Gérer les limaces

limace rougeMieux connaître la bête

Les limaces sont des mollusques qui appartiennent à la famille des gastéropodes, comme les escargots. Gastéropode est un mot qui vient du grec : « gaster », l’estomac et « pode », le pied. Les gastéropodes sont donc littéralement des « ventres à pattes » !! Quand on voit les dégâts qu’ils peuvent occasionner, leur nom de famille est plutôt bien choisi…

Il existe près de  100 000 espèces de limaces dans le monde. Dans nos jardins on rencontre principalement 3 espèces.

La grosse limace rouge (Arion rufus), qui peut atteindre 15cm de longueur. Sa couleur varie du brun au noir en passant par l’orange. La limace horticole (Arion hortensis), de couleur brune ou noire s’attaque elle plutôt aux racines qu’aux feuilles. La plus redoutable est la petite limace grise (Deroceras reticulanum) Elle mesure de 3 à 5cm ; elle est très vorace et très prolifique.

limace griseLes limaces sont hermaphrodites. Elles commencent par être mâles puis ensuite elles changent de sexe pour devenir femelle. Elles s’accouplent en fin d’été ou en automne ; c’est à cette saison qu’elles pondent leurs œufs, de 100 jusqu’à 500, dans  des  galeries, dans le sol. Les œufs passent l’hiver sans trop craindre le froid, contrairement aux adultes qui généralement ne passent pas l’hiver si celui-ci est froid (-3°C envoie Dame limace ad patrem)

Suivant le climat, les éclosions peuvent commencer en mars mais elles ont surtout lieu en avril. Il faut une humidité du sol de 40% pour permettre l’éclosion des œufs.

Les limaces ingurgitent de 30 à 50% de leur poids par jour, notamment la nuit.

Lutter naturellement contre les limaces

Favorisez leurs ennemis naturels : les hérissons, les musaraignes,  les orvets, les crapauds, les carabes, les vers luisants et de nombreux oiseaux que vous pouvez attirer par des haies champêtres, des agrainoirs de place en place dans le jardin.

Au printemps, attention au mulch et paillages : ne pas les mettre en place trop tôt ; il faut que le soleil ait le temps de réchauffer et sécher le sol.

Si vous devez arroser, faites-le  le matin, le plus près possible des plantes qui en ont besoin ; arrosez beaucoup en une seule fois plutôt que peu en plusieurs. Bannissez l’arrosage quotidien, une fois tous les 3 à 4 jours suffit.

Un peu barbare, le purin de limaces, fermenté pendant dix jours, est assez efficace mais il faut en remettre régulièrement. Le purin de sureau semble aussi efficace mais là aussi, il faut le renouveler souvent.

Les barrières physiques : cendre, sciure, suie, œufs broyés, poudre de roche, paillettes de lin sont efficaces tant que ça reste sec. Dès que c’est mouillé, il faut renouveler. Vous pouvez abriter vos semis et plantations de printemps (de salades par exemple), sous des bouteilles plastique renversées. Mettez de la cendre ou de la sciure autour de vos plants après l’arrosage ; la bouteille empêche les limaces d’approcher les plantes et si quelques une devaient réussir, elles seraient stoppées net par ces substances sèches qu’elles détestent.

Les pièges à bière, très efficaces mais il faut mettre un petit couvercle car dès qu’il pleut, ça dilue trop la bière et il faut en remettre.

Allez, une petite vidéo Rustica pour résumer tout ça :

Quoiqu’il en soit, une prolifération de limaces (ou autres) indique un déséquilibre du milieu. Evitez absolument les produits chimiques, pour un soulagement ponctuel, ils vont accentuer le déséquilibre. Même s’ils sont utilisables en culture biologique, les produits à base de ferramol restent des produits chimiques, il faut les utiliser avec beaucoup de précaution ; ce n’est pas parce que c’est bio qu’il faut les utiliser sans modération. N’oubliez jamais que vous interagissez avec des systèmes vivants (le sol, les plantes…)

La lutte biologique

On trouve également dans le commerce des nématodes prédateurs des limaces. Attention également à l’usage de ce genre de produits. Gardons en mémoire ce qui s’est passé pour les coccinelles : utilisées à outrance parce que c’était écologique, il a fallut importer des coccinelles originaires d’Asie pour répondre à la demande, résultat? Une invasion de coccinelles asiatiques qui détruisent les coccinelles européennes. Les nématodes anti limaces? Pourquoi pas, mais avec bon sens et encore une fois, si vraiment rien d’autre n’a marché et que toute votre récolte est en danger (vérifiez bien les précautions d’usage sur les boîtes).

A manger pour tous !

Dans un jardin écologique, il ne faut pas non plus tout vouloir pour soi! Il faut aussi accepter qu’une petite part soit prélevée par les autres habitants du jardin, eux aussi ont besoin de manger et chaque être vivant à son utilité, son rôle à jouer, même les limaces! Essayer d’apprendre à les contrôler plutôt que de vouloir les éliminer impitoyablement : attirer les prédateurs, soignez la biodiversité des plantes, de votre sol….Si vous devez utiliser des moyens radicaux parce que toute votre récolte est menacée, faites le, mais essayez de comprendre pourquoi afin de ne pas avoir à recommencer….Cultivez la collaboration avec Dame Nature plutôt que la confrontation ouverte…vous n’aurez jamais le dernier mot !

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