protège des vents du nord/est, les plus redoutables.

La haie : la haie est un élément fondamental du jardin écologique. Non seulement elle abrite une faune et une flore intéressantes (importance des auxiliaires pour la protection des culture), mai elle protège aussi du vent, en réduisant sa vitesse, comme vous pouvez le voir sur le schéma ci-contre. C’est valable tant pour vos massifs exotiques que pour votre potager : protéger des vents froids, sa terre se réchauffera plus vite !

Si vous n’avez ni mur plein sud ni haie pour créer des microclimats, la situation n’est pas désespérée, car vous pouvez en créer en installant des arbustes, des massifs de graminées (qui vous ne couperez pas en hiver évidemment). De belles touffes de miscanthus de 2 m de haut, ou une haie de lilas, de troênes et de buddléia, suffisent à protéger efficacement sur plusieurs mètres.

Sans aller jusqu’à des arbustes ou des graminées aussi hautes, des plantes exotiques serties dans des écrins de plantes persistantes plus basses, se trouveront tout aussi bien protégées.

Sur la photo de la haie (une jeune haie, haute de 2 m), l’effet coupe vent est spectaculaire : 7°C derrière (côté nord) et 10°C devant, au soleil et au ras du sol. Cette haie est renforcée par une autre espacée de quelques mètres devant, et la combinaison des effets microclimatiques des deux commencent à protéger le potager de manière très efficace : si on applique la formule (schéma plus haut), une haie bien dense de 2 m de haie protège….sur 40 m !!

Pensez à tous ces éléments en créant vos massifs ou votre jardin. Intégrez des arbustes, des persistants, des graminées…en un mot, des coupe-vent et des pièges à chaleur qui vont créer des microclimats favorables pour vos plantes comme pour la biodiversité.

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